27/07/2008
250 km en 2 jours
Bonjour à tous,
Vendredi – J’ai très bien dormi dans ma petite chambre, bien au chaud et bien confortable. Malheureusement, la météo me joue encore des tours puisqu’il faisait un temps merveilleux en me couchant et maintenant tout le ciel est couvert.
Je pars à 10h00 (heure locale) en direction de Sodankyla, a plus de 120 kilomètres de là. Je n’ai pas trop le choix car la région n’est pas très peuplée et il n’y a donc pas beaucoup de villages, ni de campings. Le relief n’est pas trop contraignant, mais en revanche je suis très vite rafraîchit par une bruine qui s’intensifie dès que j’enfile mon équipement de pluie. A quelques reprises, de petits rayons de soleil me réchauffent avant de laisser place de nouveau à de la bruine. Je prends mon déjeuner rapidement entre deux gouttes de pluie, je change de T-shirt pour un tout propre, tout sec et repars tout de suite de plus belle pour pédaler l’autre moitié de mon parcours. Devant moi, le ciel semble enfin se découvrir et je décide donc d’enlever mes protections de pluie. En se faisant, je m’aperçois de l’état du ciel derrière moi. Celui-ci est d’un sombre à faire peur mais je fais le choix de continuer tout en priant pour qu’il ne se mette pas à pleuvoir une nouvelle fois. Quelques minutes plus tard, je reçois une goutte puis deux… Avec l’état du ciel, j’opte cette fois pour la prudence et me protège de façon adéquate. Très vite, la pluie me fait entendre raison et les gouttes se font de plus en plus insistantes. Le relief est très plat et je peux donc continuer à avancer à vive allure. Un éclair cisaille le ciel et le tonnerre se met immédiatement à résonner dans les nuages… La lumière devient alors ténébreuse et c’est des litres d’eau qui s’abattent soudain sur moi… Je ne vois plus à 10 mètres devant moi, le bruit de la pluie qui s’écrase sur la chaussée me rend sourd à tout autre bruit. Il y a déjà 2 centimètres d’eau parterre. Je suis obligé de tenir le col de ma veste serré dans les dents pour empêcher l’eau de pénétrer par le col. Je sens les premières gouttes qui malgré mes protections passent dans les manches et le long de ma fermeture éclair. Il n’y a rien à faire… Il faut juste serrer les dents et attendre que l’orage passe. 15 minutes ont passé et il commence à s’éloigner pour laisser derrière lui un ciel bleu et un soleil très apprécié. Il me reste 40 kilomètres, mais il ne semble plus y avoir de menaces orageuses.
J’arrive à 20h00 à Sodankyla bien content d’avoir atteint mon but. Je demande si le réceptionniste vend des petits snacks, ce qui me permettrait de reprendre un peu des forces pour monter ma tente. Mais non ! Je décide donc de vite monter ma tente pour me préparer le dîner. Quelques minutes plus tard le réceptionniste vient me voir et m’offre par hospitalité un panini que j’engloutis gloutonnement mais avec délicatesse. Ma journée est terminée et il faut que je me repose pour être en forme pour l’étape du lendemain.
Samedi – Vais-je être capable de faire ainsi que je le prévois les 130 kilomètres qui me séparent de Rovaniemi ?
Pour ce faire, il faut que je me prépare rapidement. Après la dure journée de la veille, j’ai tout de même du mal à partir avant 10h30. D’autant plus que je rencontre une nouvelle contrainte qui altère le confort de mon voyage. Après les insectes et les moustiques, le climat et la pluie, le relief et les montagnes, voici mes pieds et leur odeur. Effectivement, le fait d’avoir les chaussures souvent mouillées, à cause de la pluie, et d’être obligé de les enfiler le matin avant d’attendre qu’elle ne sèche ne pardonne pas. Je ne peux plus passer le nuit avec mes chaussures sous la tente, elles sont obligées de dormir dehors vite rejointes par mes chaussettes qui ne durent pas plus d’une journée. Je profite des quelques moments de soleil pour retirer mes chaussures et les aérer sur la remorque en espérant que ça réduise les odeurs !
130 kilomètres, c’est très long et heureusement que le relief ainsi que le climat ne me sont pas défavorables. La E75 que je suis déjà depuis Inari est de plus en plus encombrée à l’approche de Rovaniemi. Juste avant d’arriver, je passe le cercle polaire. Celui-ci est un peu plus animé que la fois précédente. Peut-être justifié par la présence de la maison du père Noël. Je n’ai cependant pas le courage de m’arrêter pour le visiter aujourd’hui, il est déjà 19h00 et je ne souhaite qu’une chose : arriver.
C’est 10 kilomètres plus tard que je parviens enfin à boucler mon étape. Je m’installe après ces deux journées épuisantes et un cyclotouriste vient se présenter. Il est français s’appelle Thomas et est accompagné de sa femme roumaine Claudia. Ca me fait le plus grand bien de partager ma journée en français. Après une bonne douche régénératrice, nous décidons d’aller boire une bonne bière finlandaise en ville. Le temps de cette bière, j’oublie un instant le vélo et nous partageons toute la soirée nos expériences. Je m’endors un peu saoule mais heureux et surtout exténué. Dimanche, je fais une pause !
18:39 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
24/07/2008
De retour sur mon vélo!
Bonjour à tous,
Se connecter à internet n’est pas toujours une mince affaire. J’aurais normalement depuis le temps profité du passage de mes parents pour partager quelques sentiments sur le voyage, mais finalement je pense que je garderais ça pour le retour, maintenant je préfère vous parler de mes journées folles en vélo !
Lundi – La dernière fois que j’ai pédalé c’était dimanche en huit, j’ai maintenant les bras qui réclament leur dose quotidienne d’effort. Il est temps maintenant pour moi de quitter, après des vacances très agréables en leur compagnie, mes parents. Ils partent en direction du port de Kirkenes pour rentrer en France alors que moi je m’éloigne de Kirkenes par la route. Le but final est le même mais tandis que eux vont mettre 5 jours pour rentrer, moi je vais en mettre plus de 30. Je n’aime pas les au-revoirs donc le temps de décharger Héméra à l’abris d’une station service et je suis parti. On ne se retourne pas, on ne pense à rien et je me dis que je les reverrais très vite. Après avoir eu de la compagnie pendant une grosse semaine, c’est difficile de se retrouver comme ça, seul. Surtout que le temps n’est pas vraiment propice à me faire sourire, puisqu’il fait froid et il bruine. Pour corser le tout, le relief n’est pas des plus agréables.
Aujourd’hui, c’est une petite étape de 40 km, je m’arrête juste avant la frontière finlandaise à Neiden pour dépenser mes dernières couronnes norvégiennes. Ca fait longtemps que je n’ai pas monté ma tente mais le coup de main revient très vite et c’est bizarre de retrouver toutes mes petites habitudes. Elles commencent par le montage de la tente dès l’arrivée, puis rapidement une bonne douche bien chaude. Une fois tout propre et chaudement vêtu je peux m’atteler à la préparation du dîner au pied de ma tente. Ce soir je n’ai rien à faire, il n’y a pas internet et quelque peu cafardeux je décide donc de me mettre au lit alors qu’il n’est que 18h ! Je m’endors très vite mais je me réveillerai à plusieurs reprises pendant la nuit notamment à cause de la pluie qui martèle ma tente.
Mardi – Il a plu une grande partie de la nuit et quand je me réveille à 6h00, il recommence à pleuvoir. J’en profite donc pour me rendormir. A 9h30, je me réveille à nouveau, la pluie a cessé mais je suis à la bourre. Je plie donc mes bagages et me voilà sur la route 1h30 plus tard. Je pédale sans trop de but, je ne sais pas trop où je vais m’arrêter. Le relief n’est pas trop difficile et il semblerait que j’ai la chance de passer soit après, soit avant la pluie. J’ai même le droit à quelques rayons de soleil. Avec le soleil, viennent les moustiques et de nouveaux amis. Ces nouveaux amis font la taille de mon pouce, tournent autour de mon vélo très vite et de façon de plus en plus rapproché, ils me foncent parfois dessus, sur le visage ou sur les bras. Ils sont très agressifs et ne me lâchent pas d’une semelle. Tout le monde connaît les taons de réputation et je ne souhaite pas du tout goûter à leurs piqûres. A chaque fois qu’il y en a un qui s’approche, mon sang se glace, une décharge électrique remonte ma colonne et tout mes poils se hérissent. Un vent de panique me dicte donc d’accélérer, mais il y a rien à faire, je n’arrive pas à les distancer !
Il est maintenant 19h00 heure française mais 20h heure locale et il est donc temps pour moi de m’arrêter pour la nuit. Avec 90km dans les pattes, je suis exténué et au premier endroit je m’arrête. La propriétaire fort aimable me propose de rester dans un appartement plutôt que de rester sous la tente, pour le même prix. J’ai beau être vaillant, j’accepte sa proposition. L’appartement est fournit avec un sauna. J’y fais un petit tour juste avant de me coucher. Je peux entendre alors ma mère me mettre en garde : « attention, tu ne vas pas arriver à t’endormir ! ». Têtu, je ne l’écoute pas et me voilà à me retourner dans mon lit pendant quelques heures avant de trouver enfin le sommeil. Pour trouver le sommeil, je me suis amusé à regarder les moustiques qui tentaient de percer le triple vitrage pour venir me piquer.
Mercredi – J’ouvre les yeux à 8h00 et il pleut à grosse goutte. A 11h00, je les ouvre à nouveau. Certes il ne pleut plus mais je suis vraiment à la bourre.15km vont tout de même se faire sous la pluie. Je remercie mes parents qui pour remédier à mon problème avec la pluie sont allés prendre conseil auprès de Vélo & Oxygen. Ceux-ci leur ont fourni un pantalon et une veste qui se sont avérés très pratique aujourd’hui. Mes parents m’ont d’ailleurs aussi apporté un autre duvet, un peu plus chaud mais un peu plus lourd que le précédent. Au lieu de dormir avec un bonnet, des gants, des collants et une polaire, maintenant je ne dors plus qu’en caleçon et T-shirt. Quel bonheur !
60km et je m’arrête dans un camping au bord du lac Inari. Je rencontre un couple d’allemand, pendant que je dîne, qui eux vont au Cap Nord. Le mari est le président de la ligue paralympique allemande. C’est marrant ! Il insiste pour que je m’inscrive aux jeux paralypiques de 2012 à Londres. C’est à méditer ! Après ce repas très agréable, je pars en direction de ma tente avec une petite appréhension car le sol était totalement détrempé à cause de la pluie. Heureusement, je me suis inquiété pour rien et je m’endors comme un bébé.
Jeudi – Je ne me suis toujours pas mis à l’heure locale et ma montre, au demeurant super jolie, et d’une qualité qui dépasse ce à quoi je m’attendais, est toujours sur l’heure française. Il est 10h30 heure locale et il est grand temps de partir et sans plus tarder je me mets en selle. L’inconvénient de la région où je me trouve, est qu’il y a très peu de village et les campings ne sont pas toujours indiqués, de façon précise, sur ma carte donc j’improvise toujours un peu ma nuit au fur et à mesure de la journée.
J’ai une matinée très productive et je déjeune à Ivalo, toujours au bord du lac Inari, qui se trouve à 40km de la ville Inari. Ce lac fait partie des 5 plus grands lacs d’Europe avec une longueur de plus de 100km et un nombre d’îles avoisinant les 2000. Parfois la route longe les abords de ce lac, ce qui me permet d’apprécier toute son étendue et la beauté des paysages alentours. Quand je ne suis pas au bord du lac, je suis sur la nationale, sans arrêt dépassé par les automobilistes avec des sapins à droite, des sapins à gauche, des sapins derrière et des sapins devant…
Après le déjeuner je repars avec pour objectif une trentaine de kilomètres, mais je n’arrive pas à avancer. Je force, je me fatigue, si bien que je n’arrive pas à me concentrer sur autre chose. Soudain, je me dis que je suis en train de vivre le contre coup de mon trajet aller et que mon corps est tout simplement exténué. Après avoir pédalé comme ça pendant deux heures, je me retourne pour m’apercevoir avec bonheur qu’en réalité j’étais sur un très léger faux plat et qu’il n’y avait pas lieu de s’inquiéter. En revanche lorsque je me suis retourné à nouveau pour faire face à la route, je deviens blême en m’apercevant que la route devant moi, grimpe. Cette fois-ci ce n’est plus du faux plat, mais belle et bien une côte qui au final fait 3km. A son sommet, j’assiste une nouvelle fois à un changement de végétation, il n’y a en effet qu’une végétation clairsemée et de violentes bourrasques de vent viennent ébouriffer le peu de cheveux qu’il me reste sur le caillou. Je rencontre aussi deux allemands qui me confient que selon eux le prochain camping est à 92km. C’est pourquoi quand je vois la signalisation indiquant la présence d’un hôtel tout proche, je saisis l’opportunité. Je loge dans une petite cabine traditionnelle avec ces énormes rondins de bois qui font office de murs. C’est très charmant et ça offre des capacité isolante ahurissante. Je me laisse séduire une nouvelle fois par leur repas local. A chaque fois que je l’essaie, il a un goût différent. De la purée de pommes de terre, du renne et une confiture de groseille. J’y prends goût !
20:01 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
23/07/2008
tout va bien
Bonjour a tous,
Ce soir c´est une news tres peu conventionnelle que je vous ecris car l´acces a internet se fait a partir d´un ordinateur qui n´est pas le mien et dont le clavier est en finlandais. Je prefere vous dire donc que je resumerais toutes mes journees dans les prochains jours. Je vous rassure aussi tout va bien, mes parents sont repartis depuis lundi et j´ai donc renoue avec le velo depuis. Les moustiques, la pluie et le relief sont tous la au rendez-vous.
J´espere a tres bientot pour des nouvelles un peu plus developpees.
21:28 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17/07/2008
Certaines choses qui gâchent la nature...
Bonjour à tous,
J’aimerais profiter du fait que je ne pédale pas pour aborder certains points plutôt que de vous décrire mes journées en voiture et mes visites touristiques. Vous trouverez toutefois dans l’album « break touristique » certaines de mes photos sur ces visites touristiques avec mes commentaires. J’espère qu’elles vous aideront à vivre avec moi l’expérience unique que je vis en ce moment.
Le sentiment prépondérant pendant toutes ces visites est l’excitation. excité d’être autant au nord et d’être dans des régions si éloignées de la France. La Suède, la Norvège et la Finlande ont beau être des pays industrialisés, ils offrent encore une très belle et grande nature et certaines régions offrent une très faible densité. Trois pays avec une population totale de moins de 20 millions d’habitants dans une superficie qui représente à peu près deux fois la France. Il y a donc certaines régions dans lesquelles vous vous sentez vraiment seul. Ma condition ne me permet pas d’aller dans des régions trop reculées du à des problèmes d’accessibilité, mais il m’arrive toutefois de ressentir le sentiment d’être seul au monde. Ce sentiment vous prend par les tripes et pourrait même faire peur dans certaines conditions. Je pense notamment pendant les hivers enneigés et rigoureux.
Je pensais que le Cap Nord allait me procurer ce sentiment mais au vue du nombre de touristes c’était illusoire ! En revanche j’ai pu ressentir cette solitude à de nombreuses reprises, sur les routes lorsque je n’entendais plus les voitures mais uniquement la nature. Un ruisseau coule dans l’herbe ou dans la roche, les oiseaux chantent du haut de leurs arbres, le vent souffle, la pluie tombe. Je l’ai aussi ressenti dans certains villages avec mes parents. On se regarde, on sourit et on se demande où on se trouve. Pourrait-on habiter dans ce petit village dans lequel il n’y a pas un bruit, où tout le monde semble être réfugié chez soi, où l’accès ne se fait que par une route ? Parfois, il n’y a pas de route et le seul accès se fait en bateau. Certaines maisons, certains cottages ne sont accessibles qu’en moto neige en hivers ou en barque pendant l’été.
Dans ces situations, je me sens proche de la nature, et surtout prisonnier de la nature, c’est elle qui décide du climat, du relief et je ne peux rien faire contre ce qu’elle choisit. Les jours de pluie et les régions montagneuses que j’ai pu traverser sont là pour illustrer mes propos.
Ce que je veux dire maintenant peut peut-être paraître vieux jeu et être du réchauffé, mais je suis tout de même choqué de voir ce que certaines personnes font de cette nature. Il m’est arrivé trop souvent de voir dans ces petits villages des décharges improvisées dans lesquelles vous trouvez de tout. Tout est laissé à l’abandons. J’ai pu voir dans des eaux bleues turquoises de vieilles baignoires, d’anciens bidons complètement rouillés et des kilos de plastique. J’ai pu voir dans des ports des navires totalement rouillés et presque laissé à l’abandons. J’ai pu voir dans des jardins des collections de véhicules, tous plus anciens les uns que les autres pourrir dans l’herbe. Quand une maison n’est plus habitées, on ne la détruit pas mais on la laisse se décomposer toute seule. Les maisons étant en bois ceci peut à la limite être charmant. Je ne prétends pas avoir de solution miracle et peut-être que les gens qui font ça n’ont pas le choix, je dis juste que ça gâche trop souvent le plaisir des yeux et c’est révoltant.
21:47 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note