28/06/2008
Un retournement de situation en ma faveur...
Bonjour à tous,
Vendredi – Quel bonheur de passer une nuit au chaud et au sec alors que la veille au soir, j’étais totalement trempé et frigorifié. Aujourd’hui, c’est une très petite journée, puisqu’il faut que fasse 46 km jusqu’à Pajala. Je vais à Pajala pour deux raisons. La première étant de récupérer un colis de réapprovisionnement (sera-t-il arrivé ?). La deuxième étant que je dois retrouver trois amies finlandaises que je connais de mes études au Danemark il y a 5 ans. Ceci signifie que je resterai samedi à Pajala ainsi que dimanche matin avant de repartir sur la route. Mais nous n’en sommes pas encore là…
J’ai donc enfourché mon vélo vers 10h00, direction Pajala, il ne faut tout de même pas que je traîne trop car je n’ai pas la moindre idée des horaires de la poste. Je ne sais pas non plus si elle est ouverte le samedi, il vaut donc mieux arriver tôt. Le temps est relativement couvert mais pour l’instant il ne pleut pas, en revanche le relief est très saccadé et j’ai donc du mal à trouver mon rythme. En sus du relief, j’ai l’impression de toujours avoir des séquelles de la veille, je ne suis donc pas en grande forme physique et j’ai du mal à avancer… A 14h30, j’arrive enfin à destination et je me rends directement à la poste. Mon colis est bien là mais dans quel état… Il y a un énorme trou, mais bon l’essentiel est toujours dedans ! Revenons tout de même rapidement à mon trajet, car je n’ai pas eu de pluie mais jusqu’au bout j’ai cru que j’allais y avoir droit.
Après avoir récupérer mon colis, il fallait trouver une endroit où dormir. J’ai bien fait d’arriver tôt car toutes les chambres d’hôtel sont occupées pour le week-end et pour cause, il y a une grande fête religieuse à Pajala et sa population est multipliée par 10. Non loin de Pajala, je parviens finalement à trouver une chambre dans laquelle, je vais pouvoir rester le week-end et me reposer. Je suis très bien accueilli par Nina, la propriétaire suédoise qui parle français.
Ce logis propose en plus un sauna, confort que je m’empresse de tester et j’en ressors vivifié. En plus c’est un sauna qui fonctionne au bois, il chauffe au bois et on verse sur les pierres brûlantes de l’eau. La chaleur grimpe et plus je monte sur les marches, plus la température augmente. Je sue à grosse gouttes et je suis tellement bien que j’ai failli m’endormir. Après je fonce sous une douche, il faudrait que celle-ci soit glacé pour bien respecter le rituel, mais je ne suis pas prêt pour ceci…
Samedi – Toujours pas de grasse matinée car le petit déjeuner est servi jusqu’à 9h00, m’a-t-on dit ! Serait-ce qui je crois au travers de mes stores… En tous les cas ça en à tout l’air et vous ne pouvez pas savoir comme ça fait du bien de le voir… De le savoir présent me réchauffe… Il reste encore quelques nuages mais le soleil est bien là et je prends donc mon petit déjeuner au soleil. Un véritable plaisir… Mon moral est au beau fixe et rien que d’y penser, j’en souris.
Aujourd’hui, j’attends mes trois amies finlandaises qui devraient arriver en soirée, en attendant il est hors de question que je reste cloîtrer dans ma chambre. Je propose donc mon aide à Nina pour aider son mari à construire la terrasse. Me voilà donc à l’œuvre à visser des planches… Ca me change un peu du vélo, ca m’occupe l’esprit et j’en viens presque à oublier que je dois partir pour le Nordkapp. Le mari de Nina est mineur. La mine dans laquelle il travaille est à plus de 1300 mètres sous le sol. Je pense qu’il pourrait être aussi un très bon charpentier… En discutant, tous ensemble, ils me donnent quelques astuces pour éviter les moustiques, porter des vêtements clairs, sentir le savon plutôt que la transpiration. Je sais aussi maintenant pourquoi les locaux ne craignent pas les piqûres. En début de saison, ils sont comme nous et se font piquer et puis ils s’habituent jusqu’à ce que les piqures ne leur fassent plus rien… J’ai enfin percer leur secret…
Pour me remercier de mon aide, ce qui n’était vraiment pas nécessaire, ils m’ont offert une pizza. Et en plus j’adore ça !
Qui plus est, la mari de Nina m'a proposé de m'avancer en voiture de plus de 70 kilomètres. Il y a des travaux sur la route sur plus de 15 kilomètres, des travaux qui rendent la route impratiquable puisqu'ils ont enlever l'asphalte et il ne reste plus que des galets. Lundi soir, ils m'acceuillent dans le jardin de l'un de leur cottage et proposent de m'emmener pêcher et de visiter un peu la région. Bien sûr, je ne peux pas refuser. C'est une proposition qui m'intéresse énormément et je suis impatient de voir tout ça.
20:38 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
26/06/2008
Le cercle polaire
Bonjour à tous,
Mercredi – A 8h30 je suis sur la route pour Morjarv à plus de 125 km de là. Il s’est arrêté de pleuvoir depuis hier et même si le ciel est encore bien couvert je me décide à partir. Je pars d’abord en direction de Boden. C’est une ville plus importante que tous les bleds que je traverse régulièrement et c’est surtout une base militaire. Toute l’architecture de la ville est différente avec de petits immeubles de 3, 4 étages de partout, ça change un peu des maisons en bois rouge que je vois toute la journée… Bien sûr, j’ai eu le droit à ma petite douche quotidienne mais cette fois c’était sous la forme d’un crachin, tout de même plus agréable qu’une bonne grosse pluie. Dans l’après-midi j’ai rencontré un suédois qui était lui aussi en train de faire du vélo et qui m’a proposé de m’accompagner pendant quelques kilomètres. Ca c’est vraiment quelque chose de bien et c’est ainsi qu’il m’a accompagné pendant une grosse heure et que j’ai pu en apprendre un peu plus sur la présence d’ours brun dans la région… gloups… A 35 kilomètres de l’arrivée il a du me quitter et j’ai donc continué la route seul dans un décors pas des plus attirants… Mon arrivée à Mojarv se fait sous la menace de la pluie, je suis exténué et me dirige vers la camping pour passer la nuit dans un bungalow. Les toilettes et la douche sont dans un autre bâtiment pas vraiment accessible donc par flemme ça ne sera pas de couche pour moi ce soir…
Jeudi – Je me lève, il pleut déjà, le temps de prendre mon petit déjeuner et il s’arrête de pleuvoir. Je dois partir en direction de Overkalix à plus de 35 kilomètres de là. 35 kilomètres la E10 avec un trafic très important et de nouveau un crachin et un relief des plus contraignants, alternant faux plats, petites montées et petites descentes. A Overkalix, je quitte la E10 pour me retrouver sur une route beaucoup moins empruntée et c’est là qu’arrive ma première surprise. Alors que je roule, un véhicule s’approche à grande vitesse (portion à 110 km/h) dans le sens contraire. Le véhicule se décale doucement sur ma voie et je pense qu’il veut s’arrêter pour me parler mais il ne freine pas du tout... Il continue toujours à se déporter, passe sur l’herbe et fonce tout droit dans le caniveau... Il passe à quelques mètres de moi, sur ma droite à pleine vitesse, pour enfin s’arrêter 30 mètres derrière moi. Le chauffeur sort de sa voiture, il s’était endormi au volant et il n’a rien, son véhicule non plus d’ailleurs. L’homme ne parle pas anglais, je ne comprends rien de ce qu’il dit et j’attends donc avec lui que quelqu’un d’autre s’arrête pour pouvoir repartir. Après coup je me suis dit que si j’étais passé par là quelques secondes plus tôt, il aurait pu me rentrer dedans et l’incident aurait pu devenir un peu plus tragique... Plus tard dans l’après midi, j’ai atteint un autre de mes objectifs, le cercle polaire. Il est représenté par un globe. Cette ligne imaginaire représente tout un symbole, je l'assimile au nord, au froid, à la neige, au soleil de minuit, aux aurores boréales... On rentre désormais dans le vif du sujet, 1545 kilomètres après Oslo et plus de 4000 km au nord de Paris, voici enfin le cercle polaire… Un peu plus tard vient la deuxième surprise de la journée quand un renne jaillit à quelques mètres de moi du fossé. Celui-ci me regarde avec curiosité et s’éloigne doucement quand une voiture approche. Rencontre très amusante et touchante.
Il est maintenant 16h00 et je viens de passer le panneau de Korpilombolo qui indique 32 kilomètres et j’attaque une petite côte telle que j’en avais pas vu depuis quelques temps. Arrivé au sommet, un petit crachin m’accueille, mais très vite je me rends compte qu’il ne va pas disparaître rapidement. Tout autour de moi devient brumeux et le crachin se fait de plus en plus insistant se transformant en pluie par moment. Ca fait une heure que je roule sous la pluie et je suis de nouveau trempé, le vent souffle et il fait très froid (j’apprends plus tard qu’il fait 9 degrés). C’est encore pire qu’il y a deux jours. La pluie me coule le long du visage et le produit anti-moustique que je m’étais appliqué auparavant coule avec, me brûlant les yeux et me laissant un goût amer dans la bouche. Il continue de pleuvoir sans relâche et le relief est toujours aussi contraignant. J’en peux plus, mes nerfs lâchent, je ricanne sans raison, je veux hurler... A quoi bon… Je suis tout seul et contre qui puis-je bien hurler? Tous les noms d’oiseaux passent par ma bouche et aucune pensée ne me permet de m’échapper. J’en ai marre, je veux abandonner, laisser tomber, tout arrêter… Abandonner…. A quoi bon ! Cela ne va pas faire venir un hélicoptère pour me rapatrier, cela ne va pas me téléporter dans un bain bien chaud… Je n’ai pas le choix, il faut que je continue.
J’arrive à destination et cherche un hôtel. Une fois celui-ci trouvé, il faut que je téléphone aux propriétaires pour que ceux-ci m’ouvrent l’hôtel. Personne ne répond… Je panique, je suis frigorifié et comprends tout le sens de "trembler de froid". Je ne peux pas me retenir, tous mes muscles sont tétanisés et mes mouvements incontrôlés. Je décide d’aller dans la maison d’en face pour me renseigner. Une dame m’ouvre la porte et m’invite à rentrer et m’offre un thé bien chaud… Pendant que je réchauffe mes mains avec le thé alors que tout mes vêtements sont encore trempés, elle téléphone aux propriétaires qui ne tardent pas à arriver. J’ai une fois de plus trouver un endroit où dormir, je prends ma douche, vous écris et m’apprête à aller dans ma chambre pour m’allonger. Aujourd’hui, presque 100 km dans les pattes et j’ai failli craquer pour de bon…
23:00 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
24/06/2008
Une journée de plus à l'hôtel...
Bonjour à tous,
Ce matin je me réveille dans une chambre d’hôtel. Hier soir, en arrivant à Alvsbyn, la priorité était de me réchauffer au plus vite afin de ne pas attraper froid. J’ai donc pris une douche bien chaude et me suis empressé d’enfiler dans la foulée des vêtements chauds et secs. Je me suis ensuite acheté une pizza, car c’était le seul restaurant ouvert et après avoir appelé mes parents et résumé mes deux derniers jours, je me suis très rapidement endormi.
Mais revenons à ce matin. J’ouvre les yeux encore plein de fatigue, me redresse sur mon lit et m’aperçois qu’il pleut dehors. Je me donne alors jusqu’à midi pour voir si la météo s’améliore. Cela durera jusqu’à 15h00… Il est donc trop tard pour partir, effectivement arriver dans une ville qu’on ne connaît à des heures tardives, c’est toujours un peu délicat. Je passe donc toute ma journée a rattraper un peu mon retard sur le blog (photos et nouvelle illustration de mon itinéraire) et j’en profite pour me reposer des deux dernières journées en regardant bêtement la télé. Vers 19h00, je vais faire un petit tour dans le village pour m’acheter de quoi dîner et ce sera une nouvelle fois, une pizza. Cette fois elle est tout de même accompagnée d’une tomate bien rouge et bien fraîche et d’une pomme croquante et rayonnante. Ca change de ma nourriture lyophilisée… Ces petites gâteries, je les ai acheté dans le super marché local. Chaque pays a son super marché, vous n’y trouverez jamais les mêmes produits. Difficile de trouver des barres de céréales, les pommes et les tomates sont plus brillantes les unes que les autres, il n’y a pas de baguette fraîche, le coin des desserts est bien garni. Bref une toute nouvelle expérience… J’y ai même retrouvé des biscuits que j’avais acheté à Asele et qui m’avaient vraiment plus. Alvsbyn, un petit village à 60 km de Luléa, vraiment très au nord de la Suède mais tout de même les infrastructures sont impressionnantes. Tous les trottoirs sont équipés de bateaux, le distributeur de billets est parfaitement adapté à ma taille et il est même abrité sous un petit auvent, l’entrée du supermarché possède une rampe ainsi que celle de l’hôtel, toutes les caisses sont suffisamment larges, les étagères dans les rayons ne montent pas inutilement haut. Le paradis pour les personnes en fauteuil roulant…
21:07 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
23/06/2008
Les kilomètres tombent et la pluie aussi...
Bonjour à tous,
Dimanche – Comme je vous l’avais dit, aujourd’hui, je pars pour une grosse journée puisque je veux m’arrêter à Glommerstrask à 115 km de Lycksele. Ce matin, le ciel est une nouvelle fois couvert mais j’ai le droit de temps à autre à quelques éclaircies qui font du bien. Mais voilà, ça fait maintenant 40 km que je roule et j’en ai plein les pattes et me demande vraiment si je vais pouvoir continuer jusqu’à mon objectif. J’allais pour faire ma pause déjeuner pour reprendre des forces et reprendre un peu d’espoir quand je vois un cyclotouriste qui vient à ma rencontre. Ils sont en réalité deux, Johnny et Richard, deux anglais. Ils sont allés jusqu’au Cap Nord en avion et en bus et redescendent à Vélo jusqu’à Tenerife. C’est une sacrée trotte tout de même, plus de 7000 km. On échange deux, trois bons plans pour la route et nous revoilà partis, chacun dans sa direction. 30 km après, j’arrive à Norsjo, l’alternative à Glommerstrask, mais je ne peux pas me résoudre à m’arrêter. Il est 15h30 et je décide de continuer et de pédaler les 45 km qu’il me reste. Jusqu’à présent, je n’ai pas eu de pluie mais je vois dans mon petit rétroviseur que le ciel est très sombre derrière moi. Ce n’est pas la première fois que la pluie me prend par surprise en arrivant par derrière. Il me reste encore 20 km et j’arrive dans une superbe côte et c’est ce moment là qu’a choisi la pluie pour mener son offensive. Elle n’y va pas de main morte puisqu’elle m’envoie les grêlons. Par rébellion je n’enfile pas ma combinaison de pluie et j’attends que ça passe. Arrivé en haut de la côte la pluie s’est arrêtée et je peux donc repartir non sans avoir un peu froid, car il faut un peu de temps avant que mes vêtements sèchent. Tel que je le vois sur ma carte, il n’y a pas de camping à Glommerstrask c’est donc soit du camping sauvage soit l’hôtel. Un peu avant d’arrivée, il y a une petite aire de pique-nique qui me semble parfaite pour passer la nuit, je quitte donc la route… Un moustique puis deux me foncent sur le visage, je me claque le bras et j’en tue 5… Ok, il est hors de question que je passe la nuit ici… Je m’enfuie à toute vitesse et non sans un vent de panique. Il est tard, il fait frais et je veux me reposer... Je ne suis plus qu’à 1 km et je vois un terrain de foot. Ca fera l’affaire. Le propriétaire passe par là à ce moment et il n’y a pas de problème. Les moustiques sont là aussi donc je m’asperge de lotion et monte ma tente pour me jeter à l’abris. J’ai limité la casse et je peux donc cuisiner tranquillement et m’endormir, tout en ayant à l’esprit qu’il faut que je quitte les lieux vers 8h00 comme convenu avec le propriétaire.
Lundi – 8h00, je ne suis jamais parti aussi tôt. Le ciel est bien couvert mais ne semble pas menaçant. J’arrive assez rapidement à Arvidsjaur à 40 km. A partir de là, je rencontre un nouvel ami : le vent. Il ne souffle jamais dans le bon sens et se met à souffler dans les descentes pour vous empêcher de prendre de la vitesse et dans les montées pour vous stopper… Mais il ne m’empêche pas d’avancer et je profite donc du relief relativement plat pour prendre un bon rythme et sentir les kilomètres tomber à toute allure. Dans une petite côte, un automobiliste ralenti, me dépasse, s’arrête en haut et descend de sa voiture. Quand j’arrive à sa hauteur, il me dit qu’il habite dans le coin et qu’il m’a dépassé la semaine passée dans l’affreuse montée de Vemdalen… Lui il a mis un jour pour rentrer chez lui alors que moi, j’ai mis une semaine pour arriver là ! Je reprends ma route et qui se joint alors à mon épopée ?… La pluie. Je décide de voir si ça passe et n’enfile donc pas ma combinaison. Après 30 minutes, mon T-shirt est trempé, me colle à la peau. C’est très désagréable, surtout après une descente pendant laquelle le T-Shirt se refroidit, le premier coup de pédale est alors très dur. Il ne faut surtout pas que j’attrape froid et je m’arrête sur le bord de la route et pas du tout à l’abris, pour changer de vêtement. J’enfile ma combinaison et je repars. Après à peine 20 minutes je suis de nouveau trempé, je n’ai alors qu’une hâte, arriver. Il me reste encore 30 km, que je vais faire entièrement sous la pluie sans aucun répit.
19h00, j’arrive donc à Alsvbyn, 133 km et 11 heures après Glommerstrask, un nouveau record…
La pluie commence à être vraiment pesante et je ne m'attendais pas un tel acharnement. Faire tomber les kilomètres est bon pour le moral, mon corps commence à le sentir mais rien d'alarmant. La dernière semaine qui vient de s'écouler, le climat m'a beaucoup usé plus que le nombre de kilomètres.
23:33 Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note