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24/09/2008
Le Cap Nord, une quête !
Bonjour à tous,
La quasi majorité des gens que j’ai croisé soit en revenait, soit roulait dans sa direction. Comme je vous l’ai dit le Cap Nord est un lieu symbolique que beaucoup de gens souhaitent voir puisqu’il accueille jusqu’à 10 000 touristes par jour.
Si le Cap Nord est un but, le moyen utilisé pour y parvenir dépend de chacun. L’imagination de ses visiteurs est la seule limite. J’ai vu des gens y aller en Mehari, Lada, 2CV d’autres choisissent le car, l’avion, le train, d’autres optent pour le camping-car ou la caravane, ceux qui cherchent le plein air préfèrent la moto, ceux qui veulent combiner ça avec un peu de sport, pédalent. Le Cap Nord rassemble vraiment toutes les formes d’excentricité.
La plupart des gens qui va au Cap Nord n’ont selon moi pas la chance d’apprécier toute la beauté des paysages traversés. Comment voulez-vous que les gens qui choisissent le car puissent prendre du plaisir alors qu’ils foncent bien souvent de leur ville d’origine vers le Cap Nord avec comme seule pause les hôtels et les stations services ? Le but de ces cars est d’arriver le plus rapidement possible au Cap Nord et de déverser leur cargaison de « sardines » au Cap Nord. Ca c’est l’économie du tourisme !
Ceux qui recherchent un peu plus d’indépendance prennent le camping-car ou leur voiture avec une caravane. Mais là encore ils arpentent les routes à pleine vitesse sans trop apprécier les alentours. On dirait que dans ce groupe il existe une compétition secrète qui pousse chacun à montrer qu’il a le plus gros ou le plus beau camping car de tous. J’ai vu certains camping-cars d’une taille incroyable de quoi y faire tenir un appartement. A l’heure des économies d’énergie et de la lutte contre la pollution, c’est un peu déplacé.
Dans le groupe des motards, vous avez des motos ordinaires mais vous avez aussi des side-cars et quelques motos à trois roues. Certains vont le plus vite possible alors que d’autres prennent leur temps et prennent du plaisir à arpenter les routes sinueuses menant au Cap Nord.
Enfin, j’arrive aux cyclistes dont je fais partie. Eux, ils leur manquent une case… Vous trouvez de tout, certains font plus de 200km par jour tandis que d’autres en font 80. Pour certains le Cap Nord est le seul but alors que pour d’autres le Cap Nord fait partie d’une liste de destinations beaucoup plus longue. Les premiers, une fois arrivé au Cap Nord, prennent l’avion, le train ou le bateau, les seconds continuent leur tour de la Scandinavie, de l’Europe ou du monde.
Pour atteindre le Cap Nord, il n’y a pas non plus une seule route unique. La Suède, la Finlande et la Norvège offrent tous les trois différents itinéraires. La Norvège avec ses montagnes et sa côte offre sans doute les parcours les plus difficiles alors que la Finlande avec un relief plutôt plat est plus accessible et la Suède se trouve au milieu.
Chacun choisit son moyen de locomotion et son itinéraire. Il y a tant de possibilité pour tant de personnalité et d’individus différents. J’ai pu rencontrer des gens de toutes les classes sociales, de tous les pays et tout âge. Prendre son temps pour parvenir au Cap Nord, si vous ne craignez pas les moustiques, est une expérience humaine unique et saisissante offrant une nature merveilleuse et grandiose et ce quelque soit votre moyen de locomotion ou votre itinéraire !
12:51 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
16/09/2008
Le retour
Bonjour à tous,
J’espère que votre rentrée se passe bien. La mienne est pour le moins ordinaire. En effet, d’abord de retour sur Lyon j’ai senti cette petite boule se former au creux de mon estomac. Je n’avais pas ressenti une seule fois, tout au long de mon périple, ce qu’on appelle aujourd’hui communément le stress. Le fait de devoir faire face à un bon nombre d’impératifs, de devoir gérer le courrier en retard, de devoir faire les comptes et d’organiser la suite sont des tâches bien différentes que celle de faire du vélo !
Le pire était encore à venir et survint à mon retour sur Paris. Ce « pire » s’illustre par une lettre venant du trésor public me réclamant le versement de mes premiers impôts. Heureusement, qu’ils ne tombent qu’une fois par an !
Mais tout ces petits détails se font oubliés quand en contrepartie il y a la joie de retrouver tout ceux qui vous ont manqués pendant 3 mois.
Et malheureusement, je n’ai pas pu levé mes bras pour exprimer ma joie. Oui, mon épaule gauche est toujours douloureuse mais maintenant j’en connais précisément la cause. Le Dr Walch, recommandé par le Professeur Saillant de l’ICM, a confirmé la fracture du trochiter et ne préconise aucune opération ni même une immobilisation. Une fois de plus, je contiens ma joie. La fracture va évoluer doucement vers une cicatrisation mais celle-ci peut prendre jusqu’à 4 mois. 4 mois pendant lesquels cette douleur me rappellera toute mon aventure et surtout la fin !
Cette douleur ne sera pas la seule à me rappeler tout ce que j’ai vécu. Il y aura aussi mes photos, que j’ai d’ailleurs souhaité présenter d’une façon différente sur mon blog. Je vous invite à les consulter à nouveau, sous l’onglet « photos », car je pense qu’elles sont désormais mieux mises en valeur ce qui vous permettra d’apprécier, si besoin en était, la beauté de ce projet.
Mais il ne faut pas uniquement vivre dans le passé et c’est pourquoi je continue d’apprécier chaque moment depuis mon retour. D’autant plus que, comme je vous l’ai déjà dit à moult reprises, mon projet n’est pas terminé. Aujourd’hui, mon objectif est de faire parler du projet, de l’ICM et des personnes à mobilité réduite. J’ai commencé en acceptant l’invitation du Comité d’Action Citoyenne de GFC Construction. Ce comité organisait mardi dernier, pour ces employés, une demi-journée d’information sur les différentes initiatives qu’il soutient. D’autres représentants d’associations se sont donc aussi déplacés et j’ai ainsi eu le plaisir de côtoyer des gens œuvrant tantôt en faveur d’enfants malades, tantôt en faveur de personnes en fin de vie mais aussi en faveur d’un tas de causes louables. C’était passionnant de voir tout ces gens s’investir pour son prochain et de les entendre parler avec passion de leur cause.
Samedi, j’ai assisté à la cérémonie d’ouverture du parc des associations du village dont je suis originaire : Fontaines sur Saône. Cet événement était intéressant à plus d’un titre. J’ai tout d’abord pu revoir de nombreux membres du conseil municipal qui m’ont activement suivi pendant tout le voyage. A l’occasion de cette cérémonie d’ouverture, le maire ainsi que son adjoint m’ont remis un chèque et m’ont donné la chance de partager mon expérience avec les villageois de Fontaines sur Saône.
A quand d’autres événements tels que ceux-ci ?
11:06 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
08/09/2008
Je suis arrivé...
Bonjour à tous,
Dimanche 31 août à Copenhague. Nous avions discuté pendant la semaine, avec quelques amis qui se chargeaient d’organiser quelque chose pour l’arrivée, sur l’éventualité de ne finalement rien organiser. Mais pourquoi devrait-on tout laisser tomber sous prétexte que je n’ai pas pu terminer mon parcours. Nous faisons donc le choix d’organiser un petit événement mais d’abandonner la petite balade en vélo originellement prévue. Nous optons plutôt pour un rassemblement dans un café et nous informons par le biais d’un communiqué de presse les journalistes de la fin du voyage. En dehors d’un représentant de l’association danoise RYK et de la présence de quelques amis, la presse danoise ne s’est pas bougée. Je ne suis pas surpris et je passe un moment des plus agréables avec mes amis sous un soleil exceptionnel.
Mardi, mon temps à Copenhague est terminé et je dois maintenant partir en voiture en direction d’Amsterdam. Parti à 8h00 le matin, les ralentissements se succèdent et j’arrive à Amsterdam 12h plus tard alors que les deux villes ne sont séparées que de 780 kilomètres. Le sentiment qui m’a marqué pendant ce retour est la peur. Effectivement, je n’avais de cesse de me rappeler mon accident et de cette fatale perte de contrôle. Si cet incident devait m’arriver en voiture, les dégâts en deviendraient immédiatement bien plus conséquents. J’ai du cependant ranger ce sentiment dans un coin de mon esprit de peur de ne plus rien entreprendre si cette crainte venait à dicter mes actions.
Ce soir, je dors dans un hôtel en plein centre ville d’Amsterdam, petite attention de l’un de mes sponsors. Après avoir vu une amie, je me couche rapidement pour être en plein forme pour le lendemain.
Mercredi, cette journée était prévue déjà depuis quelques mois. Je dois raconter mon expérience devant quelques journalistes et l’un de mes partenaires. Malgré tous les efforts de ce partenaire pour tenter de sensibiliser la presse, le résultat fut, tel que je me l’attendais, décevant. Une nouvelle fois aucun journaliste n’a bougé. Je ne suis pas encore une « star » !
Jeudi. Aujourd’hui, il est enfin temps de rentrer chez moi. Effectivement, aujourd’hui, je rentre en France après 3 mois d’absence, je rentre… Passer la frontière fut un petit moment d’émotion. Très rapidement, je fais face à la réalité et certes l’expérience scandinave n’était pas toujours parfaite mais j’en retire certaines expériences positives. Leur conduite automobile, par exemple, est calme, respectueuse et les limites de vitesse sont respectées. En France, l’égoïsme, l’agressivité des automobilistes et cette volonté de vous coller au train pour vous montrer la puissance de leurs engins est pathétique. Tout le monde autour de moi parle français, quoi de plus normale, puisque je suis en France…
Quelques heures plus tard je suis arrivé chez moi. Je revois mes parents, ma sœur et mon frère . Je baigne dans tout le confort qui m’a fait défaut pendant 3700 kilomètres : un bon lit, une bonne douche et un repas digne de ce nom. Le retour est comme vous vous l’imaginez bizarre, je regarde les photos et je suis rempli d’émotions, je regarde par la fenêtre de ma chambre et je regrette les grandes étendues de nature… A quand la prochaine aventure…
15:46 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note