16/06/2008

Il y a une justice dans le monde...

Bonjour à tous,

Dimanche - Je suis parti à 10h30, content de partir de ce camping où je suis arrivé la veille sous une pluie battante et où il n'y a pas grand monde. D'autant plus content, que malgré une couverture nuageuse, ceux-ci ne paraissent pas très menaçant. A Funasdalen, on m'a mis en garde contre l'étape que je m'apprête à débuter: il y a des sacrées montées! 20 kilomètres parcourus et toujours pas de montée, en revanche la pluie a fait son apparition. Depuis le début de la semaine, je n'ai pas fait une journée sans elle... J'arrive à Vemdalen, très charmant petit village tout en faux plat et à la sortie de Vemdalen, ça commence à grimper. Mais voilà, à mesure que j'enchaine les virages le dénivelé augmente de plus en plus, sans parler de la pluie qui semble ne pas se soucier que je sois en plein effort. Les derniers kilomètres et j'atteins mes limites, le dénivelé est quasi impossible et c'est au prix n'énormes efforts et je pèse mes mots que j'arrive au sommet après 9 kilomètres de grimpette. Je recontre alors des randonneurs qui m'annoncent deux nouvelles. La première étant que l'on voit au loin du ciel bleu et que celui-ci semble s'étendre vers nous. La deuxième, c'est que si je n'ai pas aimé cette côte, il y en a une autre bien pire qui m'attend un peu plus loin. Je profite de ce petit bavardage pour reprendre un peu mes forces et m'arrêter quelques mètres plus loin pour casser la croute. Lorsque je repars, le soleil pointe le bout de son nez et la descente s'amorce. Je bats mon record de vitesse avec plus de 60 km/h. Impressionant, la moindre erreur et je peux arrêter mon voyage et en commencer un autre d'un tout autre "genre". Mais j'aime le goût du risque et l'adrénaline de la vitesse. 10 kilomètres plus une deuxième côte qui se profile, juste après le village de Klovsjo. J'entame un virage en me disant que c'est la fin et l'inclinaison de la pente se fait encore plus ressentir. Heureusement, cette fois, j'ai le soleil pour me remonter le moral. J'arrive au sommet heureux... Une petite réflexion me traverse alors l'esprit. Comment aurais-je fait si j'avais eu à tirer 11 kilos de plus (le poids de mon colis), mieux vaut ne pas y penser... Ca fait 6 heures que je suis parti et j'ai parcouru à peine 50 kilomètres. Je mets donc les bouchés doubles, mais je n'arrive pas à trouver d'endroit ou m'arrêter, les campings ne me disent rien et les hôtels sont horribles. J'arrive à 19h00 à Svenstavik, avec 80 kilomètres dans les bras, je suis accueilli par me semble-t-il, le cuistaud, très sympathique, au demeurant. Il s'avère qu'il vient du Kosovo qu'il a fui à l'âge de 14 ans à cause de la guerre. Il a ensuite habité en Allemagne et vit maintenant depuis quelques années en Suède. Ce n'est autre que le propriétaire de l'hôtel. Ne jamais se fier aux apparences... Il est d'une extrême gentillesse et nous passons une partie de la soirée à discuter alors que lutte contre la fatigue.
Lundi - Je parviens enfin à partir un peu plus tôt et suis sur la route à 9h30 sous le soleil et en direction d'Ostersund, une ville plus importante que celle que je croise depuis le début et qui me fait les yeux doux sur ma carte depuis déjà quelques jours. Une partie de la route s'effectue sur un tronçon très chargé où les voitures vont jusqu'à 110 km/h. Après 30 km je quitte cette route pour aller me réfugier sur une route secondaire un peu plus tranquille. Je plante ma tente au camping d'Ostersund vers 17H00 avec le sentiment d'avoir passé une journée acerbe. Seul point réjouissant, mon colis arrive demain et j'ai vu un couple d'élan à deux pas de moi... Ha, la nature...

14/06/2008

On oublie le colis un instant et on avance...

Bonjour à tous,

Vendredi - Je me réveille à 9h00 car ma mère m’appelle pour me demander si j’ai bien reçu le colis. Le temps de reprendre mes esprits et d’aller à la réception pour me rendre compte qu’ils n’ont toujours pas de nouvelles du fameux colis. Je m’installe donc avec mon ordinateur à côté de la réception et je guette l’entrée jusqu’à 15h00.  A 15h00 on appelle le livreur pour savoir où est ce qu’il en sont. Bonne nouvelle le colis est en Suède à Sundsvallen, en revanche il ne pourra arriver à Funasdalen que mercredi ou vendredi de la semaine prochaine… Il faut rester calme et ne pas s’affoler, je n’ai maintenant plus du tout de médicament, l’histoire devient tout de même préoccupante. Il n’y a certes pas de danger de mort mais la possibilité de détériorer des organes vitaux et j’en ai fait une fois la triste expérience. Je ne suis pas du tout prêt à la revivre, ça fait un mal de chien et j’ai terminé à l’hôpital avec 40 degrés et une peur bleue. La réceptionniste m’informe qu’il y a une pharmacie tout prêt, heureusement qu’elle se propose de m’y emmener car la descente (que j’avais faite la veille dans le sens de la montée) est très abrupte. Là-bas je suis rassuré car j’arrive à me procurer de quoi tenir le week-end. Je ne suis pas encore sorti d’affaire mais je peux tenir le coup. On convient avec le livreur que je l’appellerai lundi pour lui donner une adresse de livraison, solution qui me permet de me remettre en route dès le lendemain et d’avancer un peu dans mon parcours. Vendredi soir, je retourne au Villan café pour dîner et je tombe sur Pays-Bas – France, match pour lequel mon cœur balance. Je suis seul dans le restaurant et discute donc tranquillement avec le serveur suédois et il m’a donné quelques idées très intéressante à étudier pour l’après HandiKapp-Nord.
Samedi – Je suis toujours à la bourre et je me mets en route à 10h30, le temps est grisonnant mais rien d’alarmant. Je suis resté une journée et demi journée dans ce petit village mais je m’éloigne avec un petit pincement au cœur. Certaines personnes que j’ai rencontrées me saluent et me souhaitent bon vent. C’est touchant…
Ca fait 10 kilomètres que je suis parti et je sens que le ciel se couvre de plus en plus. Ayant déjà enfilé ma combinaison, il ne reste plus qu’à mettre ma capuche et mes chaussons pour être prêt à affronter la pluie. Celle-ci ne se fait pas attendre et ne me lâchera plus pendant plus de 55 kilomètres. Elle a juste fait une petite pause pour me permettre de déjeuner à l’aplomb d’un petit rayon de soleil. Je suis arrivé à Hede à 16h30, trempé jusqu’aux os. Ce n’est en fait pas la combinaison qui fait défaut mais ses coutures. Au bout d’un certain temps l’eau s’infiltre partout. Je roule et j’entends les gouttes d’eau qui tombent sur mon casque et qui ruissellent dans mon cou jusqu’au bas de mon dos. Elles pénètrent par les manches pour rendre mes avant bras insensibles, idem pour mes cuisses qui elles sont inactives et sont donc tétanisées. Sur mon vélo je suis assis et à la hauteur de mon bassin, une petite marre se forme et c’est goutte à goutte que l’eau s’immisce au travers de mon pantalon puis de mon caleçon. Je sens les gouttes d’eau froide perler sur ma peau provoquant des sensations pénibles qui vous font rêver à une bonne douche chaude. On m’a dit que sur la côte est de la Suède, le climat devrait y être plus clément. Je n’y suis pas encore, mais courage. 
Je suis arrivé et mon réconfort de la journée est d’avoir vu ce qui semblait être un élan. Je souhaitai l’interpeller mais celui-ci a préféré s’enfuir.

13/06/2008

La suite de l'aventure du colis...

Bonjour à tous,

Je reprends mon récit là où je me suis arrêté.

Mercredi - je dois résoudre mon problème de colis bloqué à la douane. Au lieu d'attendre le paquet bêtement pendant plus d'une semaine, je préfére m'en faire renvoyer un autre, mais cette fois-ci en Suède et en n'utilisant pas la poste. Le livreur me garantit que le paquet arrivera à destination le lendemain (soit le jeudi) entre 8h et 19h. Je passe le reste de ma journée comme un lion en cage, dans ma chambre d'hôtel à regarder la pluie essuyer ma fenêtre.

Jeudi - je remballe donc mes affaires en direction de Funasdalen en Suède pour retrouver mon colis. Roros et Funasdalen sont séparées de 77 kilomètres et par de belles montagnes. Juste avant de partir je demande, à tout hasard, à la receptioniste s'ils prévoient de la pluie dans la journée, après un coup d'oeil furtif par la fenêtre elle me rétorque que ça devrait être bon!
200 mètres après avoir quitté l'hôtel, une pluie fine commence déjà à me rafraichir. Vaillant je me dis que ça va s'arrêter et que je n'ai donc pas besoin d'enfiler ma combinaison de pluie. Plus j'avance, plus la pluie se fait persistante, je me décide donc finalement à m'arrêter. Quand je redémarre, il ne pleut plus. Toutefois, je ne me suis pas appareillé pour rien puisque la pluie va me suivre toute la journée, elle s'est même transformée en glace lors de mon passage à la frontière. La frontière était déserte perchée haut dans les montagnes, il y faisait un froid glaçant et j'étais entouré par de la neige, deux, trois maisons et un douanier bien au chaud dans sa hutte. 40 km après la frontière j'arrive à destination. Je me dirige donc vers la réception de l'hôtel à qui j'ai envoyé le colis, non sans une certaine appréhension. J'apprends, sans surprise, que mon colis n'est pas encore arrivé. Au moment où je vous écris je suis toujours à Funasdalen, attendant désespérément que ce fameux colis arrive. Hier soir, après avoir pris une bonne douche et m'être reposé je suis allé grignoter un morceau dans l'un des seuls restaurants encore ouvert à 20h00. Très vite, un autre client du même hôtel que moi fait irruption dans le restaurant et s'assied à côté de moi pour regarder le match de foot Autriche Pologne. Ce norvégien de Trondheim très sympathique commence donc à discuter et nous échangeons quelques histoires. Nous sommes très vite rejoint par deux biologistes qui travaillent dans la région, l'un allemand et l'autre américain. Nous échangeons donc pendant plus de trois heures des histoires de culture et ce qui nous fait vivre, tout ça autour d'une bière. C'est la première fois depuis mon départ que je partage aussi longtemps avec des inconnus. Je me suis donc couché plus tard que d'habitude et très fatigué mais avec le sentiment d'avoir passé une agréable soirée.

11/06/2008

Un quota de mésaventure...

Bonjour à tous,

Ce matin je me suis réveillé non pas au bord d'une nationale, ni dans un champs et encore moins sous ma tente mais tout simplement dans un bon lit d'une chambre d'hôtel à Roros. Je ne suis pas frappé d'amnésie, laissez moi juste vous expliquer comment j'en suis arrivé là.

Après avoir passé ma nuit comme prévu à Tynset, nuit pendant laquelle il a plu, je suis parti le lendemain matin pour Os. A Os, 40 km après Tynset, je devais récupérer mon colis de réapprovisonnement avec de la nourriture et des médicaments. Mais voilà, vous vous en doutez, il n'y avait aucun colis à Os. Après avoir passé deux heures dans le froid à expliquer ma situation à tous les "Customer services" de la poste norvégienne, j'apprends que mon colis est à la douane et que ça prendra quelques jours, voire une semaine, avant qu'il ne soit débloqué. Je pensais l'avoir envoyé suffisamment en avance mais c'était sans compter sur le professionalisme des norvégiens et leur douane. Plutôt que d'attendre à Os qui est une petite ville en pleine rase campagne, sans hôtel ni activité, je me suis avancé sur mon parcours de 13 km, jusqu'à Roros. Face à cet imprévu de taille, je me suis mis à la recherche d'un endroit où je pourrais organiser la suite. Dans cette région, les hôtels ne courent pas les rues. J'ai donc du m'arrêter dans un hôtel avec un certain standing où je dois attendre que cet épisode se dénoue. Quand je regarde par la vitre je ne suis pas mécontent, car le temps n'est pas des plus cléments. Qui plus est, depuis quelques jours la température s'est nettement rafraichit et nous avoisinons les 10 degrés, loin des 30 degrés d'il y a quelques jours.

Donc au final, j'attends dans ma chambre jonglant entre l'ambassade et mes parents pour trouver la solution la plus rapide et la plus efficace.

S'il y a un quota de mésaventures par expédition, j'espère avoir rempli le mien et que je n'aurais donc plus d'autre contre-temps majeurs jusqu'à l'atteinte de mon objectif.