10/06/2008

Une journée peu ordinaire

Bonjour à tous,

Pendant que certains se lèvent pour aller prendre le métro et aller travailler, moi je me lève depuis maintenant 5 jours,  pour aller bouffer de l'asphalte avec mon handbike.

Ce matin comme prévu, le propriétaire du camping de Koppang passe me prendre à 9h30 et me met sur le chemin de la route 30, plutôt que la 3 que je me coltinais depuis 2 jours et qui est en réalité une nationale. Il me laisse en haut du col et dieu merci car la montée était raide. En partant il me glisse, Tynset est à 97 kilomètres. Voilà donc, mon objectif de la journée. Tout commence par une descente de plusieurs kilomètres, pendant laquelle je n'ai rien besoin de faire, juste d'appécier le paysage défilant à 40 kilomètres/ heure. Arrivé en bas, je longe un fjord et c'est là que je comprends les raisons qui m'ont poussées à faire ce voyage. C'est ma première journée seul et mon esprit gamberge à tout va sur des tas de sujets. Vers 14h00, après une belle côte et une belle descente et 50 kilomètres plus loin, je m'arrête pour un déjeuner rapide. Comme dab', salade paysanne, biscottes avec paté puis salade de fruits et barre de nougat. Déjà 6 jours que j'en mange et j'en peux plus... Aujourd'hui, pas question de piquer un petit somme. Je repars déjà le ventre bien rempli; pressé par le temps, non pas que la nuit tombe mais ils ont prévu de la pluie dans l'après midi. Vers 15h00, je tombe sur une montée qui fait quelques kilomètres et qui me ralenti, lorsque j'entame ma redescente je vois au loin la pluie qui approche, je m'empresse donc de mettre ma combinaison imperméable. En effet, j'y avais le droit quelques instants plus tard. En plus de la pluie qui tombe, mon corps ne répond plus et chaque poussée se fait dans l'effort, je ne dépasse plus désormais les 5 km/h et il me reste encore 40 km à boucler. La ville "objectif " est en altitude, se pose alors la question à savoir quand est ce que le dénivelé va se faire ressentir. Le voilà, plus raide que jamais, à chaque virage c'est la désillusion et la pluie qui recommence de plus belle et toujours mon corps qui lutte. Le peu d'automobiliste qui passe par là, me font de grands coucous mais ce n'est pas de coucous dont j'ai besoin. A la pluie vient se rajouter un petit vent frais. Ca fait maintenant deux heures qu'il pleut et ma combinaison n'a plus rien d'imperméable. Je ne peux pas m'arrêter au bord de la route car j'ai fini les dernières gouttes de ma réserve d'eau et je dois donc me réapprovisionner impérativement ce soir. Qui plus est les abords de la route détrempés et peu attrayant ne m'insite pas à m'arrêter. Je continue donc pour enfin voir le bout, après plus de 5 kilomètres de montée, le terrain s'aplanit et je revis. J'ai retrouvé toutes mes forces et je me retrouve dans un environnement calme et sompteux qui touche les nuages. Il y a même de la neige sur la montagne "Tron". Il me reste encore plus de 10 kilomètres jusqu'à l'arrivée, que me réservent-t-ils?

Après une légère grimpette, c'est une descente jusqu'à l'objectif finale. Je suis obligé de fermer les yeux avec les gerbes d'eau qui m'éclaboussent. Je dois aussi enfiler mon blouson et mes gants si je ne veux pas attraper froid. Le climat s'est littéralement raffraichit depuis la veille. Enfin, j'arrive, à 19h30, après 97 kilomètres qui furent pour l'instant les plus durs.

Je vous écris de sous ma tente et espère que la journée de demain sera un peu moins contraignante. Mes objectifs sont réapprosionnement en nourriture et médicaments, lessives, séchage de vêtements, repos et si possible apprécier le paysage...

08/06/2008

Mes premiers kilomètres

Bonjour à tous,

Je suis très content d'avoir enfin la possibilité de pouvoir vous donner des nouvelles. Je vous écris d'un camping à Koppang en Norvège. Je suis dans la salle commune avec un accès à internet et la coupe d'europe en fond sonor. Le propriétaire de ce camping est Néerlandais, pour ceux qui ne le savent pas j'ai des origines néerlandaise par ma mère et j'ai donc pu m'entrenir avec lui. Il m'a déjà proposé de m'aider à gravir une côte demain...
Mais commençons par le début. Nous sommes arrivés avec Maud mercredi matin à Oslo. Après s'être renseignés sur son retour et être passés à la pharmacie, car j'avais oublié la chose la plus plus essentielle et la plus importante pour moi, mes médicaments (on va mettre ça sous le stress du départ), on a enfourchés nos bolides. A 12h00 nous étions prêt à partir. Sortir d'Oslo, c'est une succession de côte dont certaines  physiquement impossible, ma roue tractrice n'avait aucune adhérence sur la pente. Avec un peu d'aide et beaucoup de souffrance, nous sommes parvenus à sortir de la capitale. Nous avons parcouru 40 kilomètres sans trop savoir où nous allions nous arrêter pour la nuit (bien qu'il ne fasse pas nuit). A 21h00 il fallait absolument s'arrêter à cause de la fatigue et Maud me suggère de nous arrêtertdans ce sous-bois sur le côté de la route. Quelle erreur! Nous avons été littéralement assailli par les moustiques. Même pas le temps de sortir les produits. Nous nous sommes donc réfugiés sous nos tentes pour diner er vite nous endormir. Premier jour et j'avais déjà envie de jeter l'éponge. Au réveil, les moutsiques étaient encore là... Plus tard, nous avons appris que nous étions dans une région marécageuse. La deuxième journée a été un détour énorme sous la canicule. Il était très difficile de trouver la bonne route, nous avons même aterri accidentellement sur une deux voies. Après 70 kilomètres, nous avons trouvés un endroit à l'écart des moustiques pour enfin nous reposer et pouvoir diner dehors au soleil. Vendredi, nous avons fait le choix de prendre une nationale, certes très fréquentée mais nous permettant d'accumuler 80 kilomètres en une journée, non sans souffrance car le soleil nous donnait du fil à retrordre. Nous nous sommes, cette fois-ci, arrêtés dans une école avec une nouvelle fois des moustiques au rendez-vous. Hier a été encore une rude journée sur la nationale avec 80 kilomètres, mais nous avons eu la chance de terminer dans un camping avec la possibilité de prendre une douche, la première en 4 jours. Ce matin, nous avons quitté le camping avec la boule au ventre en sachant que nous allions nous séparés avec Maud dans la journée. Nous avons choisi de nous dire au revoir pour le déjeuner pendant lequel nous avons été très gentiment accueilli par une norvégienne qui parlait un super français et a été notre premier vrai contact avec les locaux. J'ai donc parcouru en tout 330 kilomètres, je suis maintenant seul et même si ce soir le moral est bon, j'ai déjà eu des coups de blues par appréhension de la suite. Pour lutter contre le blues, j'ai donc décidé de passer la nuit au camping afin de ne pas me retrouver tout seul.
Pour l'instant les paysages sont magnifiques et il y a encore des endroits, au loin, intouchés par l'homme, tout ce que peut offrir la nature est d'autant plus agréable sous le soleil, même si on m'a prévenu de la pluie pour le début de la semaine.

J'espère vite avoir une nouvelle connexion. Je profite de cette occasion pour tous vous remercier. Sans vous, je ne serais pas à Koppang, loin en Norvège. Merci à mes sponsors (leur nom sur le côté du blog) pour leurs nombreux messages d'encouragement.

(Photos disponibles sous Semaine 1)

07/06/2008

Rapide nouvelle

Bonjour à tous,

Sachez que j'ai eu un rapide message sur ma boite vocale de Yves me demandant de vous dire que tout va bien, il attend d'avoir un peu de batterie dans son portable pour me donner des nouvelles un peu plus détaillées. Il avait une excellente voix!

Maud, son accompagnatrice depuis le début du périple, s'en va dimanche. Yves se retrouvera alors seul pour une série d'aventures qu'il s'empressera de tous nous raconter.

 Je vous donne des nouvelles très vite,

 Bon Week end à tous,

 Elodie Bruneau, secrétaire d'Yves, pour lui servir!

 

 

03/06/2008

Le début d'une aventure

Bonjour à tous,

Je vous écris en direct du ferry en partance pour Oslo. Nous sommes montés à bord à 17h00 et arriverons à bon port à 9h30 demain matin. Nous, car comme vous le savez peut-être Maud m'accompagne pour quelques jours afin que je ne renonce pas... Elle est là pour vérifier que je commence bien et que je ne fasse pas demi-tour tout de suite :-)

Le voyage a commencé dimanche avec ce petit départ place Vendôme où certains d'entre vous sont venus soutenir le projet et je les en remercie. Après avoir finalisé mes bagages dimanche soir je suis parti lundi matin, pas aussi tôt que je le souhaitais car j'étais en attente d'un colis qui aurait du arriver la semaine précédente. ce colis contenait notamment une tente plus légère que l'actuelle et des vêtements chauds qui venaient compléter parfaitement ma garderobe. Une fois ce colis récupéré, nous avons pu mettre les gaz en direction de Copenhague. 1200 kilomètres de voiture, 4 pays traversés et 12 heures plus tard nous sommes arrivés chez mon ami Mikkel qui nous a accueilli pour la nuit. Après une petite douche bien méritée, exténués, nous nous sommes endormis immédiatement pour nous réveiller ce matin à 3h30 (hé oui, au Danemark il n'y a pas de volets et le soleil se lève très tôt). L'épisode de la douche fut des plus cocasses, car pour ceux qui connaissent, au Danemark, la pièce d'eau est intégrée aux sanitaires dans un endroit plus étroit qu'un ascensseur parisien. A 9h00, nous avons rencontrés certains de mes amis de longues dates et en avons profité très brièvement pour montrer Copenhague à Maud sous un soleil de plomb (Mikkel nous a précisé qu'un été caniculaire se préparait). Nous sommes ensuite retournés chez Mikkel afin de laisser ma voiture et de monter tout le matériel en direction du quai d'embarquement. Cétait donc la première fois avec tout mon matériel et l'expérience fut concluante et marque le début d'un voyage de 4600 kilomètres et ce malgré un sac que nous avons du mal à transporter de par son poids.

Nous sommes maintenant prisonniés du ferry dans une cabine très exigue et sans fenêtre voguant sur une mer calme et sous un ciel vierge de tous nuages. J'ai profité de l'anonymat du ferry pour m'imposer une coupe de cheveux militaire afin d'économiser en shampoing et d'améliorer le confort. Demain, c'est au tour des aisselles...

Arrivée: J-88