21/06/2008

Soleil, où es-tu?

Bonjour à tous,

Vendredi - C'est mid-summer fest, les suédois et les scandinaves de façon générale fêtent le jour le plus long. On m'a dit: "tu vas voir ça va être la fête de partout et après ce jour-là ils sont en vacances et c'est donc un monde nouveau"... Moi je suis au camping d'Asele et il n'y a pas encore grand monde, tout est fermé et on dirait une ville fantôme. Il pleut toute la matinée, c'est le déluge, heureusement que je reste à l'intérieur du café du camping et je peux donc voir ma tente se faire "laver". L'après midi, le soleil a fait son apparition, Bert et Marguerite, les propriétaires hollandais du camping me proposent d'aller faire un petit tour en voiture pour voir les environs. Bien sûr que j'accepte, ça me permet d'apprécier autrement qu'en vélo et puis ça va quand même plus vite... Nous prenons de petits sentiers dans lesquels je ne me serais jamais aventuré de peur de crever un pneu ou alors de rester bloquer en plein milieu de la forêt. Une fois arrivé au sommet de ces sentiers, en plein milieu des bois on prend la mesure du paysage: la forêt à perte de vue et des collines, toujours des collines. Bert et Marguerite me demandent si je veux manger dans une pizzeria dans Asele mais elle est fermée, nous achetons de quoi nous nourrir à la station service et terminons au camping. Il est rapidement l'heure d'aller me coucher, je prends donc mon matelas et mon duvet que j'avais mis à sécher et les jette dans ma tente. Je m'y jette à mon tour et lorsque je m'apprête à me glisser dans mon duvet, celui-ci est tout mouillé. C'est pas normal... C'est le drame... J'ai deux rigoles d'eau de chaque côté, à l'intérieur de ma tente. Je ne peux pas dormir comme ça, je ne veux pas demander de l'aide et je n'ai pas du tout envie de démonter ma tente pour vider l'eau... Je prends donc ma tasse et je vide l'eau tasse après tasse... Au sec, je m'endors...


Samedi - Je me lève d'une part réveillé par des gens du camping très peu discrets et qui hurlent déjà alors qu'il n'est que 7 heures du matin, mais d'autre part car le soleil tape sur ma tente. Serait-ce donc le début d'une belle journée ensoleillée? Je range toutes mes affaires, prends le petit déjeuner avec Bert et Marguerite et me mets en route... Il n'y a personne, pas une voiture, il n'y a que moi, Héméra (mon vélo) et la nature, c'est très agréable, mais trop beau! Ca se couvre en un instant et puisque je commence à prendre l'habitude de ces changements de climat rapide, ma combinaison est déjà prête. Je n'ai pas eu tort car en moins de rien je me fais littéralement saucer... Je suis bientôt trempé jusqu'aux os. Trempé, non ce n'est pas un terme assez fort...Imaginez-vous vous jeter sous une douche tout habillé avec comme seule option eau froide, et en plus un ventilateur qui vous souffle dessus. Je suis donc congelé et ma crainte est d'attraper froid, je bouge donc à fond mes bras et espère à chaque côte voir un peu de ciel bleu. Mais je suis obligé d'attendre 14h30, ma pause déjeuner, pour voir un rayon de soleil. Tous mes vêtements sont rapidement mouillés mais aussi rapidement sec. Je déjeune donc comme un lézard au soleil. Il faut déjà repartir, ça se couvre mais au moins il ne pleut pas. Devant moi, il y a quelques nuages et parfois un peu de ciel bleu mais c'est quand je regarde derrière moi que je prends peur. En effet, c'est noir, je vois la pluie qui tombe et j'entends le tonnerre qui gronde, j'accélère donc la cadence. Il est 19h00 quand j'arrive au camping de Lycksele, j'ai pédalé 88 kilomètres et demain j'aimerais bien boucler une étape à 115 km... On verra

20/06/2008

Mes 1000 premières bornes

Bonjour à tous,


Jeudi - J'ai un peu fêté ces 1000 premiers kilomètres malgré moi.
Je suis parti ce matin du camping de Dorotea avec pour objectif d'atteindre Asele, qui est à seulement 50 kilomètres de distance. Mais puisque le prochain camping était beaucoup trop loin, je n'avais pas trop de choix. D'autre part j'étais obligé de passer par cette ville car je m'y suis fait envoyer un colis. Mais puisque je viens de recevoir mon précédent colis en début de semaine, j'ai demandé à ce que ce colis (qui n'était pas encore arrivé aujourd'hui) soit forwardé plus au nord.
Je suis donc parti sous un ciel bleu azur ce qui n'était pas gagné au vue de la couleur du ciel, la veille au soir. Le relief étant relativement plat, je n'ai pas eu à trop souffrir. J'ai pu apprécier pleinement le fait que je franchissais un cap, avec ces 1000 kilomètres. 1000 km qui se sont dans l'ensemble bien passés. Il m'en reste encore 3650 et encore tant de choses à découvrir, tant de gens à rencontrer, tant de paysages à apprécier, tant de galères et joies à venir. Cet objectif des 1000 km donne du baume au cœur, donne du courage et raffermit cette volonté d'aller plus loin encore... Mais revenons en à nos moutons…
Sur ma route, je constate une petite aire de repos au bord de l'eau et celle-ci me parait tout à fait adaptée pour ma pause déjeuner. Je me rends compte rapidement que je ne suis pas seul et qu'il y a un camping-car avec deux allemands qui ont profité du cadre magnifique de cette aire pour faire une halte. Alors que l'un d'eux est en train de pêcher, l'autre s'approche de moi pour me dire qu'ils m'ont doublé un peu plus tôt dans la matinée. Très vite, ils m’invitent à prendre la café à l'intérieur car nous nous faisons déjà attaquer par nos amis les moustiques... Ce café se transforme finalement en déjeuner, quoi de mieux pour fêter mes 1000 km. Ils sont très aimables et très joyeux mais il est temps pour moi de reprendre la route, surtout que je suis bientôt arrivé mais il faut que je sois à Asele avant la fermeture de la poste. Juste avant d'arriver à destination, je constate que quelqu'un traverse la route pour se mettre de mon côté. C'est un néerlandais et il m'a déjà vu à plusieurs reprises sur la route et nous commençons donc à discuter. Ce n'est pas la première fois que ça arrive. Il arrive que les gens me croisent, sans que je m'en rende compte, plusieurs fois dans la journée. Comme quoi, nous prenons à peu près tous les mêmes chemins. Je repars donc, heureux de cette nouvelle rencontre. Je sais dores et déjà que les propriétaires du camping où je vais passer la nuit sont néerlandais puisque le camping m'a été recommandé par les propriétaires néerlandais de Dorotea. Je sais aussi qu'ils ont une passion à me faire partager, une passion dont j'aimerai bien apprendre plus pour pouvoir monter ma prochaine aventure. Mais il est encore beaucoup trop tôt pour en parler...!
Demain, je pense faire une pause, car j’ai pas mal d’avance et ça me permettra de profiter un peu,  avec des gens qui m’ont l’air très accueillant.


Vendredi – Effectivement aujourd’hui, je fais une pause. Il a plu toute la nuit et il continue à pleuvoir. J’ai eu le malheur cette nuit de mettre mes jambes contre la toile et ce matin mon sac de couchage ainsi que mon matelas étaient trempés.

Il y a une nouvelle vidéo tout en bas de la page...

18/06/2008

Un nouveau record

Bonjour à tous,

J’ai enfin accès à internet donc j’ai mis les articles en retard ceux du 14, 15, 16, 17 et 18 juin. J’ai aussi ajouté un article écrit par Maud qui relate son expérience.

Mardi – Je ne me lève pas trop tard car ce matin, il y a mon colis qui arrive. Je plie toutes mes affaires et le hollandais que j’ai rencontré la veille vient à ma rencontre pour voir mon matériel. Il va aussi au Cap Nord sur un vélo couché et réalise au minimum 100 km/ jour. Nous fonçons ensemble à le réception et mon colis est bien là. ENFIN… Je charge tout à bord de ma remorque et je suis prêt à décoller. L’arrivée est encore à définir. Je débute par 30 km dans les collines, ça monte pas mal et ça descend pas beaucoup. Dans une des côtes je me fais dépasser par une voiture que je reverrais quelques kilomètres plus loin et qui s’arrêtera pour venir parler avec moi. La femme qui conduit cette voiture parle, en plus, très bien français… J’en profite pour avaler mon petit casse-croûte et je repars aussi vite. Les dénivelés diminuent et j’acquière un très bon rythme et au passage de Hammerdal je me dis que je peux continuer jusqu’au village de Stormsund. A l’approche de ce dernier, le paysage change, la luminosité est différente, la végétation laisse un peu plus de place à autre chose que des pins et le soleil brille. En arrivant à Stormsund une voiture me dépasse à toute allure… ce sont des policiers, deux minutes plus tard une autre voiture de police. Notez que c’est la première fois que je vois la police suédoise. Au passage d’une maison quelqu’un qui m’a dépassé quelques heures plus tôt en voiture, m’arrête pour me poser quelques questions. Le temps de lui raconter mon parcours et je repars pour arriver vite à Stormsund. Il y a plein de gens debout sur la barrière du camping, je me dis que ça ne peut pas être pour moi et je constate alors un carambolage juste devant le camping et y retrouve les deux voitures de police. Plus tard, j’apprends qu’en réalité ce carambolage est le résultat d’un hold-up de la banque de Stormsund. Le méchant après avoir éclaté le pneu de sa voiture s’est fait prendre en sandwich par les policiers du coin. Ceux-ci ne sont pas de vrais policiers mais des policiers privés. Arrivé au camping je monte ma tente et après mon dîner, un allemand qui m’a vu arriver s’intéresse à mon matériel et nous discutons. Il a déjà été au Cap Nord à plusieurs reprises et me donne quelques tuyaux. Maintenant je peux m’endormir car mine de rien j’ai fait 110 km dans la journée : un nouveau record.
Mercredi – Je suis sur la route à 9h00, ce matin j’ai décidé d’être matinal. Le relief est relativement plat et le paysage n’a rien de bluffant. Je fais donc 40 kilomètres et j’entends le ciel gronder dans mon dos. Je me retourne pour voir que ça s’assombrit à vue d’œil et que j’ai intérêt à accélérer le mouvement si je ne veux pas être pris au dépourvu. Je fonce donc jusqu’au village de Hoting 50 km de Stormsund. Je me prends déjà quelques grosses gouttes dans la figure mais ayant mis ma combinaison de pluie tout au fond de mon sac, je dois tout donner pour éviter l’orage. Une station service sera mon abris pour midi et à peine rentrer que le déluge s’abat sur Hoting. Je prends mon repas, enfile ma combinaison et repars dès la première éclaircie. Aujourd’hui, je suis fatigué et je veux donc vite m’arrêter. Hors de question d’aller jusqu’à Asele qui est à plus de 65 kilomètres de Hoting. Je me contente donc de Dorotea. 30 minutes avant d’arriver, je sursaute car quelqu’un venant de derrière moi vient de m’interpeller.  Le premier cyclo-touriste rencontré sur la route... Il est allemand, fait plus de 200 kilomètres par jour et fonce vers le NordKapp. Je ne pourrais pas tenir le rythme et je m’arrête donc comme prévu alors que celui-ci pédale encore. Dommage, j’aurais bien fini l’étape avec lui. Je suis donc au camping, une nouvelle fois tenu par des hollandais.
Je totalise maintenant 970 kilomètres et je me suis promis une surprise en passant les 1000, j’ai toute la nuit pour y réfléchir…

17/06/2008

Le point de vue de Maud

Comme Yves vous l’a dit dans ses messages, j’ai fait partie de ses bagages les premiers jours ! Je dis bien « bagages » parce qu’il a fallu me caser quelque part dans sa voiture entre les vélos et les sacs !
Nous avons profité un maximum de tous les derniers instants de confort que nous pouvions avoir avant de se lancer dans cette mystérieuse aventure : douches et redouches, escalope en sauce, humberger, glace, lit, oreiller, kilomètres qui défilent sans efforts physiques… Mais où va-t-on ? Qu’est-ce qui nous attend ? A quoi nous préparons-nous ? Est-ce que Yves prendra du plaisir dans cette aventure ou la difficulté physique prendra-t-elle le dessus ? Toutes ces questions sont dans nos têtes, mais nous les exprimons timidement. De toute façon, on est parti, l’aventure va commencer et on aura les réponses qu’une fois sur nos vélos !
Mercredi 4 juin, il est 13h, la carte au trésor dans Oslo est finie. Nous avons toutes les informations nécessaires et pouvons partir : « Allé, fonce Alphonse ! »
Les premières côtes sont monstrueuses, son matériel pèse une tonne…c’est dur ! On positive, d’ici quelques jours il aura les bras d’Hercule et pourra tout gravir tout seul ! Pour l’instant, et seulement quand ce n’est plus possible autrement, je descends de mon vélo et donne un petit coup de pouce au sien. Fin de journée, on a fait 40km, on est fatigué mais pas éreinté. Ouf, les muscles fonctionneront encore pour demain !! C’est en fait les moustiques et mon superbe camping sauvage qui nous ont tué. C’est que le début, alors autant en rire parce que ça sera peut-être pire demain… !!
Jeudi, la magie du voyage a commencé ! Paysages superbissimes, petit-déjeuner face à un spectacle d’enfants, les gens s’arrêtent et discutent avec Yves, klaxonnent et l’encouragent dans les montés. Il fait beau, chaud et on pousse nos vélos jusqu’à 70km ! Trop facile !! Bon, on s’était quand même autorisés à avoir au maximum une galère par jour et ce jour là on avait choisi « la 2 voix avec les camions qui nous doublent à plus de 100km/h » ! On est vite passé de l’autre côté de la barrière, par contre il nous a fallu un moment pour tirer son matériel au dessus du talus. Son sac est tellement lourd. Yves m’a alors demandé : « Mais comment je ferai la prochaine fois et que tu ne seras pas là ? » Je l’ai vite rassuré : « La prochaine fois, tu te méfieras de la route que tu prendras !! »
Vendredi, tout va bien. On a parcouru 80km et avons découvert nos limites, nous sommes vraiment fatigués ! Nous plantons nos tentes sur le terrain d’une école et rêvons d’une longue nuit réparatrice. Mais nous réalisons que notre choix de camping n’est pas idéal et qu’il faudra partir entre 6 et 7h du matin si nous ne voulons pas être réveillés par le personnel d’entretien ou même par la police ! Il faudrait changer d’emplacement, mais vraiment on n’en a plus le courage ! Et puis, comme un éclair d’ingéniosité, Yves me dit soudain : « Mais demain c’est samedi !!! » Alors nous avons supposé que les petits norvégiens n’avaient pas école le samedi matin et en avons profité pour faire une grasse matinée jusqu’à 8h !
Samedi, 4ème jour de vélo, Yves a son rythme. Il fonce ! 40km le matin, déjeuner, sieste dans le jardin d’une famille qui nous avait invité à profiter de leur ombre, 40km l’après-midi. Il gère parfaitement son matériel et sa forme. Il est autonome. Il est peut-être même temps que je parte et qu’il vive son projet seul comme il l’avait souhaité.
Dimanche, je fais la moitié de son parcours prévu et passe la barre des 300km avec lui ! Youhou, je suis contente de mon propre chalenge ! Il lui en reste 4300 à faire, je remets ma fierté dans ma poche et lui tire mon chapeau bas. Je sais que sa détermination et son pragmatisme le mèneront au bout de cette longue aventure. Je suis admirative de sa force de caractère, de sa volonté et de son courage. Je le remercie de tout cœur pour cette expérience qu’il m’a fait partager.
Yves, je te dis : « BRAVO, MERCI ET… Fonce Alphonse ! »