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29/08/2008

De nouveau à Copenhague... La boucle est bouclée...

Bonjour à tous,

Avant de vous raconter ce qui s’est passé depuis la dernière fois, je tiens à vous remercier de vos nombreux messages de soutien. Ils me touchent…
Ca fait maintenant une semaine que je suis à Helsinki et coincé dans cet appartement, je tourne en rond. Après 2 mois demi dehors à me plaindre de la pluie, je suis enfermé à l’intérieur à me plaindre du manque d’air frais. Il est temps pour moi de partir, non sans regret ! En effet, j’aurais bien aimé prendre le temps de visiter cette capitale finlandaise mais mon épaule ne me le permet pas. Je reviendrai très certainement, une autre fois…
Dimanche, 14h30, je descends attendre à la porte, car le taxi est censé venir me chercher. Trois quart d’heure passe et toujours pas de taxi. J’appelle alors l’assurance qui me précise que j’ai bien fait de les contacter car il semblerait que le taxi n’ait pas été réservé par leur partenaire local. Ca commence bien !
Il est maintenant 16h15, je stresse et le taxi de l’assurance n’est toujours pas là. Je me charge alors d’appeler moi-même le taxi car mon avion décolle dans 1h30 et l’aéroport est à plus d’une demi heure. On n’est jamais aussi bien servi que par soi-même et le taxi arrive 5 minutes après mon appel.
17h, je viens de m’endormir dans le taxi et nous arrivons. Le conducteur m’aide à décharger mes affaires et me laisse au guichet. L’hôtesse s’occupe de mes deux grosses valises et d’Héméra sans même me faire payer un supplément. C’est toujours ça de gagner… Héméra est maintenant entre leurs mains et j’espère bien que rien ne lui arrivera pendant le voyage.
Il est 17h20, je roule, comme je le peux, en direction de la porte d’embarquement.
17h45, je suis assis dans l’avion qui est presque complètement plein et il y a pas mal d’enfants ce qui promet un voyage animé. Effectivement, juste à ma gauche il y a un couple avec deux enfants. Tandis que l’un pleure de par son jeune âge, l’autre pleurniche par caprice provoquant la gêne de ses parents et l’énervement de ses voisins.
18h30, mon avion vient d’atterrir à Copenhague. Après 2 mois et demi et 3700 kilomètres à vélo la boucle est bouclée… Mon taxi n’a pas été réservé, je dois donc moi même m’en occuper. Pas très compliqué ! Et voilà que je roule en direction de l’un de mes amis, Mikkel, qui habite près de Copenhague. Ma voiture est là et je suis enfin en terre familière puisque j’ai passé quelques années au Danemark. Je pensais que mon retour allait se dérouler sans accroc et au lieu de ça j’ai été stressé pendant tout l’après-midi et tout ces efforts ont raviver mes douleurs d’épaule. Seul point positif, Mikkel vient de m’annoncer son mariage avec sa copine Luca, ça c’est une bonne nouvelle qui égaie ma journée.
Ainsi que vous le savez, je reste ici jusqu’à dimanche prochain donc plutôt que de rester toute la semaine à Copenhague, je préfère rendre visite à des amis à travers le Danemark. Me voilà donc à arpenter les routes, mais cette fois-ci en voiture. Ce sont les premières personnes à qui je raconte mon voyage. Raconter mon voyage me permet aussi de mieux l’analyser et c’est ainsi que j’en viens à l’une des conclusions suivante. Chaque jour a été un défi, rien ne se passe jamais comme prévu, mais la somme de toutes ces journées a été un véritable bonheur.

21/08/2008

Ne baissons pas les bras!

Bonjour à tous,

Le verdict est tombé et il est sans appel…
J’ai toujours mal à l’épaule et je ne peux toujours pas lever mon bras. Non pas parce que ça me fait trop mal mais tout simplement parce que je n’y arrive pas. Tout comme je n’arrive pas à bouger mes doigts de pieds… J’ai beau me concentrer et forcer, rien ne réagit. Tous les gens que j’ai eu au téléphone m’invite donc à prendre rendez-vous pour un second avis. Laura et Suvi sont superbes et elles m’aident à obtenir un rendez-vous dans une clinique pour mercredi matin à 10h40.
Après avoir pris le bus puis le taxi, me voilà à la clinique. Le médecin qui m’a été recommandé m’examine et il souhaite que je passe une IRM. Je ne peux pas avoir un rendez-vous avant mardi prochain et il me soumet alors l’hypothèse la plus probable. C’est un peu plus grave que juste une entorse musculaire, selon lui le fait que je ne puisse pas bouger le bras est du à une rupture de l’un des tendons de l’épaule (dont je ne connais pas le nom !) Ah oui, effectivement ! Cela doit être confirmé par quelques tests et il pourrait en résulter une opération du tendon. Je prends cette mauvaise nouvelle avec soulagement. J’en sais un peu plus sur mon sort. Après ces nouvelles, je décide donc d’arrêter mon aventure en vélo. Le projet suit son cours mais plus de vélo pour moi cet été ! Je pourrais être triste mais je suis content. Vivre dans l’incertitude me rongeait, désormais ça va mieux.
Basé sur cette hypothèse je contacte mon kiné ainsi que l’un de mes partenaires pour savoir un peu quelles en sont les conséquences. Ils me décrivent alors un scénario un peu moins glamour. Même si l’opération n’est pas sûre à 100%, si elle a lieu elle a pour conséquence une immobilisation de 45 jours de mon bras gauche. Autant jusqu’à aujourd’hui, je peux toujours me servir de mon bras puisque celui-ci n’est pas immobilisé mais avec une opération ce devrait être différent… Mais, nous n’en sommes pas encore là ; chaque chose en son temps. De plus, ils me conseillent d’être prudent et de ne pas faire d’effort car cela pourrait empirer la situation. Même s’il n’y a pas d’urgence pour une éventuelle opération il ne faut quand même pas trop traîner. Mon épaule est une partie très importante de mon corps et ce surtout depuis que je suis en fauteuil roulant. Sans elle, je peux perdre une grande partie de ma liberté, telle que je la conçois aujourd’hui. Ménageons la donc !
 J’appelle donc mon assurance et comme la fois dernière, ils s’occupent de tout et me prévoient un rapatriement de Helsinki à Copenhague en avion pour, dimanche. A Copenhague je récupérerai ma voiture pour rentrer sur Lyon (mon épaule devrait me le permettre). Cependant sur le chemin, j’ai quelques impératifs qui sont directement liés au projet et auquel je souhaite répondre présent.
Mon aventure à vélo prend donc fin et c’est le moment qu’a choisi mon corps pour se relâcher. En effet, chose marrante, pendant deux mois j’ai joué avec les limites de mon corps. J’ai affronté des températures hostiles, des nuits plutôt froides et des pluies glaçantes sans jamais tomber malade. Il a suffit d’un petit courant d’air depuis que je suis à Helsinki pour que ça se transforme en rhume avec une toux grasse, des sinus dans le coton et une perte d’énergie flagrante. Il y a deux semaines, j’étais à vélo en plein air, je suis aujourd’hui dans un lit dans un appartement avec une boite de mouchoir et une boite de médicaments à mon chevet.
Ca fait partie de l’aventure…

18/08/2008

La suite des événements

Bonjour à tous,

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Tout d’abord je souhaiterai revenir sur une petite confusion née de mes propos de mon précédent article. En effet, je mentionnais que je vous écrivais de l’hôpital mais je n’y ai cependant pas passé la nuit. Elodie, Lucie et Pierre m’ont quitté sur les coups de 17h00 pour prendre un train pour Helsinki. Moi, j’ai du attendre jusqu’à 1h00 avant de pouvoir enfin être rapatrié sur Helsinki. J’arrive à Helsinki à 3h00, exténué. Les autres, déjà dans un hôtel dans le centre ville, dorment. Les pauvres, il pleuvait des trombes d’eau lorsqu’ils sont arrivés et en plus de ça tous les hôtels étaient complets, ils ont du donc prendre un hôtel qui pratiquent des prix insensés.
Mercredi, nous avons du pain sur la planche… J’accepte de me faire pousser dans les rues de Helsinki. Je n’ai pas le choix avec mon bras en écharpe et cette douleur lancinante au moindre mouvement. C’est la première fois depuis de mon accident, voire peut-être de ma vie, que je me sens autant assisté. Ceux qui me connaissant savent à quel point je déteste me faire pousser. Heureusement que je peux, en serrant les dents, encore prendre ma douche, aller aux toilettes et m’habiller seul. Je ne suis plus maître de mes mouvements, je suis dépendant de celui qui me pousse, je dois avoir confiance en la personne qui m’aide. Mon fauteuil n’étant, volontairement, pas un fauteuil que l’on pousse, cela m’a valu quelques chutes douloureuses dans les premiers temps jusqu’à ce que mes « pousseurs » prennent la main. Au bout de la semaine, Lucie, Elodie et Pierre qui se relayaient pour me pousser ont assimilé tous les pièges qui font mon quotidien et que j’évite en temps normal inconsciemment.
Nous sommes à la recherche d’un vélociste où je pourrais confier Héméra pour un check-up complet. J’espère qu’ils me la rendront en pleine forme. La deuxième mission est de me trouver de nouvelles chaussures. Lucie, Elodie, Pierre étaient révulsés par l’odeur que dégageaient mes jolies baskets orange. A force de prendre la pluie l’odeur était devenue nauséabonde à vous en tirer des larmes. D’autre part, je les avais mises à rude épreuve et un énorme trou sur le pied droit diminuait sévèrement l’imperméabilité, déjà partielle, de mes chaussures. Après les avoir, non sans un pincement au cœur, jeté à la poubelle, me voilà donc en train d’acheter de nouvelles chaussures, jaunes cette fois !
Ce soir nous retrouvons une nouvelle fois Laura et Suvi (que j’avais déjà vu à Pajala). Après un bon dîner, nous retournons à l’hôtel faute d’avoir pu trouver une place dans un autre hôtel. Il y a beaucoup d’animations cette semaine à Helsinki ce qui explique que la ville soit prise d’assaut et que tous les hôtels affichent complet. En revanche pour jeudi et vendredi nous partons pour le camping de Oitta à 20 km de Helsinki. Alors que Lucie, Elodie et Pierre s’y rendent à vélo, moi je passe la journée seule pour les rejoindre en fin d’après midi en taxi.
Pour ce qui est des nuits de samedi et dimanche nous les passerons chez Laura qui nous accueille très gentiment chez elle. Elle nous prépare avec l’aide de Suvi un repas typique finlandais pour le déjeuner de samedi et nous emmène sur un petite île à l’extérieur de Helsinki dimanche.  L’avantage de passer du temps avec des locaux, c’est qu’on sait où aller, on peut savourer des plats finlandais délicieux et on évite tous les pièges à touristes.
Pierre est parti dimanche et lundi Lucie et Elodie l’ont suivi. De façon générale, ils n’ont pas eu de chance car en plus de la pluie, ils ont du subir mon accident bouleversant peut-être l’idée qu’ils s’étaient faite de leur voyage. Je les remercie donc pour leur patience et leur soutien. Il est certain que sans eux, l’accident aurait certainement été vécu différemment. Grâce à eux, je suis aujourd’hui moralement prêt à repartir. Malheureusement, la volonté ne fait pas toujours tout. Aujourd’hui, je suis confronté à mes limites physiques qui m’empêchent de lever mon bras et d’exercer quelque force que ce soit. C’est frustrant, grisant et douloureux!
Je dois attendre, mais jusqu’à quand ! Puisque je ne peux pas attendre indéfiniment, je me suis fixé comme date butoir : vendredi. Au delà de vendredi, je serais obligé d’abandonner car une arrivée est prévue le 31 août à Copenhague et il me reste 750 km entre Stockholm et Copenhague. Moralement, je me sens obligé d’être à cette « arrivée », projet bouclé ou pas… Affaire à suivre !

13/08/2008

Ca fait très mal...

Bonjour à tous,

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Jeudi – Après avoir bien pédalé pendant les jours précédents, nous montons à bord d’un ancien bateau à vapeur rénové qui va nous emmener de Kuopio à Savonlinna. Tandis que Iban et Pierre s’endorment, j’essaie de lutter contre la fatigue pour apprécier le paysage. Nous avons la chance d’avoir beau temps et de pouvoir donc nous installer sur le pont. Le bateau navigue à vive allure tout en laissant le temps de contempler les berges des différents lacs traversés. Ecluse après écluse, heure après heure, nous naviguons heureux de nous reposer. A 19h30, nous arrivons enfin à bon port tout prêt de l’un des plus anciens et plus importants fort de Finlande, vieux de 500 ans. Arrivés à Savonlinna, et grâce à l’aide de l’équipage, nous nous dirigeons vers une île située dans la ville. Celle-ci nous offrira la tranquillité que nous recherchons pour planter notre tente. Nous ne parvenons pas à la trouver et choisissons donc un autre endroit au bord de la route et peu rassurant. Iban part demain et nous répartissons donc les affaires d’Iban, car elles serviront pour Elodie et Lucie qui arrivent samedi. Une fois terminé nous partons avec toutes nos affaires dans le centre de Savonlinna pour manger dans un restaurant un énorme et délicieux plat de poissons. Plus tard nous rencontrons une jeune finlandaise parlant couramment le français qui donne les indications pour nous rendre sur la fameuse île. Nous décidons donc de tenter notre chance à nouveau. Après avoir un peu tourné en rond, nous parvenons à la trouver. Il y fait complètement noir et c’est plein d’arbres. A la lumière de nos torches, nous essayons de trouver un endroit plat et après nous être enfoncé dans l’île, ce qui me semble avoir duré des heures, nous réussissons à trouver un endroit à notre satisfaction.

Vendredi – Iban se lève à 5h00 du matin pour prendre, le bus, puis le train, puis enfin l’avion pour rentrer chez lui. Nous pouvons entendre la pluie qui tombe, mais nous nous rendormons très vite. Plus tard dans la matinée, la pluie tombe toujours et après avoir longuement réfléchi, nous décidons de partir. Il faut plier la tente sous la pluie et se mettre en route sous une pluie battante. Même si la température est agréable, nous sommes sur la nationale et la pluie est accompagnée par les éclaboussures des voitures nous dépassant à pleine vitesse. La camionnette qui arrive soulève une gerbe d’eau monumentale que Pierre et moi nous prenons de plein fouet en plein visage. Rafraîchissant ! Ca fait 30 kilomètres que nous roulons et la pluie change de rythme régulièrement mais ne stoppe jamais. Pierre a les pieds trempés et les mains glacées. Nous choisissons donc de saisir l’opportunité de ce panneau qui indique un refuge à proximité. Nous arrivons dans un lieu féerique au bord d’un lac, caché dans les bois. La pluie n’a toujours pas cessé et nous sommes heureux de pouvoir prendre une douche et de pouvoir faire sécher nos vêtements au coin du feu. La pluie ne cessera que tard dans la nuit.

Samedi – Aujourd’hui, nous devons pédaler en direction de Mikkeli pour rejoindre Elodie et Lucie. Une nouvelle fois la pluie fait partie du jeu. Celle-ci est toutefois moins insistante et nous atteignons notre objectif, sans être trop mouillés à 16h30. Les filles sont là et nous sommes contents de les retrouver. La pluie qui recommence nous incite à trouver rapidement un endroit où dormir. Le camping est en dehors de la ville, risque d’être boueux et bruyant. En effet, un festival de rock (tendance heavy-metal) est organisé à proximité de celui-ci. Nous n’avons donc pas le choix et devons rester à l’hôtel. J’aimerais saisir cette opportunité pour faire une machine mais malheureusement, il n’y a rien de disponible. Je lave donc le minimum à la main.

Dimanche – Je place mes vêtements fraîchement lavés sur ma remorque et nous nous mettons en route. Comme d’habitude, sortir de la ville est un véritable calvaire. Dès que nous parvenons à sortir de Mikkeli, quelques gouttes d’eau nous invitent à nous mettre à l’abris. Protéger par le toit d’une station à essence, la pluie en profite pour tomber de plus belle. Nous attendons plusieurs dizaines de minute avant de reprendre la route. A 16h00, nous n’avons parcouru qu'une vingtaine de kilomètres et la pluie ne cesse de tomber. Quelle meilleure mise en jambe pour les deux filles. Nous déjeunons au bout d’un chemin terreux offrant un magnifique point de vue sur un lac finlandais. Tantôt couvert de nuages et tantôt de ciel bleu, les paysages sont poignants. Nous passerons donc la nuit ici. Nos tentes installées, la pluie nous rafraîchit une dernière fois avant de nous laisser tranquille pour la nuit.

Lundi – Nous nous levons et la pluie commence à battre. Les filles sont arrivées depuis deux jours et elles n’ont pour l’instant connu que la pluie. Après avoir rangé et nettoyé notre site de la nuit dernière, au sec, nous prenons la route. 10 minutes que nous sommes partis et il faut que nous enfilions nos imperméables. Ca ne s’arrêtera donc jamais… A bout de nerf et après 30 km, nous demandons si nous pouvons nous mettre à l’abris chez un paysan. Celui-ci nous propose une petite cabane au fond du jardin qui dispose d’un poêle. Nous nous réchauffons, déjeunons et tentons de faire sécher nos habits. L’heure avance et quand nous demandons si nous pouvons passer la nuit ici, le refus est catégorique. Etrange ! Nous repartons donc et heureusement que la pluie ne tombe plus, nous avons même le droit à quelques rayons de soleil. Nous décidons de camper à Mantyharju , au bord d’un lac. Au loin, de l’autre côté du lac, nous contempler la beauté d’un orage. Nous sommes pour l’instant à découvert, mais le vent transporte avec lui quelques nuages sombres. Les couleurs que prend le ciel sont ténébreuses, mystiques et magiques. Nous n’allons malheureusement pas y échapper. Les premières gouttes tombent du ciel comme pour nous avertir de nous abriter. Ca y est ! Nous sommes dessous ! Ce sont des seaux d’eau qui se déchaînent sur nos tentes. Nos tentes ont du mal à résister et un peu d’eau parvient à passer au travers. Après une heure d’orage à rester sous la tente à attendre que ça se passe, c’est un grand ciel bleu qui couvre le ciel. Ce ciel va-t-il enfin rester bleu ?

Mardi – Ce matin, je me lève et j’ai passé une nuit humide… Conséquence de l’orage d’hier… Je ne suis donc pas en super forme. Je dois réparer mon vélo car le pneu de devant est complètement usé et tout en le changeant, je me rends compte que j’ai un rayon cassé. C’est ma première casse matériel et je n’ai pas de rechange. Je change tout de même le pneu et je changerai mon rayon à la prochaine grande ville. Terminé, je vais pour prendre mon petit déjeuner et mon humeur continue de se dégrader quand je me rends compte que le pot de confiture à exploser dans le paquet mettant de la confiture sur tous les sachets. J’ai mes doigts tout collants et ça a le don de m’énerver. Je sens déjà que la journée ne va pas être bonne… Nous rangeons le matériel et partons. Ca fait 10 kilomètres que nous roulons et au sommet d’une forte montée se profile une fabuleuse mais maudite descente. Nous nous y engouffrons et le pourcentage s’accentue très vite à ne plus pouvoir voir la route. Bizarrement mon fauteuil commence à tanguer. De plus en plus brutalement, j’essaie de reprendre le contrôle avec mon corps mais sans y parvenir… Il tangue maintenant très dangereusement et est maintenant incontrôlable, ma remorque fait des écarts énormes… Je file à plus de 45 km/h… Je n’ai plus le choix… Je freine pour réduire ma vitesse. Et là tout se passe très vite… J’ai très peur… A ce moment là, je sens que quelque chose de très grave peux m’arriver. Je connais cette sensation pour l’avoir déjà vécue mais ce n’est que plus tard que je parviendrai à réaliser à quelle occasion…. J’empoigne alors le frein, bon ou mauvais réflexe, c’est ce que je fais… Ma remorque se retourne et je suis éjecté violemment en dehors d’Héméra. Mon cerveau fonctionne à toute allure et j’ai très peur. Alors qu’Héméra continue sa course dans les hautes herbes du bas côté, moi je glisse les bras en avant et la tête qui suis. Les hautes herbes fouettent le visage à toute vitesse… Enfin, je termine ma course… Elodie, Lucie et Pierre sont autour de moi. Une voiture qui nous suivait s’arrête immédiatement. Je me relève… Je ne ressens aucune douleur. Je dis alors aux automobilistes qu’ils peuvent continuer… Elodie me dit de ne pas bouger sinon, je vais mettre du sang de partout… Donc, je saigne… Mais où ? Tout mon bras est égratigné et chaque mouvement de mon bras gauche me déconseille de recommencer. Je me rapproche d’Héméra qui elle aussi a quelques égratignures et le pédalier semble tordu… La bâche de la remorque est déchiré… J’essaie de remonter sur Héméra mais le pédalier est vraiment endommagé et mon bras me fait terriblement mal. Sur les conseils des filles et de Pierre je me pose donc sur l’herbe et Pierre m’aide à monter mon fauteuil. Les filles font signe à un automobiliste qui appelle l’ambulance.
J’ai mal au bras, tout en pensant que rien n’est cassé, je sais que je ne peux pas repartir. ¾ d’heure plus tard, je suis à l’hôpital. Effectivement, je n’ai rien de cassé mais je me suis blessé aux muscles et tendons. Je n’en saurais pas plus, mais le médecin me déconseille très fortement d’utiliser mon bras gauche pendant une semaine. Donc plus de Héméra ni de fauteuil roulant, que du repos. Ceci ne faisait pas trop parti de mes plans. Avec les autres nous décidons dons que je dois me faire rapatrier sur Helsinki où je pourrais soigner Héméra et me reposer pour repartir. Helsinki est à 200 km, je vous écris de l’hôpital, il est 20h30 et j’attends que mon assurance règle les questions logistiques pour me ramener à bon port.
Je vais bien, ça aurait pu être bien plus grave, j’aurais pu tomber du côté de la route, me cogner la tête, me faire écraser par une voiture… Je me suis fait très peur et je me suis demandé et me demande toujours si c’est la fin de mon projet. La dernière fois que j’ai perdu le contrôle comme ça, j’ai perdu l’usage de mes jambes, je m’estime donc plutôt heureux et surtout soulagé du résultat d’aujourd’hui.

09/08/2008

Je fais du vélo en compagnie d'Iban et Pierre

Bonjour à tous,

Dimanche – Cette fois Iban a bien dormi avec tout son. Pour la journée, nous prévoyons d’aller sur une île qui se trouve à 50 km d’Oulu. Cette petite île n’est accessible que par bateau et se trouve non loin de l’aéroport, ce qui nous permettra d’aller chercher Pierre le lendemain.
Après un jour de pause, il est toujours un peu difficile de reprendre et cette fois-ci ne fera pas exception. Avant de prendre la route, nous passons faire un tour dans un magasin de sport car j’ai besoin de m’acheter un pull. En effet, on a beau être au mois d’Août, les nuits se rallongent et il fait très froid. Pour certains finlandais, le fait que les nuits se rallongent est le signe de l’approche de l’hivers. Je n’ai aucun mal à le croire ! 16h00, chaudement équipés et avec le plein de nourriture, nous sommes prêt à partir. La route est très plate mais j’essaie de me caler sur le rythme d’Iban, ce qui est dur.
Le seul accès possible à l’île vers laquelle nous nous rendons est en prenant le bac. La durée de la traversé est de 25 minutes et nous arrivons sur une île très peu fréquentée. A la recherche d’un endroit où dormir, nous pédalons tout droit sur la seule route insulaire. Il est à peu près 20h00 et avant de nous arrêter, il faut que l’on trouve de l’eau. Les rares habitations sont souvent inoccupées et il nous faut donc chercher un peu. Nos gourdes remplies, nous trouvons un superbe site au bord de l’eau sur une jetée. Le site nous offre en récompense de nos efforts un magnifique coucher de soleil. Ce fut une courte mais intense journée et sous un froid de canard, nous nous endormons.

Lundi – Réveillés par le soleil, il est 5h30 il faut que nous fassions 30km pour arriver à l’aéroport d’Oulu où nous attend Pierre. Il fait 5 degrés et nous pédalons à un rythme élevé afin d’arriver aux environs de 8h00. Fatigué, nous parvenons à rejoindre Pierre à 8h30 et il est paré pour le départ. Mais une nouvelle fois, un incident vient nous perturber. Pierre a tout Ses bagages sauf mon réapprovisionnement en nourriture et en médicaments. Le sac contenant tout ça est resté bloqué à Helsinki car les douanes n’ont pas accepté de le laisser passer en cabine. Il devrait donc arriver avec le prochain vol. Nous décidons de continuer notre route sans le colis en espérant qu’il nous soit livré rapidement. Le climat se réchauffe petit à petit sans atteindre des températures record. Pierre est même surpris par la fraîcheur de l’été finlandais. La région d’Oulu est très agréable pour le vélo avec toujours ce même relief qui contraste tant avec la Norvège !
Pour éviter de nous retrouver au milieu des camions, des camping cars et caravanes, nous empruntons des routes secondaires. Des routes bucoliques traversant la campagne finlandaise avec des faux airs de campagne française me changent une nouvelle fois des paysages vus jusqu’à présent. La route secondaire sur laquelle nous évoluons maintenant depuis notre déjeuner se transforme désormais en chemin de terre. J’entends encore Iban préciser que ça ne peut être que temporaire. Pourtant virage après virage, le revêtement ne change pas, passant de gravier à gravillon, à terre. Ma vitesse est réduite, mes bras forcent et je n’en vois pas le bout. Ca fait maintenant 20km et 3h que nous pédalons dans ces conditions éprouvantes. Un peu plus tôt, dans l’après-midi, Iban a précisé à la compagnie aérienne où nous nous trouvons pour qu’un livreur nous apporte ma valise. Nous sommes donc perdu dans la campagne sur ce chemin caillouteux et on ne sait pas par quel hasard, le livreur a réussi à nous trouver. Nous devons désormais continuer sur cette route avec 10 kg supplémentaires.
Après 30km, et 5h d’intenses efforts et de lutte contre la crise de nerfs, nous parvenons enfin à la fin de notre calvaire. Ce calvaire se termine par une petite frayeur.  Effectivement, la route descend quelque peu et le revêtement est très meuble. Je prends de plus en plus de vitesse et freine… C’est alors que ma caravane chasse pour la première fois… Je perds le contrôle, ma roue passe à quelques millimètres du caniveau et moi d’une grosse peur. Je me retourne pour voir Iban qui a, semble-t-il, eu encore plus peur que moi !
Il est 21h00, et après avoir fait le plein d’eau chez un particulier, nous nous arrêtons dans un champs au bord de la route pour y camper. Ce soir la température sera véritablement polaire avec 8 degrés, beaucoup d’humidité et du vent. Nous trouvons sans problème le sommeil après cette journée physique d’une centaine de kilomètres.

Mardi – Nous sommes prêts à décoller à 10h00 et ciblons Kiuruvesi. Cette étape de 125 kilomètres commencera par du plat et terminera par un relief nettement plus vallonné. Chaque descente est trop courte et chaque montée trop longue. Ce sentiment est d’autant plus vrai en fin de journée avec plusieurs dizaine de kilomètres dans les bras ou dans les jambes. Même si c’est plus éprouvant physiquement, la vue est beaucoup plus variée et intéressante. Aujourd’hui, nous serons surtout confrontés au problème de la langue puisque à plusieurs reprises, nous comprendrons mal les indications des gens et perdrons quelques minutes à nous rendre compte de nos erreurs.
Nous arrivons à 21h00 à Kiuruvesi, plus fatigué que la veille mais avec la récompense d’une bonne douche bien chaude dans un camping situé sur le terrain des pompiers.

Mercredi – Départ 10h00 avec une étape très importante et avec un timing primordiale. En effet, nous devons prendre un bateau jeudi matin à 9h00 qui nous emmènera de Kuopio à Savonlinna. Cet itinéraire, est complètement différent de l’originale et même s’il rajoute quelques kilomètres, il nous évite de prendre les principaux axes routiers et nous fait traverser la célèbre région des 1000 lacs.
Cependant, avant d’en arriver là, il nous faut parcourir 135 km. Quel beau cadeau que cette journée, pour Iban dont c’est l’anniversaire aujourd’hui !
Le relief ressemble beaucoup à celui de la veille en fin de journée. C’est un relief qui casse mon rythme et donne l’impression que la route se dresse en véritable obstacle, voire même en mur infranchissable, à mon retour au bercail. Les 135 km sont d’autant plus durs que nous avons fait énormément d’efforts durant les jours précédents. Nous nous imposons des pauses tous les 30 kilomètres, soit toutes les deux heures. Les kilomètres ont du mal à tomber et nous n’en voyons pas le bout. Notre pause déjeuner à Pielavesi est à 15h00 et nous ne sommes même pas à la moitié du chemin. Moralement, c’est dur. Va-t-on y arriver ?
A 22h30, nous arrivons au camping sur les rotules. Les dernières montées ont été très fatiguantes et nous sommes tellement heureux d’avoir bouclé cette étape. Je ressens un véritable soulagement car d’une part nous avons beaucoup roulé pendant ces trois derniers jours et d’autre part car jeudi est un jour de pause. Qui plus est je me rapproche de plus en plus du sud, les gens deviennent de plus en plus chaleureux et les nuits de plus en plus longues. Je vois le bout de mon voyage, je me rapproche de chez moi. Même s’il me reste encore beaucoup de kilomètres à parcourir, mes étapes devraient être plus courtes car je suis dorénavant moins pressé.

 

04/08/2008

La ville de Oulu

Bonjour à tous,

Jeudi – Je me réveille au bord de la plage après m’être levé pendant la nuit réveillé par des gouttes de pluie sur ma tente. J’ai du donc rapidement sortir pour couvrir mes affaires. Le matin même s’il ne pleut plus, le temps est beaucoup plus couvert que la veille. Je décide tout de même de rester ici pour la journée. Qui dit pause, dit laver le linge, tenir à jour le blog et répondre à quelques mails.  J’aurais le droit à un peu de pluie en fin de journée.

Vendredi – Direction 64km plus au sud à Oulu. Après quelques kilomètres sur la nationale très fréquentée, je bifurque sur une route secondaire bien plus calme. Malgré le froid, je pédale à vive allure grâce à un relief relativement plat. Aux abords d’Oulu, je suis rejoint par un globe trotter allemand. Il a commencé son voyage, il y a 4 mois, en Chine et utilise les transports publics pour se déplacer selon ses humeurs. Aujourd’hui il a loué un vélo pour se balader un peu dans les environs de Oulu et c’est là que nous nous sommes rencontrés. Je suis bouche béé lorsque j’apprends son âge et son histoire. Il a 70 ans a vécu en Allemagne de l’Est pendant la seconde guerre mondiale a passé 2 ans de sa vie en prison pour avoir refusé le service militaire imposé par l’union soviétique. Mais son histoire ne s’arrête pas là puisqu’il a le biceps atrophié suite à la polio, il a perdu l’usage de l’un de ses yeux suite à une  maladie héréditaire et il a eu une tumeur à l’hypophyse et pourtant il se trouve devant moi avec le physique et la pêche d’un homme de 50 ans. Je suis tout simplement impressionné. Il m’invite à déjeuner dans le centre de Oulu et déjà nous devons nous quitter car il faut que j’aille récupérer un ami, Iban, à l’aéroport. Après ¾ d’heure de retard son avion atterri enfin. Mais si lui a fait bon voyage, ses bagages eux n’ont pas du tout fait le voyage. Il se retrouve donc sans tente, ni duvet, ni pédale pour son vélo. Le retour vers Oulu est donc plutôt difficile car il pousse son vélo sans les pédales. A 22h30, nous arrivons enfin au camping de Oulu, la réception de l’hôtel voisin étant fermée. Après avoir demandé à la réception quelques journaux pour nous isoler du sol et une couverture pour qu’il ait chaud, nous sommes prêts pour une nuit très froide. Même si ma tente est prévue pour deux personnes, en pratique c’est beaucoup moins confortable. Nous n’avons pas le choix, il va falloir que je me sers un peu et que j’évite de trop bouger pendant la nuit.

Samedi – Iban a eu un  peu froid et moi j’ai relativement bien dormi bien qu’un peu plus à l’étroit que d ‘habitude. Aujourd’hui, nous espérons qu’il pourra récupérer ses bagages rapidement et nous partons pour visiter la ville de Oulu a 4 kilomètres de marche. Ca me change du vélo, ce ne sont pas du tout les mêmes muscles qui sont sollicités. Je trouve la ville d’Oulu par certains aspects très charmante. Elle allie modernité avec certains bâtiments un peu plus ancien. Nous avons le droit, par moment, à quelques éclaircies qui viennent nous réchauffer le visage par ce temps froid. Nous nous attardons quelque peu à un concert, organisé par des chrétiens, qui est donné juste derrière la bibliothèque municipale pour ensuite continuer notre visite. Au port de la ville, nous gouttons aux poissons fris du marché accompagnés de pommes de terre. Très bon ! La ville n’offre pas d’attraits touristiques particuliers et nous retournons donc rapidement sur le port qui rassemble quelques bars et de plus en plus de jeunes. Les locaux semblent beaucoup plus froids que les gens rencontrés jusqu’à maintenant et ne décrochent pas beaucoup de sourire. Il regardent tous leurs pieds et ne s’excusent pas quand ils vous bousculent. Certains, bien sûrs, font exception pour notre plus grande joie. Je suis, d’autre part, frustré, car moi je suis en pantalon avec une polaire et je me les caille alors que le plus grand nombre de finlandais est en short avec une chemisette sans avoir l'air d'être trop importuné par le froid. Plus le soir approche, plus l’alcool coule à flot dans les bars et sur le port. On assiste alors à de nombreuses scènes comiques. Un chrétien, membre de l’église qui organise le concert, semble parler religion avec un autre jeune homme qui ne paraît pas emballé et s’échauffe rapidement. Plus tard, nous verrons deux finlandais se mettre tout nu pour plonger dans l’eau du port glacée. Beaucoup de gens que nous croisons désormais ont une démarche peu assurée, un regard vide et des paroles décousus ponctuées par des grognements d’homme des cavernes typiques des gens saoules. C’est très durs de voir tout ces gens qui subissent un climat très rude avec des saisons difficiles se réfugier dans l’alcool. Bien sûr, ils ne sont pas tous comme ça mais après une journée passée à Oulu, c’est le sentiment que je ressens. 

Quand nous retournons au camping, les bagages d'Iban sont enfin arrivés. Ouf !

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