« Je fais du vélo en compagnie d'Iban et Pierre | Page d'accueil | La suite des événements »
13/08/2008
Ca fait très mal...
Bonjour à tous,
Jeudi – Après avoir bien pédalé pendant les jours précédents, nous montons à bord d’un ancien bateau à vapeur rénové qui va nous emmener de Kuopio à Savonlinna. Tandis que Iban et Pierre s’endorment, j’essaie de lutter contre la fatigue pour apprécier le paysage. Nous avons la chance d’avoir beau temps et de pouvoir donc nous installer sur le pont. Le bateau navigue à vive allure tout en laissant le temps de contempler les berges des différents lacs traversés. Ecluse après écluse, heure après heure, nous naviguons heureux de nous reposer. A 19h30, nous arrivons enfin à bon port tout prêt de l’un des plus anciens et plus importants fort de Finlande, vieux de 500 ans. Arrivés à Savonlinna, et grâce à l’aide de l’équipage, nous nous dirigeons vers une île située dans la ville. Celle-ci nous offrira la tranquillité que nous recherchons pour planter notre tente. Nous ne parvenons pas à la trouver et choisissons donc un autre endroit au bord de la route et peu rassurant. Iban part demain et nous répartissons donc les affaires d’Iban, car elles serviront pour Elodie et Lucie qui arrivent samedi. Une fois terminé nous partons avec toutes nos affaires dans le centre de Savonlinna pour manger dans un restaurant un énorme et délicieux plat de poissons. Plus tard nous rencontrons une jeune finlandaise parlant couramment le français qui donne les indications pour nous rendre sur la fameuse île. Nous décidons donc de tenter notre chance à nouveau. Après avoir un peu tourné en rond, nous parvenons à la trouver. Il y fait complètement noir et c’est plein d’arbres. A la lumière de nos torches, nous essayons de trouver un endroit plat et après nous être enfoncé dans l’île, ce qui me semble avoir duré des heures, nous réussissons à trouver un endroit à notre satisfaction.
Vendredi – Iban se lève à 5h00 du matin pour prendre, le bus, puis le train, puis enfin l’avion pour rentrer chez lui. Nous pouvons entendre la pluie qui tombe, mais nous nous rendormons très vite. Plus tard dans la matinée, la pluie tombe toujours et après avoir longuement réfléchi, nous décidons de partir. Il faut plier la tente sous la pluie et se mettre en route sous une pluie battante. Même si la température est agréable, nous sommes sur la nationale et la pluie est accompagnée par les éclaboussures des voitures nous dépassant à pleine vitesse. La camionnette qui arrive soulève une gerbe d’eau monumentale que Pierre et moi nous prenons de plein fouet en plein visage. Rafraîchissant ! Ca fait 30 kilomètres que nous roulons et la pluie change de rythme régulièrement mais ne stoppe jamais. Pierre a les pieds trempés et les mains glacées. Nous choisissons donc de saisir l’opportunité de ce panneau qui indique un refuge à proximité. Nous arrivons dans un lieu féerique au bord d’un lac, caché dans les bois. La pluie n’a toujours pas cessé et nous sommes heureux de pouvoir prendre une douche et de pouvoir faire sécher nos vêtements au coin du feu. La pluie ne cessera que tard dans la nuit.
Samedi – Aujourd’hui, nous devons pédaler en direction de Mikkeli pour rejoindre Elodie et Lucie. Une nouvelle fois la pluie fait partie du jeu. Celle-ci est toutefois moins insistante et nous atteignons notre objectif, sans être trop mouillés à 16h30. Les filles sont là et nous sommes contents de les retrouver. La pluie qui recommence nous incite à trouver rapidement un endroit où dormir. Le camping est en dehors de la ville, risque d’être boueux et bruyant. En effet, un festival de rock (tendance heavy-metal) est organisé à proximité de celui-ci. Nous n’avons donc pas le choix et devons rester à l’hôtel. J’aimerais saisir cette opportunité pour faire une machine mais malheureusement, il n’y a rien de disponible. Je lave donc le minimum à la main.
Dimanche – Je place mes vêtements fraîchement lavés sur ma remorque et nous nous mettons en route. Comme d’habitude, sortir de la ville est un véritable calvaire. Dès que nous parvenons à sortir de Mikkeli, quelques gouttes d’eau nous invitent à nous mettre à l’abris. Protéger par le toit d’une station à essence, la pluie en profite pour tomber de plus belle. Nous attendons plusieurs dizaines de minute avant de reprendre la route. A 16h00, nous n’avons parcouru qu'une vingtaine de kilomètres et la pluie ne cesse de tomber. Quelle meilleure mise en jambe pour les deux filles. Nous déjeunons au bout d’un chemin terreux offrant un magnifique point de vue sur un lac finlandais. Tantôt couvert de nuages et tantôt de ciel bleu, les paysages sont poignants. Nous passerons donc la nuit ici. Nos tentes installées, la pluie nous rafraîchit une dernière fois avant de nous laisser tranquille pour la nuit.
Lundi – Nous nous levons et la pluie commence à battre. Les filles sont arrivées depuis deux jours et elles n’ont pour l’instant connu que la pluie. Après avoir rangé et nettoyé notre site de la nuit dernière, au sec, nous prenons la route. 10 minutes que nous sommes partis et il faut que nous enfilions nos imperméables. Ca ne s’arrêtera donc jamais… A bout de nerf et après 30 km, nous demandons si nous pouvons nous mettre à l’abris chez un paysan. Celui-ci nous propose une petite cabane au fond du jardin qui dispose d’un poêle. Nous nous réchauffons, déjeunons et tentons de faire sécher nos habits. L’heure avance et quand nous demandons si nous pouvons passer la nuit ici, le refus est catégorique. Etrange ! Nous repartons donc et heureusement que la pluie ne tombe plus, nous avons même le droit à quelques rayons de soleil. Nous décidons de camper à Mantyharju , au bord d’un lac. Au loin, de l’autre côté du lac, nous contempler la beauté d’un orage. Nous sommes pour l’instant à découvert, mais le vent transporte avec lui quelques nuages sombres. Les couleurs que prend le ciel sont ténébreuses, mystiques et magiques. Nous n’allons malheureusement pas y échapper. Les premières gouttes tombent du ciel comme pour nous avertir de nous abriter. Ca y est ! Nous sommes dessous ! Ce sont des seaux d’eau qui se déchaînent sur nos tentes. Nos tentes ont du mal à résister et un peu d’eau parvient à passer au travers. Après une heure d’orage à rester sous la tente à attendre que ça se passe, c’est un grand ciel bleu qui couvre le ciel. Ce ciel va-t-il enfin rester bleu ?
Mardi – Ce matin, je me lève et j’ai passé une nuit humide… Conséquence de l’orage d’hier… Je ne suis donc pas en super forme. Je dois réparer mon vélo car le pneu de devant est complètement usé et tout en le changeant, je me rends compte que j’ai un rayon cassé. C’est ma première casse matériel et je n’ai pas de rechange. Je change tout de même le pneu et je changerai mon rayon à la prochaine grande ville. Terminé, je vais pour prendre mon petit déjeuner et mon humeur continue de se dégrader quand je me rends compte que le pot de confiture à exploser dans le paquet mettant de la confiture sur tous les sachets. J’ai mes doigts tout collants et ça a le don de m’énerver. Je sens déjà que la journée ne va pas être bonne… Nous rangeons le matériel et partons. Ca fait 10 kilomètres que nous roulons et au sommet d’une forte montée se profile une fabuleuse mais maudite descente. Nous nous y engouffrons et le pourcentage s’accentue très vite à ne plus pouvoir voir la route. Bizarrement mon fauteuil commence à tanguer. De plus en plus brutalement, j’essaie de reprendre le contrôle avec mon corps mais sans y parvenir… Il tangue maintenant très dangereusement et est maintenant incontrôlable, ma remorque fait des écarts énormes… Je file à plus de 45 km/h… Je n’ai plus le choix… Je freine pour réduire ma vitesse. Et là tout se passe très vite… J’ai très peur… A ce moment là, je sens que quelque chose de très grave peux m’arriver. Je connais cette sensation pour l’avoir déjà vécue mais ce n’est que plus tard que je parviendrai à réaliser à quelle occasion…. J’empoigne alors le frein, bon ou mauvais réflexe, c’est ce que je fais… Ma remorque se retourne et je suis éjecté violemment en dehors d’Héméra. Mon cerveau fonctionne à toute allure et j’ai très peur. Alors qu’Héméra continue sa course dans les hautes herbes du bas côté, moi je glisse les bras en avant et la tête qui suis. Les hautes herbes fouettent le visage à toute vitesse… Enfin, je termine ma course… Elodie, Lucie et Pierre sont autour de moi. Une voiture qui nous suivait s’arrête immédiatement. Je me relève… Je ne ressens aucune douleur. Je dis alors aux automobilistes qu’ils peuvent continuer… Elodie me dit de ne pas bouger sinon, je vais mettre du sang de partout… Donc, je saigne… Mais où ? Tout mon bras est égratigné et chaque mouvement de mon bras gauche me déconseille de recommencer. Je me rapproche d’Héméra qui elle aussi a quelques égratignures et le pédalier semble tordu… La bâche de la remorque est déchiré… J’essaie de remonter sur Héméra mais le pédalier est vraiment endommagé et mon bras me fait terriblement mal. Sur les conseils des filles et de Pierre je me pose donc sur l’herbe et Pierre m’aide à monter mon fauteuil. Les filles font signe à un automobiliste qui appelle l’ambulance.
J’ai mal au bras, tout en pensant que rien n’est cassé, je sais que je ne peux pas repartir. ¾ d’heure plus tard, je suis à l’hôpital. Effectivement, je n’ai rien de cassé mais je me suis blessé aux muscles et tendons. Je n’en saurais pas plus, mais le médecin me déconseille très fortement d’utiliser mon bras gauche pendant une semaine. Donc plus de Héméra ni de fauteuil roulant, que du repos. Ceci ne faisait pas trop parti de mes plans. Avec les autres nous décidons dons que je dois me faire rapatrier sur Helsinki où je pourrais soigner Héméra et me reposer pour repartir. Helsinki est à 200 km, je vous écris de l’hôpital, il est 20h30 et j’attends que mon assurance règle les questions logistiques pour me ramener à bon port.
Je vais bien, ça aurait pu être bien plus grave, j’aurais pu tomber du côté de la route, me cogner la tête, me faire écraser par une voiture… Je me suis fait très peur et je me suis demandé et me demande toujours si c’est la fin de mon projet. La dernière fois que j’ai perdu le contrôle comme ça, j’ai perdu l’usage de mes jambes, je m’estime donc plutôt heureux et surtout soulagé du résultat d’aujourd’hui.
Commentaires
Courage Yves, on pense bien à toi et on espère que tout s'arrangera rapidement !!
Noémie, Guillaume et Zoé.
Ecrit par : Noémie Clément | 13/08/2008
Vu la photo et le titre, j'ai lu en diagonale pr arriver au plus vite à ce qui t'es arrivé ! Je suis de tout coeur avec toi. Repose-toi bien et tiens nous au courant de la suite. N'oublie pas que tout ce que tu as parcouru, c'est déjà exceptionnel !
De grosses bises et plein de courage.
Ecrit par : Alix | 13/08/2008
Salut Yves
Reposes toi à fond, regarde de l'avant et surtout sans oublier ce que tu as déjà réalisé.
ne perds pas confiance et motivation, va au bout, je suis certain que tu as la force de continuer.
prends toi une semaine de off et ne te décourages pas. Faut pas lacher l'affaire!
Je pense fort à toi Yves
plein de courage.
Je sais que tu vas y arriver
amitiés
pierre
Ecrit par : pierre | 13/08/2008
Quelle frousse! Heureusement tu n'as pas trop été blessé. Je suis contente que tu n'aies pas été seul à ce moment là! Remets toi bien, repose toi puisque tu dois reposer ton bras pendant une semaine, et donne vite des infos sur ton état.
Gros bisous et encore bravo pour tout ce que tu as déjà fait (ce n'est pas fini, j'en suis sure!).
Ecrit par : Adeline | 13/08/2008
Salut Yves!
je te suis à distance et dois dire que je suis admiratif de ce que tu fais.
bises,
jérémie
Ecrit par : Jérémie | 13/08/2008
Salut Yves, dommage que ca t'arrive presque a la fin, repose toi bien et continue, ca serait dommage d'abandonner maintenant.
J'espere the voir debut Septembre a Paris.
A bientot
Antoine
Ecrit par : Antoine | 13/08/2008
Bonjour Yves
Un petit mot pour t'encourager à bien te reposer ! ce n'est pas rien ce qui t'est arrivé, mais heureusement rien de trop grave. Donc prends le temps de te soigner, de recharger les batteries et je suis sûre que tout se passera bien pour la suite.
Courage, keep the faith et à bientôt
Bien amicalement,
Gaëlle
Ecrit par : Gaëlle SIX | 13/08/2008
Hello Mecton,
En regardant le bon coté des choses, une semaine à te reposer ne peut pas te faire trop de mal ! J'espère que tu pourras reprendre au plus vite la suite de tes aventures car je ne saurais me passer trop longtemps de tes newsletters !
Encore bravo pour ce que tu as déjà fait. Bon courage pour la suite, et à bientôt,
Thib
Ecrit par : Thibault | 14/08/2008
Bonjour Yves,
C'est déjà un exploit que tu as réalisé, bon courage repose-toi
Amitié
Ecrit par : kolosyki | 14/08/2008
Coucou Yves,
Mets bien "à profit" ce repos forcé, recharge les batteries.
Plein de courage car le projet n'est pas fini!
Gros bisous
Ecrit par : Céline | 15/08/2008
Bon... Un peu d'imprévu dans cette magnifique histoire. Sache que le suspense est le gage des meilleurs films.
Peut-être y avait-il quand même un moyen plus simple d'aller draguer les infirmières finnoises non?
Courage & Témérité.
Ecrit par : Xavier & Charlotte | 17/08/2008
Bonjour Yves,
je rentre de vacances et découvre tes derniers récits de voyage... que d'émotions! Bon courage pour les jours à venir, j'espère que tu seras vite rétabli pour finir en beauté ton formidable projet et nous revenir en forme à Paris!
A ce sujet, nous comptons faire une soirée CEMS le 4 septembre, picnic sur champ de mars s'il fait beau, seras-tu dispo pour venir nous raconter tes aventures scandinaves?
A bientôt, et bonne chance pour ces dernières semaines,
Anouck
Ecrit par : Anouck | 18/08/2008
Ecrire un commentaire