05/07/2008
Alta, une très bonne expérience
Bonjour à tous,
Vendredi – 7h00, je décide de rester à Alta pour la journée. Le climat est une nouvelle fois mauvais, certes il ne pleut pas mais le ciel est bien couvert et il fait 9 degrés. Pour dormir à cette température, mieux vaut se préparer car il n’y a rien de pire que de se réveiller de froid sans arriver à se réchauffer. Je mets une paire de chaussette, je porte mon bonnet, m’enferme dans mon duvet et prends garde à bien rester sur le matelas qui sert d’isolant. Dès qu’une partie du corps, bien souvent les jambes ou les épaules dépassent du matelas, c’est tout le corps qui se refroidit. Mais bon, j’ai survécu et chaque nuit, j’apprends et je fais plus attention à bien préparer mon sommeil.
Puisque je suis ici pour la journée, j’en profite pour bien me reposer et je me rendors donc immédiatement. Une fois bien frais je saisis ma chance de mettre à jour ma compta et mon blog. Je voudrais bien aller à Alta qui se trouve à 4km, pour visiter mais en fauteuil et avec le relief c’est plutôt difficile. Plus tard dans l’après midi, la propriétaire du camping me demande aimablement si tout va bien et si elle peut m’aider. Si je veux, sa nièce peut m’emmener en ville pour faire deux, trois courses. J’accepte et me voilà donc une nouvelle fois en voiture en direction du centre de Alta. Alta est au bord d’un fjord et c’est tout simplement magique. La nièce me propose alors de faire un tour pour voir un peu les environs. J’accepte avec joie, juste le temps de repasser au camping pour prendre mon appareil photo. Je suis impressionné par la gentillesse des gens de vouloir à chaque fois me montrer leur région.
Ca y est je suis fin prêt, j’ai fait mes courses, quelques bananes, pommes, biscuits et barres de céréales, une brique de lait et j’ai mon appareil photo. On prend la route vers le sud, car je ferais celle du nord en vélo quand je déciderais de partir pour le Cap Nord. La route serpente au bord des fjords et s’appuie sur les versants abruptes des montagnes. En vélo, ce serait impossible, la route est très étroite et la pente atteint souvent 8% sur plusieurs kilomètres. Le spectacle qui s’offre à mes yeux est unique. Je n’ai jamais vu ça, les versants des montagnes sortent de l’eau à l’aplomb et viennent chatouiller les nuages sombres. De la neige est présente sur quasiment tous les sommets. La végétation est luxuriante, le vert omniprésent et cette nature offre un contraste de couleurs spectaculaire. Etre spectateur de cette nature vous prend par les tripes, l’estomac se noue, la gorge se sert, vous êtes sans voix. Je souhaite partager ça et j’espère que les photos me le permettent. Ce qu’il y a de plus dur quand vous êtes témoin de cette nature c’est de ne pas pouvoir partager avec vos proches « Happyness is real only when shared ». L’auteur de cette phrase s’en est rendu compte avant de mourir, piégé par cette même nature qu’il recherchait à tout prix. J’espère que vous savez tous de qui et de quel film je parle…
Me voilà de retour au camping. Ce soir je choisis de mettre de côté mes plats lyophilisés et je vais aller goûter un plat Suomi dans la tente traditionnel Suomi qui siège juste à la sortie du camping. La viande est du renne avec de la purée de pommes de terre, des légumes et une confiture de groseille. Quand je rentre, je fais un tour dans la salle TV du camping et me mets à discuter avec deux norvégiennes qui sont là. Quelque chose ne va pas bien… Mon estomac commence à être capricieux… est-ce le froid, est ce la nourriture Suomi, est-ce psychosomatique ? Le résultat est le même, je termine au même endroit… Un peu plus tard, je vais me coucher le ventre toujours un peu barbouillé.
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04/07/2008
Prix "coup de coeur" du jury de Paris Jeunes Aventures
Ma mère, Elodie, Maud et Céline étaient présentes à une cérémonie particulière récemment tenue à Paris...
La Nuit de Paris Jeune, présidée par Bruno Julliard, Adjoint au Maire de Paris chargé de la jeunesse, est une grande soirée organisée dans les salons de l’Hôtel de Ville de Paris. Une Nuit pour récompenser des jeunes qui ont une idée à défendre, une passion à vivre !
Afin de favoriser l’autonomie des jeunes, la Ville de Paris soutient et finance depuis 2002 un certain nombre de dispositifs visant à accompagner les projets et les actions des jeunes parisiens : Paris Jeunes Talents, Paris Jeunes Aventures, Paris Jeunes Associations et Paris Jeunes Vacances.
Dans la catégorie Paris Jeunes Aventures, près de 130 jeunes de 16 à 28 ans ont soumis leur projet humanitaire, culturel, scientifique, sportif ou documentaire à la Mairie de Paris. Une trentaine parmi eux ont été retenus et devaient ensuite passer devant un jury composé de représentants de la Ville de Paris, de représentants de l’association « Aventure du bout du monde » prestataire de l’opération, d’ancien lauréats, de professionnels et des membres du Conseil parisien de la jeunesse.
Sans aucun doute, le défis d’Yves a séduit le jury ! Et ce 24 juin 2008, Handikapp-Nord a été élu « Coup de cœur Paris Jeunes Aventure » !!
Lors de cette soirée, Fabien Galtier, entraîneur du Stade Français, a remis ce prix spécial à Elodie Bruneau, secrétaire de l’association « Will on Wheels ». Nous étions, quelques parents et amis d’Yves, fiers de représenter son projet à cette grande soirée. Et sommes impatients de lui remettre, dès son retour, ce trophée bien mérité !
Merci à vous les filles...
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03/07/2008
Des paysages à couper le souffle
Bonjour à tous,
Je m'excuse mais les connexions internet sont rares dans cette région. Pour ce qui est des photos, je n'arriver pas à les télécharger et je pense que c'est dû à la connexion. C'est dommage... Il faudra attendre un petit peu, je suis impatient de vous les montrer...
Mercredi – Je pars ce matin de Kautokeino et je commence par une jolie côte. Le temps est agréable et il y a un peu de soleil, ce qui n’était pas gagné au vue de la pluie qui est tombée cette nuit alors que j’étais sous ma tente.
Mais il y a un énorme orage qui se dessine sur ma droite, il n’y a pas de village dans lequel je peux m’abriter et le relief ne me permet pas d’accélérer pour tenter de distancer la pluie. Avec la peur au ventre et les souvenirs des jours passés, je continue donc. Il semblerait que j’ai de la chance et un bon timing. La pluie me passe juste derrière et les nuages menaçants se ferment derrière moi. J’ai donc fait 60km mais je n’ose pas continuer de peur que la pluie ne me rattrape alors que là où je suis il fait un temps magnifique. Je m’arrête donc pour la nuit dans un camping miteux et abandonné. Je profite du soleil car il est encore très tôt et je peux admirer tranquillement la montée que je devrais affronter le lendemain. Je me couche tôt pour essayer de me lever aux aurores le lendemain matin, mais voilà, je ne trouve pas le sommeil.
Jeudi – Je me réveille pas aussi tôt que je l’aurais voulu mais je suis prêt à 8h30. Le temps est très couvert et je regrette de ne pas avoir fait la route la veille. L’étape de la journée commence par un relief qui ne joue pas vraiment en ma faveur. Je monte en altitude, il commence à faire froid et le vent ne m’aide pas à me réchauffer. J’ai l’impression de toucher les nuages et le peu de monde sur la route accentue cette sensation d’être seul au monde. Enfin je commence à redescendre un peu et je longe la rivière Eibyelva. Le cadre est splendide et la route longe la rivière avec à ma droite le versant de la montagne, à ma gauche Eibyelva et de l’autre côté un autre versant de montagne. Sur ce versant de petits cottages… Sans route pour s’y rendre… Je m’arrête alors pour demander à un norvégien qui est encore dans sa barque, comment ils font pour se rendre dans ces petites maisonnettes. Il me répond qu’en été, ils sont obligés d’y aller en bateau et en hivers lorsque la rivière est gelée, ils peuvent utiliser les motos neige. Je rêve d’avoir une maison comme ça plus tard où il règne la solitude et le calme. Une autre bizarrerie de ces petites maisons, c’est le petit abris qui les accompagne et qui se trouve souvent en retrait de la maisonnette. Hé, bien ce sont les toilettes… En été, je veux bien, mais être obligé de sortir par un climat hostile pour aller faire ces besoins, en hivers; ça j’ai du mal. C’est la tradition me répond-il ! Revenons à la rivière, la gorge se resserre et les versants deviennent roche. Bientôt un panneau annonce, descente 8%… Ca va être que du bonheur pour moi et je vais pouvoir très vite arriver en bas…Mais non… Je ne peux pas… en effet le long de la route coule la rivière qui très vite s’accélère et offre rapides et cascades. Le son de l’eau qui tombe est magique et rebondit sur les parois de la gorge. Je ne peux malheureusement pas m’arrêter quand je veux car la visibilité y est très mauvaise. Je parviens tout de même à contempler l’eau qui coule assez régulièrement. Le spectacle est tout simplement époustouflant et toutes les montées que j’ai du gravir sont maintenant oubliées. Quand j’arrive dans la vallée et que je me retourne pour voir d’où je viens, je vois ces montagnes de roche, nappées de verdure d’où sort cette rivière. Je suis content d’avoir pris ce chemin dans le sens de la descente et non pas l’inverse. La toundra dont je vous parlais il y a quelques jours a complètement disparue et c’est de nouveau une végétation luxuriante qui a fait son apparition. J’arrive à Alta, le ciel est toujours aussi nuageux et je me rends compte à quel point il fait froid… Je ne sais pas encore si demain je reste ici pour la journée pour visiter ou si je repars plus loin. Je suis tout de même impatient d’atteindre le Cap Nord qui ne se trouve plus qu’à 238 km…
20:21 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Les moustiques deviennent omniprésent...
Bonjour à tous,
Dimanche – Je me lève tôt car mes amies finlandaises doivent continuer leur voyage. Elles partent à 11h00 tandis moi que je reste à l’hôtel en attendant Mads, l’ami de Nina. Vers 15h00, nous partons avec Mads comme convenu pour aller pêcher. Nous conduisons pendant 50 kilomètres, 50 km pendant lesquels, je lutte contre le sommeil. Mas arrête la voiture au bord de la route, descend disparaît et revient avec un quad. Il me dit de prendre les commandes de traverser la route et d’emprunter un petit sentier. Ce sentier qui traverse les marécages s’enfoncent dans les bois et s’éloignent de la route. Le voilà le petit cottage de Mads, à 50m de la rivière, à 800 mètres de la route et en plein milieu de tous les moustiques de la région. Le petit cottage est super mignon sans eau ni électricité mais avec tout le matériel de pêche. Nous sortons rapidement pour préparer le diner. Je le regarde faire assis prêt du feu qui est en train de chauffer le « wok » dans lequel cuit de la viande de cerf mélangé avec des oignons. Une fois prêt, nous jetons tout ça dans une crêpe, badigeonnant le tout d’une sauce bacon fromage qui sort d’un tube de dentifrice… Miam… tout compte fait, c’est délicieux et c’est typiquement finlandais, a Finlande qui se trouve juste de l’autre côté de la rivière. La panse bien remplie nos préparons le bateau et nous éloignons rapidement du bord à contre courant. Toujours à cause de la crue, la rivière est très profonde et le courant trop fort. I lest 22h00, ça fait 1h que nous pêchons et toujours rien ne mord, nous abandonnons donc et rentrons sur les berges. Je ne sais toujours pas ou je vais dormir ce soir… de retour à la voiture, nous reprenons la route et je comprends la raison pour laquelle j’ai bien fait d’accepter la proposition de Mads. La route n’est plus qu’un amoncellement de galets et ce sur plus de 20 km. Il est minuit et je viens d’arriver aux abords d’un petit cottage pittoresque, qui le semble-t-il selon Mads, sera mon logis pour la nuit. Il y a un sauna, une table et quelques chaises mais pas de lit. Je m’installe donc et place mon lit sur la table car il semble y avoir quelques insectes sur le sol que je ne veux pas voir ramper dans mon sac de couchage pendant la nuit. Je tue un moustique qui me rode autour et je suis fin prêt pour la nuit bien que le soleil ne soit pas du tout couché.
Lundi – 0h01, le deuxième moustique me rode autour puis le troisième et la quatrième. Mais d’où viennent-ils ? A chaque fois je crois que c’est le dernier et un autre arrive. Je m’enfonce donc de plus en plus dans mon duvet et m’asperge de produit. A chaque que je m’endors, j’entends le BZZZZ du moustique. A 4h00 du matin, le soleil passe au dessus des arbres, chauffe le petite cottage et fait monter la température à un tel point que je ne peux plus dormir. C’est un moment très délicat et je prends une décision très risquée, celle de partir pour mon étape alors que je n’ai pas fermé l’œil. Je suis prêt à lever les voiles à 5h00. Bien sûr , il n’y a pas âme qui vive. En 3h00 je ne rencontre que 3 voitures et très peu d’habitations. Me voilà soudain dans l’obligation d’assouvir un besoin urgent, ça fait partie du handicap. Pas de toilette, donc ça sera en pleine nature. Pour me mettre un minimum à l’abris des regards, je m’enfonce de 20 mètres dans les bois… Quelle erreur, me voilà assaillit par une horde de moustiques agressifs et tenace. C’est affreux, ils me couvrent entièrement le corps. C’est maintenant lapeur qui me guide et qui me conseille de partir, mais je suis obligé de terminer… Après 10 minutes et une bonne dizaine de piqûres me voilà parti, mais je suis obligé d’accélérer car ceux-ci me suivent. Très vite j’arrive à la frontière finlandaise, le climat est devenu lourd, le soleil a disparu et au moindre arrêt les moustiques m’attaquent, j’ai du produit badigeonné sur la figure et sur les bras mais ça ne les empêchent pas de jouer les kamikazes de venir s’écraser sur mon visage et de repartir aussitôt. J’ai du produit sur la peau mais pas sur mes vêtement, je suis donc régulièrement obligé de me taper sur l’épaule pour tuer un agresseur. Le paysage est monotone, les bruits de mon vélo me bercent et je m’endors… Je me réveille en sursaut et lutte contre la fatigue …Je me souviens alors que je n’ai pas dormi la nuit dernière. A 18h00, heure locale, car la Finlande a 1h00 de plus j’arrive à la fin de ma journée, éreinté, énervé par les moustiques. Je prends un bungalow pour la nuit, prends ma douche et m’effondre immédiatement pour une nuit de 12h00 . Je suis à Enontekiö et j’ai fait 125km.
Mardi – Ca fait un mois que je suis parti. J’ai fait une bonne nuit et je suis prêt pour repartir direction Kautokeiro en Norvège. En deux jours j’aurais traversé trois pays. Le temps est couvert et le relief est une succession rapide de montées et descentes. Aujourd’hui, j’ai de la chance car à chaque fois je vais passer après la pluie. J’arrive sur une chaussée humide avec le sourire aux lèvres en me disant que ça aurait très bien pu me tomber sur la figure. Les deux choses les plus surprenantes de la journée ont été d’une part la végétation et d’autre part le relief. La végétation a soudain changé, il n’y a plus de pins mais que de petits arbustes dispersés, parfois c’est même la toundra qui prend place. Celle-ci a surtout été présente au passage d’un plateau, qui est la deuxième chose surprenante. Depuis mon départ, j’ai rarement eu l’occasion de traverser de plateau. Ce dernier prenait la forme d’un cirque de plusieurs kilomètres avec des montagnes à ses bords. Quelques rares habitations et cette végétation désertique, un spectacle de la nature qui vous laisse sans voix et rêveur.
Après 80km, j’arrive au camping et prends la décision de dormir sous la tente. Je monte donc mon refuge sous le regard des moustiques. Une fois celui-ci terminé, les premières gouttes commencent à tomber. Je cuisine donc à l’abris dans ma tente et vous écris avant de m’endormir pour une nouvelle journée. Je ne sais pas encore quelle va être mon étape du lendemain…
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