08/09/2008

Je suis arrivé...

Bonjour à tous,

Dimanche 31 août à Copenhague. Nous avions discuté pendant la semaine, avec quelques amis qui se chargeaient d’organiser quelque chose pour l’arrivée, sur l’éventualité de ne finalement rien organiser. Mais pourquoi devrait-on tout laisser tomber sous prétexte que je n’ai pas pu terminer mon parcours. Nous faisons donc le choix d’organiser un petit événement mais d’abandonner la petite balade en vélo originellement prévue. Nous optons plutôt pour un rassemblement dans un café et nous informons par le biais d’un communiqué de presse les journalistes de la fin du voyage. En dehors d’un représentant de l’association danoise RYK et de la présence de quelques amis, la presse danoise ne s’est pas bougée. Je ne suis pas surpris et je passe un moment des plus agréables avec mes amis sous un soleil exceptionnel.
Mardi, mon temps à Copenhague est terminé et je dois maintenant partir en voiture en direction d’Amsterdam. Parti à 8h00 le matin, les ralentissements se succèdent et j’arrive à Amsterdam 12h plus tard alors que les deux villes ne sont séparées que de 780 kilomètres. Le sentiment qui m’a marqué pendant ce retour est la peur. Effectivement, je n’avais de cesse de me rappeler mon accident et de cette fatale perte de contrôle. Si cet incident devait m’arriver en voiture, les dégâts en deviendraient immédiatement bien plus conséquents. J’ai du cependant ranger ce sentiment dans un coin de mon esprit de peur de ne plus rien entreprendre si cette crainte venait à dicter mes actions.
Ce soir, je dors dans un hôtel en plein centre ville d’Amsterdam, petite attention de l’un de mes sponsors. Après avoir vu une amie, je me couche rapidement pour être en plein forme pour le lendemain.
Mercredi, cette journée était prévue déjà depuis quelques mois. Je dois raconter mon expérience devant quelques journalistes et l’un de mes partenaires. Malgré tous les efforts de ce partenaire pour tenter de sensibiliser la presse, le résultat fut, tel que je me l’attendais, décevant. Une nouvelle fois aucun journaliste n’a bougé. Je ne suis pas encore une « star » !
Jeudi. Aujourd’hui, il est enfin temps de rentrer chez moi. Effectivement, aujourd’hui, je rentre en France après 3 mois d’absence, je rentre… Passer la frontière fut un petit moment d’émotion. Très rapidement, je fais face à la réalité et certes l’expérience scandinave n’était pas toujours parfaite mais j’en retire certaines expériences positives. Leur conduite automobile, par exemple, est calme, respectueuse et les limites de vitesse sont respectées. En France, l’égoïsme, l’agressivité des automobilistes et cette volonté de vous coller au train pour vous montrer la puissance de leurs engins est pathétique. Tout le monde autour de moi parle français, quoi de plus normale, puisque je suis en France…
Quelques heures plus tard je suis arrivé chez moi. Je revois mes parents, ma sœur et mon frère . Je baigne dans tout le confort qui m’a fait défaut pendant 3700 kilomètres : un bon lit, une bonne douche et un repas digne de ce nom. Le retour est comme vous vous l’imaginez bizarre, je regarde les photos et je suis rempli d’émotions, je regarde par la fenêtre de ma chambre et je regrette les grandes étendues de nature… A quand la prochaine aventure…

29/08/2008

De nouveau à Copenhague... La boucle est bouclée...

Bonjour à tous,

Avant de vous raconter ce qui s’est passé depuis la dernière fois, je tiens à vous remercier de vos nombreux messages de soutien. Ils me touchent…
Ca fait maintenant une semaine que je suis à Helsinki et coincé dans cet appartement, je tourne en rond. Après 2 mois demi dehors à me plaindre de la pluie, je suis enfermé à l’intérieur à me plaindre du manque d’air frais. Il est temps pour moi de partir, non sans regret ! En effet, j’aurais bien aimé prendre le temps de visiter cette capitale finlandaise mais mon épaule ne me le permet pas. Je reviendrai très certainement, une autre fois…
Dimanche, 14h30, je descends attendre à la porte, car le taxi est censé venir me chercher. Trois quart d’heure passe et toujours pas de taxi. J’appelle alors l’assurance qui me précise que j’ai bien fait de les contacter car il semblerait que le taxi n’ait pas été réservé par leur partenaire local. Ca commence bien !
Il est maintenant 16h15, je stresse et le taxi de l’assurance n’est toujours pas là. Je me charge alors d’appeler moi-même le taxi car mon avion décolle dans 1h30 et l’aéroport est à plus d’une demi heure. On n’est jamais aussi bien servi que par soi-même et le taxi arrive 5 minutes après mon appel.
17h, je viens de m’endormir dans le taxi et nous arrivons. Le conducteur m’aide à décharger mes affaires et me laisse au guichet. L’hôtesse s’occupe de mes deux grosses valises et d’Héméra sans même me faire payer un supplément. C’est toujours ça de gagner… Héméra est maintenant entre leurs mains et j’espère bien que rien ne lui arrivera pendant le voyage.
Il est 17h20, je roule, comme je le peux, en direction de la porte d’embarquement.
17h45, je suis assis dans l’avion qui est presque complètement plein et il y a pas mal d’enfants ce qui promet un voyage animé. Effectivement, juste à ma gauche il y a un couple avec deux enfants. Tandis que l’un pleure de par son jeune âge, l’autre pleurniche par caprice provoquant la gêne de ses parents et l’énervement de ses voisins.
18h30, mon avion vient d’atterrir à Copenhague. Après 2 mois et demi et 3700 kilomètres à vélo la boucle est bouclée… Mon taxi n’a pas été réservé, je dois donc moi même m’en occuper. Pas très compliqué ! Et voilà que je roule en direction de l’un de mes amis, Mikkel, qui habite près de Copenhague. Ma voiture est là et je suis enfin en terre familière puisque j’ai passé quelques années au Danemark. Je pensais que mon retour allait se dérouler sans accroc et au lieu de ça j’ai été stressé pendant tout l’après-midi et tout ces efforts ont raviver mes douleurs d’épaule. Seul point positif, Mikkel vient de m’annoncer son mariage avec sa copine Luca, ça c’est une bonne nouvelle qui égaie ma journée.
Ainsi que vous le savez, je reste ici jusqu’à dimanche prochain donc plutôt que de rester toute la semaine à Copenhague, je préfère rendre visite à des amis à travers le Danemark. Me voilà donc à arpenter les routes, mais cette fois-ci en voiture. Ce sont les premières personnes à qui je raconte mon voyage. Raconter mon voyage me permet aussi de mieux l’analyser et c’est ainsi que j’en viens à l’une des conclusions suivante. Chaque jour a été un défi, rien ne se passe jamais comme prévu, mais la somme de toutes ces journées a été un véritable bonheur.

21/08/2008

Ne baissons pas les bras!

Bonjour à tous,

Le verdict est tombé et il est sans appel…
J’ai toujours mal à l’épaule et je ne peux toujours pas lever mon bras. Non pas parce que ça me fait trop mal mais tout simplement parce que je n’y arrive pas. Tout comme je n’arrive pas à bouger mes doigts de pieds… J’ai beau me concentrer et forcer, rien ne réagit. Tous les gens que j’ai eu au téléphone m’invite donc à prendre rendez-vous pour un second avis. Laura et Suvi sont superbes et elles m’aident à obtenir un rendez-vous dans une clinique pour mercredi matin à 10h40.
Après avoir pris le bus puis le taxi, me voilà à la clinique. Le médecin qui m’a été recommandé m’examine et il souhaite que je passe une IRM. Je ne peux pas avoir un rendez-vous avant mardi prochain et il me soumet alors l’hypothèse la plus probable. C’est un peu plus grave que juste une entorse musculaire, selon lui le fait que je ne puisse pas bouger le bras est du à une rupture de l’un des tendons de l’épaule (dont je ne connais pas le nom !) Ah oui, effectivement ! Cela doit être confirmé par quelques tests et il pourrait en résulter une opération du tendon. Je prends cette mauvaise nouvelle avec soulagement. J’en sais un peu plus sur mon sort. Après ces nouvelles, je décide donc d’arrêter mon aventure en vélo. Le projet suit son cours mais plus de vélo pour moi cet été ! Je pourrais être triste mais je suis content. Vivre dans l’incertitude me rongeait, désormais ça va mieux.
Basé sur cette hypothèse je contacte mon kiné ainsi que l’un de mes partenaires pour savoir un peu quelles en sont les conséquences. Ils me décrivent alors un scénario un peu moins glamour. Même si l’opération n’est pas sûre à 100%, si elle a lieu elle a pour conséquence une immobilisation de 45 jours de mon bras gauche. Autant jusqu’à aujourd’hui, je peux toujours me servir de mon bras puisque celui-ci n’est pas immobilisé mais avec une opération ce devrait être différent… Mais, nous n’en sommes pas encore là ; chaque chose en son temps. De plus, ils me conseillent d’être prudent et de ne pas faire d’effort car cela pourrait empirer la situation. Même s’il n’y a pas d’urgence pour une éventuelle opération il ne faut quand même pas trop traîner. Mon épaule est une partie très importante de mon corps et ce surtout depuis que je suis en fauteuil roulant. Sans elle, je peux perdre une grande partie de ma liberté, telle que je la conçois aujourd’hui. Ménageons la donc !
 J’appelle donc mon assurance et comme la fois dernière, ils s’occupent de tout et me prévoient un rapatriement de Helsinki à Copenhague en avion pour, dimanche. A Copenhague je récupérerai ma voiture pour rentrer sur Lyon (mon épaule devrait me le permettre). Cependant sur le chemin, j’ai quelques impératifs qui sont directement liés au projet et auquel je souhaite répondre présent.
Mon aventure à vélo prend donc fin et c’est le moment qu’a choisi mon corps pour se relâcher. En effet, chose marrante, pendant deux mois j’ai joué avec les limites de mon corps. J’ai affronté des températures hostiles, des nuits plutôt froides et des pluies glaçantes sans jamais tomber malade. Il a suffit d’un petit courant d’air depuis que je suis à Helsinki pour que ça se transforme en rhume avec une toux grasse, des sinus dans le coton et une perte d’énergie flagrante. Il y a deux semaines, j’étais à vélo en plein air, je suis aujourd’hui dans un lit dans un appartement avec une boite de mouchoir et une boite de médicaments à mon chevet.
Ca fait partie de l’aventure…

18/08/2008

La suite des événements

Bonjour à tous,

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Tout d’abord je souhaiterai revenir sur une petite confusion née de mes propos de mon précédent article. En effet, je mentionnais que je vous écrivais de l’hôpital mais je n’y ai cependant pas passé la nuit. Elodie, Lucie et Pierre m’ont quitté sur les coups de 17h00 pour prendre un train pour Helsinki. Moi, j’ai du attendre jusqu’à 1h00 avant de pouvoir enfin être rapatrié sur Helsinki. J’arrive à Helsinki à 3h00, exténué. Les autres, déjà dans un hôtel dans le centre ville, dorment. Les pauvres, il pleuvait des trombes d’eau lorsqu’ils sont arrivés et en plus de ça tous les hôtels étaient complets, ils ont du donc prendre un hôtel qui pratiquent des prix insensés.
Mercredi, nous avons du pain sur la planche… J’accepte de me faire pousser dans les rues de Helsinki. Je n’ai pas le choix avec mon bras en écharpe et cette douleur lancinante au moindre mouvement. C’est la première fois depuis de mon accident, voire peut-être de ma vie, que je me sens autant assisté. Ceux qui me connaissant savent à quel point je déteste me faire pousser. Heureusement que je peux, en serrant les dents, encore prendre ma douche, aller aux toilettes et m’habiller seul. Je ne suis plus maître de mes mouvements, je suis dépendant de celui qui me pousse, je dois avoir confiance en la personne qui m’aide. Mon fauteuil n’étant, volontairement, pas un fauteuil que l’on pousse, cela m’a valu quelques chutes douloureuses dans les premiers temps jusqu’à ce que mes « pousseurs » prennent la main. Au bout de la semaine, Lucie, Elodie et Pierre qui se relayaient pour me pousser ont assimilé tous les pièges qui font mon quotidien et que j’évite en temps normal inconsciemment.
Nous sommes à la recherche d’un vélociste où je pourrais confier Héméra pour un check-up complet. J’espère qu’ils me la rendront en pleine forme. La deuxième mission est de me trouver de nouvelles chaussures. Lucie, Elodie, Pierre étaient révulsés par l’odeur que dégageaient mes jolies baskets orange. A force de prendre la pluie l’odeur était devenue nauséabonde à vous en tirer des larmes. D’autre part, je les avais mises à rude épreuve et un énorme trou sur le pied droit diminuait sévèrement l’imperméabilité, déjà partielle, de mes chaussures. Après les avoir, non sans un pincement au cœur, jeté à la poubelle, me voilà donc en train d’acheter de nouvelles chaussures, jaunes cette fois !
Ce soir nous retrouvons une nouvelle fois Laura et Suvi (que j’avais déjà vu à Pajala). Après un bon dîner, nous retournons à l’hôtel faute d’avoir pu trouver une place dans un autre hôtel. Il y a beaucoup d’animations cette semaine à Helsinki ce qui explique que la ville soit prise d’assaut et que tous les hôtels affichent complet. En revanche pour jeudi et vendredi nous partons pour le camping de Oitta à 20 km de Helsinki. Alors que Lucie, Elodie et Pierre s’y rendent à vélo, moi je passe la journée seule pour les rejoindre en fin d’après midi en taxi.
Pour ce qui est des nuits de samedi et dimanche nous les passerons chez Laura qui nous accueille très gentiment chez elle. Elle nous prépare avec l’aide de Suvi un repas typique finlandais pour le déjeuner de samedi et nous emmène sur un petite île à l’extérieur de Helsinki dimanche.  L’avantage de passer du temps avec des locaux, c’est qu’on sait où aller, on peut savourer des plats finlandais délicieux et on évite tous les pièges à touristes.
Pierre est parti dimanche et lundi Lucie et Elodie l’ont suivi. De façon générale, ils n’ont pas eu de chance car en plus de la pluie, ils ont du subir mon accident bouleversant peut-être l’idée qu’ils s’étaient faite de leur voyage. Je les remercie donc pour leur patience et leur soutien. Il est certain que sans eux, l’accident aurait certainement été vécu différemment. Grâce à eux, je suis aujourd’hui moralement prêt à repartir. Malheureusement, la volonté ne fait pas toujours tout. Aujourd’hui, je suis confronté à mes limites physiques qui m’empêchent de lever mon bras et d’exercer quelque force que ce soit. C’est frustrant, grisant et douloureux!
Je dois attendre, mais jusqu’à quand ! Puisque je ne peux pas attendre indéfiniment, je me suis fixé comme date butoir : vendredi. Au delà de vendredi, je serais obligé d’abandonner car une arrivée est prévue le 31 août à Copenhague et il me reste 750 km entre Stockholm et Copenhague. Moralement, je me sens obligé d’être à cette « arrivée », projet bouclé ou pas… Affaire à suivre !