11/04/2008

Et si vous étiez en fauteuil roulant... partie 11

Bonjour à tous,

Vous trouverez dans la rubrique "ceux qui parlent de nous", Alessandra Sublet parlant du projet HandiKapp-Nord dans sa revue de presse sur rtl2. Je la remercie pour son soutien au projet et j'en profite pour signaler que cette semaine est une semaine très prolifique au niveau des médias.Nous avons aussi eu droit à un encart dans l'édition parisienne du Paru Vendu et nous aurons droit samedi à une photo et à un article pour venir accompagner notre sortie de vélo sur Lyon. 

Revenons maintenant aux anecdotes, je pensais être arrivé la semaine dernière à la fin mais au prix de gros efforts, j'en ai trouvé quelques-unes...

  1. Les premiers jours à l'université, on rencontre de nouveaux étudiants, on ne connaît personne, on est timide et on se sent seul. Petit bizutage oblige du premier jour, on ne sait pas ce qui est vrai et ce qui simuler. Réunis dans notre classe avec ce qui seront nos futurs camarades on nous demande de nous lever pour nous présenter. Situé au fond de la classe, mon voisin vient de se rasseoir ce qui signifie que c'est mon tour. Ce à quoi je m'attendais arriva, la "fausse" intervenante me demanda sévèrement pourquoi je ne me levais pas... Gros blanc...Comment réagir dans ce genre de situation, elle, se sentant gêné et moi encore plus gêné pour elle... C'est une anecdote dont je me rappelle avec le sourire et un petit pincement au coeur car ces années d'étude furent une période enrichissante et qui année après année s'éloigne immanquablement.
  2. Après mon accident, je passe de longs mois à l'hôpital pour réapprendre à vivre. Le pire pendant ces longs mois, sont les week-ends pendant lesquels il y a un personnel restreint ainsi qu'une ambiance des plus déprimantes. Le premier week-end de permission est donc accueilli avec joie. Ce premier week-end, je le passe en compagnie d'amis qui organisent une soirée. Tout joyeux de pouvoir passer un peu de moment loin des hôpitaux, il faut maintenant se réhabituer à la vie normale en société. Pendant cette soirée des amis m'aident à me déplacer, surtout sur l'herbe. Quelqu'un qui pense que je maîtrise déjà mon fauteuil me donne un peu trop de liberté et c'est la chute en arrière... Mais d'où vient ce craquement que j'ai entendu... Je me relève, tout va bien... Ma situation ne s'est ni empirée, ni améliorée d'ailleurs... C'est le dossier de mon fauteuil que je tiens dans mes mains, celui-ci n'a pas résisté à la chute. Je dois donc passer tout le reste de ma soirée, ainsi que le reste du week-end, sans dossier pour me reposer. Lundi, je retourne à l'hôpital et le personnel comprend que mon épanouissement passera par un fauteuil de meilleure facture... Pour mon plus grand bonheur...
  3. Un peu plus tard dans ma rééducation, des amis m'ont invité à passer un week-end à la campagne. Après quelques heures de conduite, nous arrivons à destination dans une grande et belle maison avec un jardin splendide, plein de verdure. L'herbe n'est maintenant plus un problème pour moi, j'ai appris à maîtriser le fauteuil et je passe cet obstacle avec plus d'aisance. Le problème réside plus dans les escaliers que je suis obligé de franchir pour rentrer dans la maison... Quelques marches qui me pourrissent la vie, comment faire ? Simple… il suffit de prendre une vieille porte et de la placer en travers des escaliers pour qu'elle fasse office de rampe. Premier essai et la porte craque en son milieu dès mon premier passage. Décidément gravir ces escaliers n'allait pas être facile.

A vendredi prochain pour de nouvelles aventures...

04/04/2008

Et si vous étiez en fauteuil roulant... partie 10

Bonjour à tous,

Je suis embêté car celles-ci sont mes trois dernières anecdotes. Je vais creuser dans mon "passé" voir si je peux en trouver d'autres, sinon je vous promets de trouver un nouveau thème.

  1. Marcher, c’est pas très rapide comme moyen de locomotion tant mieux car moi je suis en fauteuil. Je vais plus vite dans les descentes mais dès que ça monte je peine. J’avais trouvé dans mes jeunes années un très bon moyen de me mouvoir encore plus rapidement, le scoot- fauteuil. Le principe est simple, je m’agrippe derrière la mobylette d’un ami et me laisse tirer sans effort jusqu’à mon chez moi (je remercie cet ami, sans lui mes années au Lycée auraient été bien fades). Inconscient me direz-vous, je répondrai juste, pratique, voilà tout ! Cette forme de traction originale est aussi disponible avec un vélo mais beaucoup plus lente et beaucoup plus éprouvante pour celui qui pédale (merci à cet autre ami qui plus tard m’a quand même remercié car le fait de m’avoir tiré l’avait remis en forme).
  2. Un soir que nous allions à une soirée avec des amis, nous avons tous remarqué qu’un groupe d’individus s’approchait dangereusement de nous. Ils étaient tous capuchés et l’endroit était connu pour être peu fréquentable... Avant d’arriver jusqu’à eux, il fallait passer un trottoir, c’est là que j’ai loupé l’obstacle et que je suis tombé involontairement par terre. Mon ami me demande alors si ça va, pour ensuite me glisser : si tu n’étais pas tombé, on était bon ! Ce jour-là, j’ai remercié le fait d’être en fauteuil et j’ai par la suite, passé une excellente soirée.
  3. Il arrive toujours un moment dans la discussion où votre interlocuteur blêmit et vous pose la question fatidique : alors comment ça se fait que tu es en fauteuil. Il y a une variante : est-ce que je peux te poser une question ? J’ai essuyé cette question un tel nombre de fois qu’aujourd’hui je devine même quand elle va tomber... N’hésitez pas, posez-là, il y a pire dans la vie ! D’autant plus qu’en parler fait du bien et ça permet de faire connaître certains aspects du handicap. En théorie, on craint, ce qu’on ne connaît pas, donc une fois que la question a été éclaircie, il n’y a plus lieu d’être craintif, et on se fait un nouvel ami.

A vendredi prochain soit pour de nouvelles aventures soit pour une surprise...

28/03/2008

Et si vous étiez en fauteuil roulant... partie 9

Bonjour à tous,

Bienvenue sur le nouveau blog du projet HandiKapp-Nord

A partir d’aujourd’hui, tous les articles seront publiés uniquement à cette nouvelle adresse qui devrait m’apporter beaucoup plus de visibilité.

Ce nouveau blog a été rendu possible grâce à toute l’équipe de hautetfort.com, et surtout grâce aux conseils de Ludovic que vous pourrez retrouver sur son blog de voyage.

Sur cette nouvelle adresse vous trouverez un design plus dynamique, original et novateur avec des applications ludiques comme des petits sondages et de la musique. Vous y trouverez aussi les dates des différents événements que nous organisons, vous pourrez y télécharger le Communiqué de Presse et le dossier de présentation afin de pouvoir vous-mêmes les envoyer à qui bon vous semble. J’ai aussi mis à jour les médias qui parlent du projet et je tiens à vous annoncer la progression significative de notre récolte de fonds.

Maintenant, il est temps pour les petites anecdotes:

  1. Ca marche, ça roule et ça gaze… trois façons de vous demander comment vous allez, et il y en a d’autres. Quand les gens me croisent et qu’ils utilisent la première comme réflexe, ils blêmissent soudain se rendant compte du comique de la situation et se rattrapent en utilisant la seconde et se confondent alors en excuses. Quelque soit la formule utilisée, il n’y en a aucune de blessante, bien au contraire ! Le fait que la personne utilise « ça marche » vis-à-vis d’un invalide peut-être considéré comme un oubli de sa part que vous avez perdu l’usage de vos jambes. Cela montre que cette personne voit au-delà du handicap. Tant mieux donc…
  2. Juste après mon accident, un expert pour l’assurance est venu me poser un certain nombre de questions et a terminé par : « que souhaites-tu faire quand tu seras grand, mon garçon ? » Je lui ai alors répondu que je voulais voyager et que je préférais ça plutôt que d’être derrière un bureau. Pour moi, la vie c’était la nature, le plein air et le sport. Il a interprété cela comme le signe d’une instabilité psychologique et une preuve que je n’avais pas encore digéré mon handicap. Depuis, quelques années ont passé et mes priorités sont toujours les mêmes, je me suis juste adapté. Pourriez-vous donc s’il vous plaît lui prouver qu’il a eu tort ?
  3. Saviez-vous que, même après dix ans de handicap, il m’arrive encore de rêver debout ? Effectivement, il m’arrive régulièrement de faire des rêves et de me rendre compte lorsque je me réveille que mon fauteuil en était absent. Certains diront donc que c’est une manière pour mon cerveau de réprimer mon handicap, moi je dirais juste waouh, c’est cool de rêver.

A vendredi prochain pour de nouvelles aventures...

21/03/2008

Et si vous étiez en fauteuil roulant... partie 8

Bonjour à tous,

C’est quand on croit qu’il n’y en a plus, qu’il y en a encore…

  1. Je souhaiterai soulever le problème des caniveaux. Leur utilité n’est pas à remettre en cause mais il semblerait toutefois que le concept puisse être amélioré. Lorsque l’eau s’engouffre dans ceux-ci, ils deviennent la hantise des personnes en fauteuil roulant. Il semblerait qu’il y ait toujours dans ce cas une mare ou devrais-je dire un étang qui ait la fâcheuse tendance de se former aux endroits que, nous, les handicapés devons utiliser pour traverser. Je parle bien sûr des rabaissements de trottoir au passage clouté. Cette « grande traversée » pose deux problèmes. Le premier étant que les mains courantes une fois mouillées, n'offrent plus que très d'adhérence aux mains ce qui signifie une perte de contrôle préjudiciable. Le deuxième, étant que nous poussons nos roues avec nos mains, cela s’apparente donc à mettre ses mains dans l’eau du caniveau avec tout son lot de bactéries qu’elle transporte. Admettez que c’est peu hygiénique et fort déplaisant.
  2. L’ascenseur est souvent le moyen le plus pratique pour une personne en fauteuil d’aller d’un étage à un autre surtout dans les lieux publics. Malheureusement, ceux-ci sont souvent très lents et remplis par des gens qui feraient mieux d’apprécier l’usage de leurs jambes et d’utiliser les escaliers. N’étant pas de nature très patiente, j’ai très vite pris le réflexe de prendre les escalators, beaucoup plus rapides et souvent plus pratiques. Je me suis déjà fait quelques petites frayeurs mais généralement, ça se passe bien.
  3. Je me suis rendu il y a un an à Amsterdam à l’occasion de l’anniversaire de la reine. Si vous y avez déjà participé, vous savez de quoi je parle quand je dis que les rues sont pleines à craquer. Il y avait notamment une artère qui était totalement bouchée par une foule humaine, une fois engouffré dedans, vous n’avez d’autres choix que de continuer au gré de la marée. Les gens poussent, essaient de se faufiler, jouent des coudes et j’étais au milieu suivant le flot continu de personnes. Une petite bousculade et j’ai bien cru que ça allait être la fin, ne pouvant rien contrôler, transporté par le mouvement de la foule, ma peur s’est dissipée lorsque j’ai vu certaines personnes se mettre autour de moi pour me protéger. La peur ne m’avait tout de même pas rendu sourd, en tout les cas pas suffisamment pour ne pas entendre une personne glisser: "qu’est ce qu’il fout là cet handicapé…"

A vendredi prochain pour de nouvelles aventures…

14/03/2008

Et si vous étiez en fauteuil roulant... Partie 7

Bonjour à tous,

  1. Une expérience très intéressante et pour le moins originale m’est arrivée un soir à Rotterdam. Je rentrais chez moi après avoir raccompagné une amie, lorsqu’il s’est mis à pleuvoir. Quand il pleut l’adhérence des mains sur la main courante est fortement diminuée et donc le contrôle du fauteuil plus précaire. Lors d’un passage de trottoir, mes roues se sont plantées dans le caniveau et mon fauteuil a basculé en avant. J’ai réussi à me rattraper et heureusement que personne ne m'a vu. M’apprêtant à reprendre mon chemin, comme si de rien était, un fourgon de policier, passant à proximité, s’est arrêté... Les deux policiers à son bord m’ont très gentiment proposé de me ramener chez moi. C’est un geste qui m’a à l’époque énormément touché et je tiens à les en remercier.
  2. Une petite soirée au restaurant, ça vous dit ? Moi, je dis jamais non ; éviter de cuisiner et goûter de nouveaux plats, rien de tel. Mais à chaque fois, je suis embêté car je sais pertinemment que l’espace entre les tables va être restreint et la circulation dans le restaurant un véritable calvaire. La seule façon pour moi de passer est d’embêter tout le monde et de demander aux clients du restaurant d’avancer leurs chaises, de déplacer leur sac ou pis encore de déplacer leur table, tout ça pour laisser passer mon encombrant fauteuil roulant. Ca m’énerve et je comprends tout à fait que les clients soient embêtés, je tiens donc à remercier ces mêmes clients qui la plupart du temps font montre de patience et de sympathie.
  3. Nous n’avons pas encore évoqué les trottoirs. Ceux-ci sont un véritable cauchemar lorsqu’ils sont trop hauts et ce aussi bien lorsqu’il faut les monter que lorsqu’il faut les descendre. Pour monter un trottoir trop haut, c’est physiquement impossible sans aide. Pour descendre un trottoir trop haut, c’est toute la colonne qui prend un coup. Très souvent les fauteuils roulants sont condamnés à descendre du trottoir seulement lorsqu’il y a un passage piéton car c'est le seul endroit qui propose une facilité d’accès. C’est pourquoi un automobiliste garé sur un passage piéton a une attitude égoïste et condamnable.

A la semaine prochaine pour de nouvelles aventures...

07/03/2008

Et si vous étiez en fauteuil roulant... partie 6

Bonjour à tous,

Trois nouvelles petites anecdotes cette semaine. N’hésitez pas à réagir si vous estimez que j’ai tort ou si vous pensez à d’autres petites anecdotes.

  1. A l’époque où je me suis installé sur Paris, je me suis mis en quête de trouver un appartement et après avoir fait une demande à la mairie de Paris, infructueuse, je me suis mis en tête de trouver seul. Grande fut ma déception lorsque au fil du temps je me suis rendu compte que la visite des appartements était loin d’être une chose facile. Ceci d’autant plus lorsque vous recherchez un appartement avec un ascenseur. Or, nombreux sont les ascenseurs qui ne sont pas du tout adapté au fauteuil et nécessite de démonter celui-ci… Je suis sûr que vous-même avez déjà connu ça, le genre d’ascenseur si exigu qu’on ne peut se retourner ou tout juste rentrer à deux. Attention, je suis conscient que cela ne peut pas être changé, cela nécessiterait des aménagements et des coûts très importants, il faut donc juste chercher plus longtemps, beaucoup plus longtemps… 
  2. Les toilettes d’handicapés sont très appréciées quand il y en a. Heureusement, tous les bâtiments récents en sont pourvus. Le problème vient lorsque ces dernières sont occupées, mais c’est normal, les toilettes normales sont aussi souvent occupées. Mais quel scandale lorsque celles-ci sont occupées par un valide. Croyez-en mon expérience, à chaque fois qu’un valide occupe les toilettes pour handicapés, c’est souvent pour y laisser derrière lui une odeur ainsi qu’une vision insoutenable. Une autre raison pour laquelle il est important de ne pas utiliser les toilettes pour handicapés est le fait que les handicapés n’ont pas la même capacité de se retenir que les valides… Donc pensez-y…
  3. Dernièrement je suis allé pour la première fois à Disneyland Paris, il n’est jamais trop tard, me direz-vous ! En général toutes les attractions étaient accessibles (ce qui est accessible pour moi n’est pas forcément accessible à tous les handicapés). Quelle fut ma surprise lorsque l’accès me fut refusé, à l’une des nouvelles attractions : Crush’s Toaster. En effet, celle-ci est en théorie accessible. En théorie, car en pratique ce n’est pas le cas. Arrivé au pied de cette récente attraction, on m’a demandé de me lever et de « marcher » sur 300m sur un véritable parcours du combattant. Les nombreux escaliers et surtout une foule très importante auraient rendu mes déplacements difficiles, voire impossibles. On m’a dit que cette mesure était pour ma sécurité et était une sorte de test.

Vous aurez donc bien compris que je n’ai pas pu faire cette attraction. Je trouve ça dommage pour une attraction très récente et dite adaptée.

J’ai vu un autre handicapé se faire refuser l’accès au Space Mountain 2 car il ne pouvait pas marcher jusqu’au wagon. J’ai vraiment de la peine, à quoi bon aller à Disneyland si on ne peut même pas essayer Space Mountain 2. Si vous êtes handicapés (et que vous ne pouvez pas marcher un tout petit peu) et que vous avez soif de frissons, Disneyland n’est pas fait pour vous, bien qu'on pourrait penser le contraire d'un parc aussi important et fréquenté.

A la semaine prochaine pour de nouvelles aventures…

 

29/02/2008

Et si vous étiez en fauteuil roulant... partie 5

Bonjour à tous,

Cette semaine nous avons battu de nouveaux records, comme diraient nos amis English: "Sky is the limit". 
On en est à la 15ème anecdote, c'est que je commence à fatiguer. Mais d'ici que nous arrivions à la fin de mon inspiration, profitons-en...

  1. Un fauteuil ça vaut son pesant d’or et sous ces airs d’increvables il faut tout de même le manier avec précaution. J’ai appris cette leçon à mes dépends lorsque j’ai utilisé une compagnie aérienne pour un voyage. Les gens qui manient les bagages ne semblent pas faire la différence entre un fauteuil et une valise. Lorsque j’ai voulu récupérer mon fauteuil au terminal c’est un fauteuil fort mal en point qu’on a remis à ma disposition. J’ai dû rentrer en taxi jusque chez moi avec ma valise mon fauteuil fortement abîmé et inutilisable et un tank (fauteuil incontrôlable) gentiment prêté par l’aéroport. Le privilège de rentrer avec tout ça fut le fruit d’une longue négociation, sans cela je siègerai peut être encore au terminal d’arrivée. Avis aux manipulateurs de nos bagages, au prix où coûtent nos fauteuils, prenez en soin, s’il vous plait. P.S. : je n’ai jamais été dédommagé des frais de taxi pour rentrer chez moi car selon la compagnie aérienne, elle n’est pas tenue de rembourser les frais occasionnés par la dégradation d’un bagage (mon fauteuil étant considéré dans ce cas là, aux yeux de la compagnie, comme un bagage).
  2. Ma passion à moi, c’est les rues pavées. Dans l’époque qu’est la notre il reste encore en France un grand nombre de routes pavées et heureusement… Une route pavée donne un charme incontestable à une rue, mais cela devient un véritable calvaire pour toutes les personnes en fauteuil roulant qui veulent y pénétrer. En effet, sur ce genre de revêtement les petites roues de devant se plantent dans les interstices et si vous n’y prenez pas garde, vous partez pour un joli soleil.
  3. L’autre jour à Paris j’attendais sagement mon bus comme tous bons parisiens. Heureux que mon bus arrive je m’apprête à monter, ou plutôt à me jeter dans le bus devrais-je dire. Celui-ci n’était malheureusement pas adapté mais en temps normal avec l’aide de quelqu’un voire même seul je parviens souvent à mes fins. Sauf que ce jour-là, le chauffeur n’avait pas l’attention de me faire monter dans le bus et m’a conseillé de prendre le prochain bus. Le prochain bus, quelle blague… Celui-ci n’était pas direct et nécessitait que je fasse un changement et que je traverse tout Paris afin de me rendre à destination. Finalement, j’ai dû me rendre à un autre arrêt de bus tout en traînant ma grosse et lourde valise.

J’ai entendu dire que les métros ne seront pour le moment pas rendu accessible, les investissements seraient bien trop importants. La RATP mise donc sur le réseau des bus.

A vendredi prochain pour de nouvelles aventures…

22/02/2008

Et si vous étiez en fauteuil roulant... partie 4

Bonjour à tous,

Aujourd’hui, je fête avec vous la journée record de fréquentation sur ce blog, en date de mercredi. Plus de 90 visiteurs uniques en une journée, ceci combiné à une liste d’inscrits toujours plus importante, c’est magnifique.

Merci…Allez on continue…

  1. Commençons par parler un peu du handicap. Il y a différents degrés de handicap et selon leur importance les noms diffèrent. On peut déjà faire une distinction entre tétraplégie et paraplégie. La tétraplégie étant une paralysie des quatre membres soit généralement une lésion au niveau des cervicales. Plus on descend vers les lombaires ou le rachis plus on « s’approche » d’une paraplégie qui est une paralysie des membres inférieures. La tétraplégie, ainsi que la paraplégie, peuvent être complète ou incomplète ainsi deux paraplégiques à niveau de lésion identique peuvent avoir une motricité et une sensibilité différente. Bienvenue dans le corps humain… 
  2. La maniabilité du fauteuil est une chose très importante que l’on vous enseigne dès vos premières semaines de rééducation. C’est lors de cette étape qu’on apprend à faire du « wheeling » qui consiste à lever les roues de devant. Cette technique peut être utilisée pour frimer mais s’avère surtout très utile pour surmonter les obstacles de la jungle urbaine. Pour se faire il vous suffit de trouver votre point de gravité, celui-ci étant différent pour chaque fauteuil… Un mauvais calcul et c’est soit la chute en arrière avec une pléthore d’accidents possibles soit une chute en avant si votre fauteuil bute sur l’obstacle. En cas de chute, le tout est de se rattraper rapidement et avec style, pour sauver la face…
  3. Les roues d’un fauteuil peuvent utiliser un grand nombre de pneus mais grossièrement vous avez deux catégories, les pneus pleins et les pneus avec une chambre à air. Avec le moindre saut de trottoir, les pneus pleins vous font tressaillir toute la colonne jusqu’aux cervicales avec l’avantage de s’user moins vite et d’être increvables. Les pneus avec chambre à air sont selon moi bien plus confortables mais ont un inconvénient majeur : la crevaison. 
    Au détour d’une rue, qui aurait accueilli la veille un match de foot avec son lot de bières bues et fracassées sur le sol et vous êtes bons pour la réparation sommaire et improvisée. Et quand cela vous arrive deux fois de suite, vous vous demandez s’il ne valait mieux pas rester au chaud chez soit.
    Bien sûr, le meilleur des deux mondes existent, il faut juste mettre plus de 30€ pour un pneu...
A vendredi prochain pour de nouvelles aventures…

15/02/2008

Et si vous étiez en fauteuil roulant... partie 3

Bonjour à tous,

Prêt pour de nouvelles anecdotes...

  1. Aujourd’hui on utilise être handicapé à toutes les sauces dans le cadre d’insultes « gentille »… Handicapé de la cuisine, handicapé du volant, handicapé de l’amour, ou même handicapé tout court. Finalement, nous handicapé sommes sans cesse au centre des débats… A ce rythme le nombre d’handicapés croit très vite, toutefois une insulte que je n’ai jamais entendu c’est : handicapé des jambes. C’est sûrement par respect...
  2. Comme tout valide, les personnes en fauteuil roulant ont, depuis quelques années, la possibilité d’aller voir un film au cinéma. Le problème reste que le choix de votre place est plutôt restreint, c’est soit le premier rang auquel vous êtes garantie de terminer avec un torticolis, qui plus est, si vous restez dans votre fauteuil roulant. Selon l’aménagement de la salle l’autre possibilité est d’être au rang des cancres, au fond de la salle. Vous n’avez tout bonnement pas le droit de vous asseoir où bon vous semble comme n’importe quel valide.
  3. Une chose est de rester toute la journée dans votre fauteuil roulant, à la première occasion et bien sûr si votre niveau de handicap vous le permet, vous souhaitez bondir hors de celui-ci. Que ce soit sur un canapé, un bon fauteuil de cinéma, un beau et confortable fauteuil, les genoux d’une jolie fille ou sur une pelouse bien verte et bien tendre, n’importe quelle excuse est bonne… 
    Une fois je me suis justement assis sur une de ces magnifiques pelouses qu'offrent les jardins danois sans prendre conscience que mon fauteuil était en pleine descente. Celui-ci se mit alors à prendre de l’allure et à foncer en direction de l'étang qui se trouvait en contrebas, juste le temps de me retourner pour hurler à la personne qui se trouve avec moi que mon fauteuil est en train de se faire la malle. Cette personne (qui se reconnaîtra sûrement) réagit immédiatement et couru avant de glisser pour, in fine, rattraper le fauteuil par le bout des doigts. Il était moins une…
     

A vendredi prochain pour de nouvelles aventures...

08/02/2008

Et si vous étiez en fauteuil roulant... partie 2

Bonjour à tous,

Cette semaine, trois petites anecdotes viennent s'ajouter à celle de la semaine dernière...

  1. Quand nous roulons dans la rue, nous scrutons toujours le trottoir. Ceci comme les valides afin de ne pas faire une rencontre fortuite avec les excréments du meilleur ami de l’homme. En fauteuil, vous ne marchez pas, vous roulez et c’est donc à vos mains que vient se coller cette substance collante et puante. A bon entendeur…
  2. Lorsqu’il y a une queue importante en supermarché, on me propose parfois de passer devant économisant ainsi de longues minutes d’attente alors que comme les valides je peux très bien attendre dans une file comme tout le monde. Par contre le fait que certaines personnes utilisent les caisses prioritaires sous prétexte qu’il y a moins de monde est impardonnable. Dans certains magasins ces caisses sont souvent les seules qui sont assez larges pour laisser passer un fauteuil.
  3. L’usage du fauteuil roulant s’avère être une arme redoutable et stratégique lorsque vous allez dans un café ou en soirée. En effet, il m’est arrivé régulièrement que des filles veuillent s’asseoir sur mes genoux attirant la curiosité de certains et le respect d’autres. Je ne vais certes pas m’en plaindre, je compatis juste avec les valides qui n’ont pas, vous le nommerez comme le voudrez, cette chance ou ce charme :-) Etre en fauteuil peut aussi avoir du bon...
A vendredi prochain pour de nouvelles aventures...

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