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30/07/2008
Camping sauvage, barbecue, pêche...
Bonjour à tous,
Dimanche – C’est un jour de pause. Je suis très fatigué des deux derniers jours et c’est donc avec plaisir que je profite de ma journée et du soleil en compagnie de Claudia et Thomas. Nous passons tout le dimanche ensemble.
Lundi – Il est temps de se remettre en route. Nous quittons Rovaniemi et empruntons une route très calme le long de la rivière Kemijoki. Même si le temps est légèrement couvert durant la matinée, l’après–midi est nettement plus ensoleillé. Nous avons deux styles de pédalages totalement différents et nous nous adaptons au rythme de l’autre. Claudia et Thomas vont bien entendu bien plus vite que moi et ils réduisent donc leur vitesse pour rester avec moi. Ils ont l’habitude de profiter beaucoup plus de leur pause et c’est donc avec bonheur que je profite aussi des miennes. Pédaler à trois est plus convivial que tout seul, nous alternons grandes discussions et grand silence. Vers 18h00 nous décidons de nous arrêter pour essayer de pêcher dans le fleuve. Tandis que la première tentative est fructueuse, les autres ne seront que déception. Même si Thomas est tout content ainsi que Claudia et moi, d’avoir pêché ce poisson, il est bien trop petit pour tous nous nourrir.
Il est maintenant tard et plutôt que de chercher un nouvel endroit, nous préférons rester ici pour passer la nuit. Il faut cependant trouver le bon endroit où planter la tente ni trop près du feu, ni dans un endroit infesté de moustiques, sur une surface ni trop molle, ni trop dure et dans laquelle les piquets se plantent aisément. Nous parvenons à trouver notre site et, malheureusement, il est à l’ombre. Nous dînerons donc au coin du feu, profitant de la vue magnifique du bord de rivière.
Maintenant que nous descendons vers le sud et que nous nous «rapprochons » de l’hivers, les jours se raccourcissent, si bien que lorsque nous nous couchons, le soleil est déjà passé derrière l’horizon. Toujours pas de nuit mais un ciel coloré entre le bleu et le rouge accompagne notre nuit. Une fois dans ma tente, je suis obligé d’utiliser pour la première fois, ma frontale. Le ciel vierge de nuages, toute la chaleur accumulée par la terre pendant la journée s’échappe d’où une nuit frisquette, mais emmitouflé dans mon duvet, je parviens tout de même à trouvé mon sommeil.
Mardi – Le soleil commence à transformer nos tentes en sauna et nous sommes donc contraints d’en sortir vers 8h00. Après un déjeuner au soleil, nous partons pour notre journée. Le but est de camper près de Kemi, et si possible au bord de la mer.
La descente vers la mer va nous faire traverser des paysages bucoliques pas très différents de nos campagnes françaises. De vastes prairies très fleuries longent la route, des maisons et des fermes de plus en plus régulières se dessinent sur ce paysage légèrement vallonné. Au milieu de tout ça coule toujours l’imperturbable Kemijoki.
Aujourd’hui, je me rends compte que j’ai mal calculer mon réapprovisionnement et je suis à court de déjeuner, il faut donc que nous passions au supermarché afin d’acheter le nécessaire. Une fois nos caddies bien remplis, nous déjeunons sur le parking du supermarché et je me rends compte que je n’ai pas eu aussi chaud depuis bien longtemps. Claudia et Thomas m’ont apporté le soleil dont j’avais besoin depuis si longtemps. L’estomac bien rempli, nous pédalons jusqu’à Keminma, pour trouver une nouvelle fois un supermarché en vue du barbecue de ce soir.
Désormais, il faut trouver le bord de mer. Après plusieurs kilomètres en quête de notre objectif, nous posons pied à terre aux environs de 19h00. Heureux de pouvoir contempler la mer sous un soleil radieux, Thomas se met au travail pour produire suffisamment de braises pour faire cuire nos viandes. Le repas est copieux et après nous être sommairement lavé dans la mer à l’eau très fraîche nous allons nous coucher.
Mercredi – Une nouvelle fois réveillé par le soleil tambourinant sur nos tentes, nous prenons notre dernier petit déjeuner ensemble. Claudia et Thomas partent en direction de la Suède alors que moi je pars pour Oulu en Finlande, où me rejoignent deux amis. Le premier repas de la journée dans l’estomac, je dis au-revoir à mes compagnons de route. Je les retrouverais peut-être plus tard à Stockholm car ils y seront pendant les mêmes jours que moi. En attendant, je suis surpris de voir à quel point leur départ me touche. On se lie rapidement d’amitié avec des gens qui partagent les mêmes épreuves. Deux jours ont suffit pour que je m’attache à leur présence. Pédaler à plusieurs fait passer les journées rapidement, c’est une motivation supplémentaire et ça me permet de partager mes émotions ainsi que d’écouter les leurs. Le fait que nous ayons le même âge et bien que nos centres d’intérêt et opinions soient différents, nous avons beaucoup échangé tant sur l’expérience du cyclotourisme que sur des questions plus personnelles. J’ai vraiment passé deux trois jours agréables et ils représentent une nouvelle rencontre après José, Daniel et tous les autres qui marque mon voyage.
Les premiers kilomètres seuls sont durs et les émotions que je ressens sont fortes, le fait d’être à nouveau seul est difficile à accepter. Très vite, je retrouve mes repères et j’arrive donc à Kemi. Comme à chaque fois que je suis dans une ville, j’ai du mal à en trouver la sortie.
Ma route d’aujourd’hui va longer la mer mais je suis sur une sorte de nationale sur laquelle les automobilistes très nombreux me doublent à toute allure. Certains camions passent à quelques centimètres de mes bras et l’espace sur le côté de la route est très étroit et de mauvaise qualité.
Il est 17h00, je ne suis plus qu’à 60 kilomètres de Oulu et je trouve un camping au bord de la mer. Je ne souhaite pas prendre le risque d’aller plus loin et je décide donc de m’arrêter pour la nuit au camping de Merihelmi. Je plante ma tente à 20 mètres du bord de la mer et j’oriente l’ouverture de ma « chambre » en direction de l’eau. Je vous écris actuellement de ma tente avec cette vue magique en attendant de pouvoir assister au coucher de soleil.
Je suis à nouveau heureux, me sens libre et le cœur léger.
22:16 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
27/07/2008
250 km en 2 jours
Bonjour à tous,
Vendredi – J’ai très bien dormi dans ma petite chambre, bien au chaud et bien confortable. Malheureusement, la météo me joue encore des tours puisqu’il faisait un temps merveilleux en me couchant et maintenant tout le ciel est couvert.
Je pars à 10h00 (heure locale) en direction de Sodankyla, a plus de 120 kilomètres de là. Je n’ai pas trop le choix car la région n’est pas très peuplée et il n’y a donc pas beaucoup de villages, ni de campings. Le relief n’est pas trop contraignant, mais en revanche je suis très vite rafraîchit par une bruine qui s’intensifie dès que j’enfile mon équipement de pluie. A quelques reprises, de petits rayons de soleil me réchauffent avant de laisser place de nouveau à de la bruine. Je prends mon déjeuner rapidement entre deux gouttes de pluie, je change de T-shirt pour un tout propre, tout sec et repars tout de suite de plus belle pour pédaler l’autre moitié de mon parcours. Devant moi, le ciel semble enfin se découvrir et je décide donc d’enlever mes protections de pluie. En se faisant, je m’aperçois de l’état du ciel derrière moi. Celui-ci est d’un sombre à faire peur mais je fais le choix de continuer tout en priant pour qu’il ne se mette pas à pleuvoir une nouvelle fois. Quelques minutes plus tard, je reçois une goutte puis deux… Avec l’état du ciel, j’opte cette fois pour la prudence et me protège de façon adéquate. Très vite, la pluie me fait entendre raison et les gouttes se font de plus en plus insistantes. Le relief est très plat et je peux donc continuer à avancer à vive allure. Un éclair cisaille le ciel et le tonnerre se met immédiatement à résonner dans les nuages… La lumière devient alors ténébreuse et c’est des litres d’eau qui s’abattent soudain sur moi… Je ne vois plus à 10 mètres devant moi, le bruit de la pluie qui s’écrase sur la chaussée me rend sourd à tout autre bruit. Il y a déjà 2 centimètres d’eau parterre. Je suis obligé de tenir le col de ma veste serré dans les dents pour empêcher l’eau de pénétrer par le col. Je sens les premières gouttes qui malgré mes protections passent dans les manches et le long de ma fermeture éclair. Il n’y a rien à faire… Il faut juste serrer les dents et attendre que l’orage passe. 15 minutes ont passé et il commence à s’éloigner pour laisser derrière lui un ciel bleu et un soleil très apprécié. Il me reste 40 kilomètres, mais il ne semble plus y avoir de menaces orageuses.
J’arrive à 20h00 à Sodankyla bien content d’avoir atteint mon but. Je demande si le réceptionniste vend des petits snacks, ce qui me permettrait de reprendre un peu des forces pour monter ma tente. Mais non ! Je décide donc de vite monter ma tente pour me préparer le dîner. Quelques minutes plus tard le réceptionniste vient me voir et m’offre par hospitalité un panini que j’engloutis gloutonnement mais avec délicatesse. Ma journée est terminée et il faut que je me repose pour être en forme pour l’étape du lendemain.
Samedi – Vais-je être capable de faire ainsi que je le prévois les 130 kilomètres qui me séparent de Rovaniemi ?
Pour ce faire, il faut que je me prépare rapidement. Après la dure journée de la veille, j’ai tout de même du mal à partir avant 10h30. D’autant plus que je rencontre une nouvelle contrainte qui altère le confort de mon voyage. Après les insectes et les moustiques, le climat et la pluie, le relief et les montagnes, voici mes pieds et leur odeur. Effectivement, le fait d’avoir les chaussures souvent mouillées, à cause de la pluie, et d’être obligé de les enfiler le matin avant d’attendre qu’elle ne sèche ne pardonne pas. Je ne peux plus passer le nuit avec mes chaussures sous la tente, elles sont obligées de dormir dehors vite rejointes par mes chaussettes qui ne durent pas plus d’une journée. Je profite des quelques moments de soleil pour retirer mes chaussures et les aérer sur la remorque en espérant que ça réduise les odeurs !
130 kilomètres, c’est très long et heureusement que le relief ainsi que le climat ne me sont pas défavorables. La E75 que je suis déjà depuis Inari est de plus en plus encombrée à l’approche de Rovaniemi. Juste avant d’arriver, je passe le cercle polaire. Celui-ci est un peu plus animé que la fois précédente. Peut-être justifié par la présence de la maison du père Noël. Je n’ai cependant pas le courage de m’arrêter pour le visiter aujourd’hui, il est déjà 19h00 et je ne souhaite qu’une chose : arriver.
C’est 10 kilomètres plus tard que je parviens enfin à boucler mon étape. Je m’installe après ces deux journées épuisantes et un cyclotouriste vient se présenter. Il est français s’appelle Thomas et est accompagné de sa femme roumaine Claudia. Ca me fait le plus grand bien de partager ma journée en français. Après une bonne douche régénératrice, nous décidons d’aller boire une bonne bière finlandaise en ville. Le temps de cette bière, j’oublie un instant le vélo et nous partageons toute la soirée nos expériences. Je m’endors un peu saoule mais heureux et surtout exténué. Dimanche, je fais une pause !
18:39 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
24/07/2008
De retour sur mon vélo!
Bonjour à tous,
Se connecter à internet n’est pas toujours une mince affaire. J’aurais normalement depuis le temps profité du passage de mes parents pour partager quelques sentiments sur le voyage, mais finalement je pense que je garderais ça pour le retour, maintenant je préfère vous parler de mes journées folles en vélo !
Lundi – La dernière fois que j’ai pédalé c’était dimanche en huit, j’ai maintenant les bras qui réclament leur dose quotidienne d’effort. Il est temps maintenant pour moi de quitter, après des vacances très agréables en leur compagnie, mes parents. Ils partent en direction du port de Kirkenes pour rentrer en France alors que moi je m’éloigne de Kirkenes par la route. Le but final est le même mais tandis que eux vont mettre 5 jours pour rentrer, moi je vais en mettre plus de 30. Je n’aime pas les au-revoirs donc le temps de décharger Héméra à l’abris d’une station service et je suis parti. On ne se retourne pas, on ne pense à rien et je me dis que je les reverrais très vite. Après avoir eu de la compagnie pendant une grosse semaine, c’est difficile de se retrouver comme ça, seul. Surtout que le temps n’est pas vraiment propice à me faire sourire, puisqu’il fait froid et il bruine. Pour corser le tout, le relief n’est pas des plus agréables.
Aujourd’hui, c’est une petite étape de 40 km, je m’arrête juste avant la frontière finlandaise à Neiden pour dépenser mes dernières couronnes norvégiennes. Ca fait longtemps que je n’ai pas monté ma tente mais le coup de main revient très vite et c’est bizarre de retrouver toutes mes petites habitudes. Elles commencent par le montage de la tente dès l’arrivée, puis rapidement une bonne douche bien chaude. Une fois tout propre et chaudement vêtu je peux m’atteler à la préparation du dîner au pied de ma tente. Ce soir je n’ai rien à faire, il n’y a pas internet et quelque peu cafardeux je décide donc de me mettre au lit alors qu’il n’est que 18h ! Je m’endors très vite mais je me réveillerai à plusieurs reprises pendant la nuit notamment à cause de la pluie qui martèle ma tente.
Mardi – Il a plu une grande partie de la nuit et quand je me réveille à 6h00, il recommence à pleuvoir. J’en profite donc pour me rendormir. A 9h30, je me réveille à nouveau, la pluie a cessé mais je suis à la bourre. Je plie donc mes bagages et me voilà sur la route 1h30 plus tard. Je pédale sans trop de but, je ne sais pas trop où je vais m’arrêter. Le relief n’est pas trop difficile et il semblerait que j’ai la chance de passer soit après, soit avant la pluie. J’ai même le droit à quelques rayons de soleil. Avec le soleil, viennent les moustiques et de nouveaux amis. Ces nouveaux amis font la taille de mon pouce, tournent autour de mon vélo très vite et de façon de plus en plus rapproché, ils me foncent parfois dessus, sur le visage ou sur les bras. Ils sont très agressifs et ne me lâchent pas d’une semelle. Tout le monde connaît les taons de réputation et je ne souhaite pas du tout goûter à leurs piqûres. A chaque fois qu’il y en a un qui s’approche, mon sang se glace, une décharge électrique remonte ma colonne et tout mes poils se hérissent. Un vent de panique me dicte donc d’accélérer, mais il y a rien à faire, je n’arrive pas à les distancer !
Il est maintenant 19h00 heure française mais 20h heure locale et il est donc temps pour moi de m’arrêter pour la nuit. Avec 90km dans les pattes, je suis exténué et au premier endroit je m’arrête. La propriétaire fort aimable me propose de rester dans un appartement plutôt que de rester sous la tente, pour le même prix. J’ai beau être vaillant, j’accepte sa proposition. L’appartement est fournit avec un sauna. J’y fais un petit tour juste avant de me coucher. Je peux entendre alors ma mère me mettre en garde : « attention, tu ne vas pas arriver à t’endormir ! ». Têtu, je ne l’écoute pas et me voilà à me retourner dans mon lit pendant quelques heures avant de trouver enfin le sommeil. Pour trouver le sommeil, je me suis amusé à regarder les moustiques qui tentaient de percer le triple vitrage pour venir me piquer.
Mercredi – J’ouvre les yeux à 8h00 et il pleut à grosse goutte. A 11h00, je les ouvre à nouveau. Certes il ne pleut plus mais je suis vraiment à la bourre.15km vont tout de même se faire sous la pluie. Je remercie mes parents qui pour remédier à mon problème avec la pluie sont allés prendre conseil auprès de Vélo & Oxygen. Ceux-ci leur ont fourni un pantalon et une veste qui se sont avérés très pratique aujourd’hui. Mes parents m’ont d’ailleurs aussi apporté un autre duvet, un peu plus chaud mais un peu plus lourd que le précédent. Au lieu de dormir avec un bonnet, des gants, des collants et une polaire, maintenant je ne dors plus qu’en caleçon et T-shirt. Quel bonheur !
60km et je m’arrête dans un camping au bord du lac Inari. Je rencontre un couple d’allemand, pendant que je dîne, qui eux vont au Cap Nord. Le mari est le président de la ligue paralympique allemande. C’est marrant ! Il insiste pour que je m’inscrive aux jeux paralypiques de 2012 à Londres. C’est à méditer ! Après ce repas très agréable, je pars en direction de ma tente avec une petite appréhension car le sol était totalement détrempé à cause de la pluie. Heureusement, je me suis inquiété pour rien et je m’endors comme un bébé.
Jeudi – Je ne me suis toujours pas mis à l’heure locale et ma montre, au demeurant super jolie, et d’une qualité qui dépasse ce à quoi je m’attendais, est toujours sur l’heure française. Il est 10h30 heure locale et il est grand temps de partir et sans plus tarder je me mets en selle. L’inconvénient de la région où je me trouve, est qu’il y a très peu de village et les campings ne sont pas toujours indiqués, de façon précise, sur ma carte donc j’improvise toujours un peu ma nuit au fur et à mesure de la journée.
J’ai une matinée très productive et je déjeune à Ivalo, toujours au bord du lac Inari, qui se trouve à 40km de la ville Inari. Ce lac fait partie des 5 plus grands lacs d’Europe avec une longueur de plus de 100km et un nombre d’îles avoisinant les 2000. Parfois la route longe les abords de ce lac, ce qui me permet d’apprécier toute son étendue et la beauté des paysages alentours. Quand je ne suis pas au bord du lac, je suis sur la nationale, sans arrêt dépassé par les automobilistes avec des sapins à droite, des sapins à gauche, des sapins derrière et des sapins devant…
Après le déjeuner je repars avec pour objectif une trentaine de kilomètres, mais je n’arrive pas à avancer. Je force, je me fatigue, si bien que je n’arrive pas à me concentrer sur autre chose. Soudain, je me dis que je suis en train de vivre le contre coup de mon trajet aller et que mon corps est tout simplement exténué. Après avoir pédalé comme ça pendant deux heures, je me retourne pour m’apercevoir avec bonheur qu’en réalité j’étais sur un très léger faux plat et qu’il n’y avait pas lieu de s’inquiéter. En revanche lorsque je me suis retourné à nouveau pour faire face à la route, je deviens blême en m’apercevant que la route devant moi, grimpe. Cette fois-ci ce n’est plus du faux plat, mais belle et bien une côte qui au final fait 3km. A son sommet, j’assiste une nouvelle fois à un changement de végétation, il n’y a en effet qu’une végétation clairsemée et de violentes bourrasques de vent viennent ébouriffer le peu de cheveux qu’il me reste sur le caillou. Je rencontre aussi deux allemands qui me confient que selon eux le prochain camping est à 92km. C’est pourquoi quand je vois la signalisation indiquant la présence d’un hôtel tout proche, je saisis l’opportunité. Je loge dans une petite cabine traditionnelle avec ces énormes rondins de bois qui font office de murs. C’est très charmant et ça offre des capacité isolante ahurissante. Je me laisse séduire une nouvelle fois par leur repas local. A chaque fois que je l’essaie, il a un goût différent. De la purée de pommes de terre, du renne et une confiture de groseille. J’y prends goût !
20:01 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
23/07/2008
tout va bien
Bonjour a tous,
Ce soir c´est une news tres peu conventionnelle que je vous ecris car l´acces a internet se fait a partir d´un ordinateur qui n´est pas le mien et dont le clavier est en finlandais. Je prefere vous dire donc que je resumerais toutes mes journees dans les prochains jours. Je vous rassure aussi tout va bien, mes parents sont repartis depuis lundi et j´ai donc renoue avec le velo depuis. Les moustiques, la pluie et le relief sont tous la au rendez-vous.
J´espere a tres bientot pour des nouvelles un peu plus developpees.
21:28 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17/07/2008
Certaines choses qui gâchent la nature...
Bonjour à tous,
J’aimerais profiter du fait que je ne pédale pas pour aborder certains points plutôt que de vous décrire mes journées en voiture et mes visites touristiques. Vous trouverez toutefois dans l’album « break touristique » certaines de mes photos sur ces visites touristiques avec mes commentaires. J’espère qu’elles vous aideront à vivre avec moi l’expérience unique que je vis en ce moment.
Le sentiment prépondérant pendant toutes ces visites est l’excitation. excité d’être autant au nord et d’être dans des régions si éloignées de la France. La Suède, la Norvège et la Finlande ont beau être des pays industrialisés, ils offrent encore une très belle et grande nature et certaines régions offrent une très faible densité. Trois pays avec une population totale de moins de 20 millions d’habitants dans une superficie qui représente à peu près deux fois la France. Il y a donc certaines régions dans lesquelles vous vous sentez vraiment seul. Ma condition ne me permet pas d’aller dans des régions trop reculées du à des problèmes d’accessibilité, mais il m’arrive toutefois de ressentir le sentiment d’être seul au monde. Ce sentiment vous prend par les tripes et pourrait même faire peur dans certaines conditions. Je pense notamment pendant les hivers enneigés et rigoureux.
Je pensais que le Cap Nord allait me procurer ce sentiment mais au vue du nombre de touristes c’était illusoire ! En revanche j’ai pu ressentir cette solitude à de nombreuses reprises, sur les routes lorsque je n’entendais plus les voitures mais uniquement la nature. Un ruisseau coule dans l’herbe ou dans la roche, les oiseaux chantent du haut de leurs arbres, le vent souffle, la pluie tombe. Je l’ai aussi ressenti dans certains villages avec mes parents. On se regarde, on sourit et on se demande où on se trouve. Pourrait-on habiter dans ce petit village dans lequel il n’y a pas un bruit, où tout le monde semble être réfugié chez soi, où l’accès ne se fait que par une route ? Parfois, il n’y a pas de route et le seul accès se fait en bateau. Certaines maisons, certains cottages ne sont accessibles qu’en moto neige en hivers ou en barque pendant l’été.
Dans ces situations, je me sens proche de la nature, et surtout prisonnier de la nature, c’est elle qui décide du climat, du relief et je ne peux rien faire contre ce qu’elle choisit. Les jours de pluie et les régions montagneuses que j’ai pu traverser sont là pour illustrer mes propos.
Ce que je veux dire maintenant peut peut-être paraître vieux jeu et être du réchauffé, mais je suis tout de même choqué de voir ce que certaines personnes font de cette nature. Il m’est arrivé trop souvent de voir dans ces petits villages des décharges improvisées dans lesquelles vous trouvez de tout. Tout est laissé à l’abandons. J’ai pu voir dans des eaux bleues turquoises de vieilles baignoires, d’anciens bidons complètement rouillés et des kilos de plastique. J’ai pu voir dans des ports des navires totalement rouillés et presque laissé à l’abandons. J’ai pu voir dans des jardins des collections de véhicules, tous plus anciens les uns que les autres pourrir dans l’herbe. Quand une maison n’est plus habitées, on ne la détruit pas mais on la laisse se décomposer toute seule. Les maisons étant en bois ceci peut à la limite être charmant. Je ne prétends pas avoir de solution miracle et peut-être que les gens qui font ça n’ont pas le choix, je dis juste que ça gâche trop souvent le plaisir des yeux et c’est révoltant.
21:47 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
16/07/2008
Petites visites touristiques
Bonjour à tous,
Le Cap Nord me paraît déjà si loin !
Samedi – Nous sommes partis, ensemble avec mes parents, en direction de Hammerfest. Hammerfest est la ville la plus septentrionale au monde et compte plus de 9000 habitants. Grâce à une météo clémente, nous pouvons tranquillement nous promener dans la ville et profiter à fond d’un merveilleux point de vue que nous offre l’un des versants sur lequel repose en contrebas Hammerfest. De ce point de vue, nous apprécions la ville et son fjord tout en sirotant une délicieuse bière norvégienne sur la terrasse d’un café restaurant. Ce magnifique café présente la particularité, en plus de la vue, d’avoir un toit tout en gazon. Outre un aspect esthétique charmant, ce toit offre des qualités isolantes tout en respectant la mouvance écologique. Non loin de là, le propriétaire d’un autre restaurant a complètement recouvert son établissement d’herbe, y compris les parois. Résultat du plus bel effet !
En soirée, nous avons saisi l’opportunité d’avoir un ciel relativement dégagé pour assister au soleil de minuit. Celui-ci présente la particularité d’être haut perché sur l’horizon et d’être plein nord. Il devient magique lorsqu’il est admiré dans un cadre aussi somptueux que les fjords norvégiens. A minuit le soleil rebondit au dessus de l’horizon pour commencer son ascension.
Dimanche – Aujourd’hui, je remets le pied à l’étrier. Mes parents me déposent là où nous avions planté la tente avec José dans la nuit de mercredi, Olderfjord. Ce petit coup de pouce m’a permis de ne pas avoir à refaire deux fois le même trajet. L’objectif de la journée est d’atteindre Lakselv 63 km plus loin. Cette étape était prévue dans mon itinéraire d’origine et je devais ensuite continuer sur Ivalo en passant par Karasjok. Cependant, comme je vous l’ai précisé auparavant, j’ai quelque peu changé mon itinéraire et je me dirige désormais vers Kirkenes, à la même hauteur que Lakselv mais plus à l’est. Ce changement rajoute quelques kilomètres et il me permet surtout d’intégrer la venue de mes parents ainsi que quelques lieux touristiques intéressants. A vélo et maintenant en voiture, j’essaie de prendre en considération les conseils qui me sont prodigués par mes rencontres afin de faire évoluer mon parcours et de profiter pleinement de mon aventure.
Pour ce qui est de mon étape d’aujourd’hui, je bénéficie d’un relief facile, d’un soleil magnifique et de l’absence de ma remorque. Dans des conditions pareilles je réalise un temps record et boucle l’étape en 4 heures. Même pas fatigué…
Lundi – Fête nationale et là où nous sommes il n’y a pas de nuit donc aucune chance de voir un feu d’artifice.
Après avoir pris une route en mauvais état pendant 123 kilomètres avec des paysages moyens, nous bifurquons vers le nord. La route change et s’améliore. Nous côtoyons de nouveau des paysages désertiques, il arrive même que le paysage soit « lunaire » avec de la roche à perte de vue. Très spécial !
Enfin, nous arrivons à Menhamn puis Gamvik. Originalité de la pointe de terre où nous nous trouvons ? Il s’agit tout bonnement du point le plus au nord du continent européen. En effet le Cap Nord étant situé sur une île, il n’est pas considéré comme le point le plus au nord du continent !
A Gamvik, plus précisément à Slettnes, se trouve le phare le plus septentrional de l’Europe. Nous avons de la chance qu’il n’y ait pas trop de monde et pouvons donc tranquillement discuter avec le chef des lieux. Le phare a été bâti en 1905 et même si aujourd’hui il est entièrement automatisé, il est difficile d’imaginer le rythme de vie du gardien de phare à l’époque. Ici la température moyenne en hivers est de –10°, la mer n’est pas prise dans les glaces et en décembre il fait nuit toute la journée. A cela, viennent se rajouter de violentes tempêtes. Mais les aurores boréales et le luminosité particulière de l’hivers en font quand même, selon lui, un endroit merveilleux.
17:23 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
12/07/2008
Waouh...
Bonjour à tous,
C'est long mais ce sont sans dout les jours les plus importants depuis le départ...
Mercredi – Aujourd’hui, le soleil manque une nouvelle fois à l’appel. Nous partons d’Olderfjord avec José avec pour objectif d’atteindre Honningsvag, village qui se situe sur l’île du Cap Nord et qui représente une étape de 98 km. La route longe le fjord et offre à quelques reprises des panoramas fantastiques d’autant plus que nous avons de la chance car le trafic est relativement faible. Pour cette étape il nous faut traverser 4 tunnels et voici le premier qui fait son apparition. Selon un motard, rencontré la veille c’est le pire car il est très humide et très sombre. Nous entrons donc dans l’entre de la montagne avec une certaine appréhension. Nous nous sommes très mal préparés et je suis donc le seul avec des lampes. Ma lumière de devant par son clignotement montre notre présence aux cars chargés de touristes qui arrivent en contresens. Ma lampe de derrière est cachée par ma remorque et ne sert donc à rien. La chaussée est effectivement très humide, ainsi que l’air d’ailleurs ; il ne fait pas chaud dans ce tunnel. On entend l’eau ruisselé sur les parois et parfois une goutte d’eau glacial nous tombe sur le casque ou pis encore, dans le col de la combinaison… Ce tunnel est pour moi une grande première et chaque fois qu’un véhicule approche, c’est dans un vacarme assourdissant que nous continuons de pédaler et que nous faisons une pause dans nos discussions. Ca y est ! On en voit le bout et la lumière du jour nous éblouit, et ce, bien que le soleil ne soit pas présent. Cette première expérience était longue de 3 km et ma foie, fort intéressante, je suis impatient de recommencer… Il est maintenant 13h00 et nous avons très faim, un cyclotouriste s’est une nouvelle fois rapproché de nous sans bruit et me fait sursauter lorsqu’il s’annonce. Nous lui proposons de déjeuner avec nous. Il s’appelle Roberto, est italien, est parti de Venise il y a 19 jours et pédale plus de 200 km/ jour. Pour nous, et surtout pour moi, c’est extraordinaire, ce sont des distances journalières que je ne pense pas atteindre un jour. Roberto prépare en 5 minutes un plat de spaghetti au pesto alors que je me satisfais de mon menu quotidien. A la fin de notre déjeuner, un nouveau belge s’arrête à notre hauteur. Il compte s’arrêter avant le tunnel mais nous le convainquons de se joindre à nous pour la traverser du tunnel. Nous laissons Roberto repartir et je continue ma route encadré de deux belges José et Jos. Au vue du nombre de kilomètre, nous devrions nous rapprocher du tunnel et après chaque virage je scrute l’horizon pour voir si nous nous en approchons. Au lieu de ça c’ est une descente qui se termine par une montée très raide et suffisamment longue pour me fatiguer. Je crois arriver au sommet alors qu’en réalité, il faut encore pédaler sur quelques centaines de mètres avant que l’inclinaison ne s’inverse pour offrir une véritable et belle descente qui nous rapproche du tunnel. Dans la descente nous retrouvons deux hollandais que j’avais croisé un peu plus tôt dans la matinée. Ce tunnel sous la mer va nous permettre de passer sur l’île du Cap Nord. Nous sommes donc maintenant 5 à l’entrée du tunnel à installer nos lampes et à bien nous couvrir. Le tunnel est d’une longueur de 7 kilomètres dont la moitié est en descente et l’autre en montée. Le coefficient est en moyenne de 9%. Depuis le début de la journée j’appréhende beaucoup ce tunnel car je ne l’avais pas du tout planifié dans mon voyage. Je souhaitais trouver une alternative, un bateau de pêcheur, un ferry ou faire du stop. Mais le fait d’être accompagné m’a décidé à le traverser. Voilà donc que nous pénétrons dans ce trou sombre et la descente commence immédiatement de façon très abrupte, il y a peu de véhicule et nous sommes tous excités de pouvoir nous laisser aller. Nous dévalons à plus de 50km/h et arrivons petit à petit vers le bas, à peu près 212 mètres sous la mer. Je profite de ma vitesse pour commencer à gravir la côte. Ca me semble plutôt facile et je peux continuer de pédaler aisément. Il semblerait que comme dans la descente le coefficient de la pente augmente peu à peu. Maintenant, je force. Alors que les 2 hollandais et le belges continuent d’avancer, José reste avec moi et je fais désormais du 3 km /h. A chaque borne de secours s’affiche le nombre fatidique exprimant les mètres restants : 2870 mètres. Comment vais-je faire ? Je sue à grosse goutte, je pédale maintenant en T-shirt et mes muscles hurlent à l’agonie à chaque poussée. Un courant électrique me traverse les avant-bras à chaque poussée un peu trop forte. Je respire fort et remplie mes poumons au maximum à chaque fois que c’est possible. J’essaye de faciliter mes efforts avec une respiration adaptée mais c’est dur. L’inconfort du tunnel se rajoute à cette souffrance physique. Je n’ai pas le choix, je suis obligé de continuer, pas de demi-tour possible. Chaque grondement signifie l’arrivée d’une voiture où d’un car mais dans quelle direction, d’où vient-il ? Mes bras sont en feu et les muscles qui courent dans mon dos fonctionnent à pleine puissance. José m’encourage : « Yves, tu es en train de faire le tunnel sans aide, on ne pourra pas t’enlever ça ! ». Une lueur d’espoir apparaît quand José me signale que le coefficient semble diminuer. Malheureusement, je suis tellement épuisé que je ne note même pas la différence. En revanche, je sens qu’on se rapproche. Ca y est, je vois la lumière du jour et c’est maintenant plat. Une courte descente s’amorce en direction du péage mais les vélos n’ont pas besoin de payer ! Nos 3 comparses ne nous ont pas attendu et doivent déjà être loin. Une courte pause de quelques minutes et nous repartons car il est déjà 17h30 et nous devons nous dépêcher. Mais je ne peux pas, mon corps est vide de toute force, j’ai du mal à avancer, même sur le plat… Soudain, je paie une erreur que je viens de commettre. Je me sens pris de vertige, je manque de sucre et il faut que je m’arrête tout de suite pour manger quelque chose et reprendre un peu de forces, suffisamment pour clôturer la journée. On fini à 20h00, monte la tente, prend une douche et dîne. Ce soir on dort à 5 km après Honningsvag au pied d’une côte à 9%.
Jeudi – Ce matin nous revoyons les deux hollandais qui avaient traversé le tunnel avec nous, la veille, ils sont arrivés une heure avant nous, en revanche nous avons perdu la trace du belge.
Dans la cuisine, pendant notre petit déjeuner, la discussion tourne autour du Cap Nord, du relief et du climat. Il y a une ambiance excitante dans l’air, une impatiente non dissimulée et une appréhension pour ma part.
Le Cap Nord, ça se paie ! Moi qui croyais avoir fait le plus dur en traversant le tunnel…
La côte de 9%, au pied de laquelle nous avons dormi, nous est servi en guise deuxième petit déjeuner. Pour compliquer le tout il y a un vent à décorner les bœufs qui souffle contre nous, accompagné d’un ciel plus que nuageux. Le seul réconfort du matin est que j’ai un nouvel accompagnateur. A José et moi vient maintenant se rajouter Daniel. Daniel est autrichien, maçon et il a quitté Vienne le 2 juin. Nous affrontons donc tous les trois cette route qui nous mènera vers ce que nous attendons tant.
Nous avons toutefois laissé un maximum d’affaires au camping, pour partir léger. Il n’y a qu’une seule route qui mène au Cap Nord, nous sommes dans l’obligation de revenir ici ce soir. Même léger, j’ai ma remorque avec mon fauteuil roulant et j’en ai donc pour plus de 15 kg.
Après 3 km de montée, de souffrance et d’acharnement, nous avons une vue imprenable sur les montagnes rocheuses norvégiennes. Il n’y a pas un seul arbre, juste de l’herbe, de la neige et de petits lacs. Même si le coefficient est moins important, ça grimpe toujours, le vent persiste, il y a un épais brouillard et il fait un froid de canard. Nous entamons une descente mais nous savons pertinemment qu’une deuxième côte nous attend, quelque part, plus loin, dans ces montagnes…
Chaque descente est prétexte pour Daniel et moi de battre notre record de vitesse. Le sien sera de 75km/h alors que le mien de 64km/h. Jeu d’enfant avec les pensées d’un « adulte ». C’est pas rassurant… Que se passe-t-il, si… ? Mais heureusement tout se passe bien.
Juste avant la deuxième côte nous sommes rafraîchis par un très léger crachin qui, plus que nous mouiller, nous glace le sang.
Avec l’absence de végétation, je peux voir la route qui monte loin et qui se perd dans un virage. Qu’y a-t-il après ce virage ?… La côte qui continue ! Même si le vent n’est plus là, je sens les restes d’hier qui me crispent les muscles. C’est dur, très dur ! José est toujours avec moi, Daniel aussi. Parfois, il part en éclaireur, pour nous décrire l’état du relief après le prochain virage. Les nouvelles ne sont souvent pas bonnes et nous continuons de grimper. C’est simple, le camping est au niveau de la mer et le Cap Nord est à 300 m d’altitude ! Il faut donc grimper !
Il semblerait maintenant que le relief se calme et au vue de nos compteurs nous ne devrions pas être trop loin… C’est quand vous croyez être arrivé que tout se corse, nous a-t-on averti ce matin! Effectivement, voilà une nouvelle côte qui se profile. C’est d’une part, difficile physiquement mais mentalement je commence aussi a être usé.
Enfin, nous arrivons au sommet et le ciel se dégage. Le soleil peut enfin venir nous réchauffer le visage. C’est merveilleux, nous pouvons deviner au loin le Cap Nord. Seul un grand plateau nous sépare. Tout autour de nous la mer bleu et un ciel de la même couleur avec des falaises vertigineuses. Le spectacle est grandiose. Nous arrivons au bout du plateau et pouvons apercevoir l’entrée sur le site. Une phrase résonne alors dans ma tête : « C’est quand vous croyez être arrivé que tout se corse ». Il nous reste un ultime creux à franchir et c’est donc à bout de souffle, accompagné de José et Daniel, que j’arrive à l’entrée. Le Cap Nord est gratuit pour les gens qui viennent de loin, en vélo, sinon c’est 200 NOK par personne. Nous pédalons jusqu’au café où nous prévoyons de manger un bout car j’ai fortement puisé dans mes réserves pour faire les derniers efforts. Mais avant tout, nous profitons vite du soleil pour faire le tour et prendre quelques photos. En dépit des nombreux touristes, nous parvenons à faire la photo au pied du globe symbolisant ce lieu.
Quand je regarde vers le nord, je ne vois que la mer à perte de vue. Là bas, quelque part, à plus de 1500 km il y a le pôle nord. Ca laisse rêveur ! Je suis tout au nord de l’Europe à une latitude de 71°. C’est la première fois que je monte aussi haut, ça représente un rêve, je ressens un état de soulagement. Je suis euphorique, mais je n’ai fait que la moitié du voyage et ce même si j’ai l’impression d’avoir atteint mon objectif. Le stress de ces dernières semaines se dissipe et soudain les efforts de ces deux derniers jours se font ressentir et je suis épuisé. Je suis incapable moralement de retourner au camping. Mes parents sont arrivés aujourd’hui au camping de la nuit précédente, je leur demande si nous pouvons nous rejoindre au Cap Nord plutôt qu’au camping. Ils peuvent du coup partager avec moi le paysage du Cap Nord... Toute la côte n’est que falaise qui se plonge dans la mer d’un magnifique bleu turquoise. Nous sommes à plus de 300 mètres au dessus de la mer. La falaise tombe à pic et, s’approcher du bord est un exercice éprouvant même pour quelqu’un qui n’a pas le vertige. La toundra est fabuleuse et vous rend conscient de l’hostilité de l’environnement. Le climat change à toute allure et par la même occasion la luminosité. Il n’y a pas un seul instant sans que l’horizon ne change et que l’éclairement de la falaise évolue. L’entrée au site du Cap Nord vous donne accès à un cinéma dans lequel ils projettent un petit film magique sur le lieu. En ressortant de là, la luminosité a encore changé mais il fait toujours très froid et le soleil de minuit ne sera pas visible. Trop de nuages recouvrent le ciel. Je dis donc au revoir à Daniel pour qui le voyage s’arrête et je rejoins, dans la voiture de mes parents, José qui est redescendu à vélo au camping. Je dois aussi dire au revoir à José car il repart le lendemain pour continuer son voyage. Merci à toi José qui est resté pédaler avec moi alors que tu serais aller beaucoup plus vite tout seul. Merci à toi José qui m’a accompagné sur ces derniers jours, peut-être les plus durs physiquement depuis mon départ. Merci José d’avoir fait la route avec moi à un moment où j’en avais marre de pédaler tout seul.
J’ai maintenant quelques jours de répit. Je repars à vélo le 20 juillet à partir de Kirkenes, ville de Norvège à quelques pas de la frontière russe, en direction de Copenhague pour boucler le projet handiKapp-Nord.
J’ai fait le Cap Nord en partant d’Oslo parcourant plus de 2200 kilomètres à la force de mes bras sans aucune assistance. Pour résumé, j’ai fait le Cap Nord…
Vendredi – Aujourd‘hui, je suis avec mes parents et je fais un tour de l’île du Cap Nord. Nous visitons les villages alentours, ou devrais-je dire les hameaux alentours. Gjesvaer, Skarsvag et Kamoyvaer sont de toute beauté. Ce sont de petits hameaux de pêcheurs, isolés sur la côte face à la mer et offrant une vue dégagée et splendide sur les quelques bout de terres émergeant de la surface maritime.
Tout ceci, je le visite en voiture, c’est incroyable comme les kilomètres défilent à toute vitesse.
08/07/2008
Je ne fais plus la route seul...
Bonjour à tous,
Je suis resté samedi et dimanche au camping de Alta. Trois jours de repos, c’était un peu long mais je suis persuadé que ça a fait du bien à l’organisme. Ca m’a aussi permis de faire un peu plus que des rencontres. Tout d’abord j’ai rencontré José, un belge qui lui aussi va au Cap Nord et avec qui je vais donc faire la route pendant un petit moment. J’ai aussi rencontré deux norvégiennes Brigitte et sa fille. Elles étaient là tout le week-end et le dernier jour, elles m’ont proposé de m’emmener jusqu’au Cap Nord. J’ai du être fort pour résister et dire non ! J’aurais peut-être loupé le meilleur… Je n’oublie pas non plus le suédois et la nièce de la propriétaire du camping qui m’a fait visiter Alta.
Lundi – Après trois jours de pause, il est temps de repartir. Je suis quand même relativement content car je ne pars pas seul. Nous levons le camp à 9h30 et devons traverser toute la ville de Alta. C’est fabuleux, la route longe plus ou moins la mer, d’où un relief en dents de scie. Notre carte indique que nous allions longer la mer pendant plusieurs kilomètres et nous pensions donc avoir un dénivelé peu important. Nos espoirs se sont effondrés lorsque que nous avons vu ce panneau triangulaire signifiant attention ! Attention montée à 7% pendant 5 kilomètres. Ma joie d’avoir passé les 2000 km s’est alors vite dissipée au profit de la colère… C’est sous un ciel bleu azur et un soleil tant attendu que nous avons du attaquer la côte. Ca faisait très longtemps que je n’avais pas autant transpiré. Arrivé en haut nous sommes un peu descendu pour tomber sur un lac en altitude, somptueux ! Le vert des montagnes plongent dans le bleu du lac… Nous sommes à peu près à 400 m d’altitude et pensions redescendre mais très vite une autre côte se laisse deviner… José très optimiste me fait remarquer que nous n’avons pas vu de panneau et que donc le dénivelé ne doit pas être très important… Même sans panneau, la montée s’est bien faite ressentir et c’est avec plaisir que nous atteignons le sommet. Il fait maintenant très froid et la neige est à portée de main. Le décors s’est soudain transformé. Il n’y a plus un seul arbre, juste de l’herbe et quelques rares arbustes. C’est le désert du nord, la toundra qui est de retour. C’est désert mais à la fois très beau. On imagine tout de suite à quel point cet endroit doit être hostile en hivers. Il n’y a que très peu d’habitations… Les quelques maisons qu’il y a font rêver par la quiétude et la solitude qu’elles doivent offrir.
Après 30 km dans cette toundra, il est temps de redescendre. J’ai fait le choix de tout vous raconter de mon parcours, et je me permets donc une petite anecdote… Vous pourrez ensuite me dire si vous trouvez qu’elle rompt le charme du voyage. Nous avons entamé notre descente et nous arrêtons un court instant sur une aire juste au bord de la route. Encore dans la toundra la vue est relativement dégagée. C’est le moment que mon corps à choisi pour répondre à un besoin urgent. Mon handicap ne me permet pas de me retenir fort longtemps. Le temps de trouver du papier, un seul petit mouchoir que me propose José et je me retrouve à 10 mètres de la route, soulagé. Mais mon sang ne fait qu’un tour lorsque je vois un camping car qui s’arrête sur la même aire. Ils m’ont vu… Oui, j’ai honte et me sens très gêné alors que José s’époumone de rire. Deux autres voitures s’arrêtent à leur tour, mais je me lève déjà et retourne vers mon vélo gêné de cette expérience.
Nous voilà donc reparti dans notre descente vers Skaïdi Même si le soleil ne disparaît jamais, il descend vers l’horizon et avec lui la température et c’est au tour du vent de se lever… Il ne fait pas plus de 6 degrés. Arrivé à Skaïdi, nous avons soit le choix de prendre à gauche et de passer la nuit dans un camping à 4 km soit à droite pour un camping à 22 km. Nous choisissons celui de 4 km, après avoir fait quelques courses pour le dîner. Nous plantons la tente et un allemand, très aimable, vient nous accueillir et nous propose des bières bien fraîches. Nous avons les nôtres mais acceptons avec joie de les boire avec lui après une douche bien chaude. Il vient de la région bavaroise et fait un tour de Norvège en voiture avec sa femme. Mais contrairement à beaucoup d’automobilistes que nous croisons chaque jour, eux ne parcourent que 300km/ jour et profitent un maximum de la nature.
Après cette bière bien agréable, je me dirige rapidement vers ma tente pour m’endormir immédiatement avec plus de 90km dans les pattes.
Mardi – Une petite grasse matinée et je me lève à 9h00. Aujourd’hui, nous ne sommes pas vraiment pressés car j’ai décidé d’attendre mes parents pour traverser le tunnel qui mène au Cap Nord. En effet, ce tunnel fait 7 km de long et plonge sous la mer, imposant donc un fort dénivelé à l’entrée et à la sortie du tunnel. D’autre part, ça me parait peu rassurant d’être au beau milieu des voitures dans les gaz d’échappement. Puisque je dois attendre mes parents le camping le plus proche de l’entrée du tunnel se trouve à 60 km du tunnel et à 28 kilomètres du camping de cette nuit.
Sur les 28 kilomètres que nous parcourons aujourd’hui, 25 sont en montée, alternant haut et faible coefficient.
A 14h00, nous sommes arrivés. Il fait toujours aussi froid et le temps est couvert. Autant il ne peut pas y avoir deux jours successifs ensoleillés, en revanche je cumule les jours couverts. Tant qu’il n’y a pas de pluie, ça ne me dérange pas… Notre étape d’aujourd’hui, c’est Olderfjord et je rencontre devant le camping un motard néerlandais qui nous a doublé la veille. Celui-ci nous dit que le tunnel en direction du Cap Nord est très propre et qu’il possède un espace qui permet la circulation des vélos. Si je peux grimper les 3 km à 10%, il me dit qu’il n’y a pas de problème. C’est décidé, nous partons donc demain pour l’île du Cap Nord… Nous passerons la nuit à Honningsvag où mes parents nous rejoindront et nous pédalerons le lendemain en direction du Cap Nord. D’ici là, les plans ont le temps de changer encore une fois !
Au moment de planter notre tente, nous revoyons une ancienne connaissance, l’allemand rencontré la veille, qui ne fait qu’une pause avant de repartir. Nous sommes maintenant dans le café, chacun occupé à remplir son journal de bord.
18:07 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
06/07/2008
Après un mois, voilà un compte rendu
Un mois que je suis parti, presque 2000km, 240 km avant le Cap Nord, il est temps de faire un point.
Physiquement tout va bien. Le matin, j’ai souvent quelques courbatures mais elles passent très vite dès que mon corps est chaud. J’ai aussi quelques douleurs tendineuses mais celles-ci étaient prévisibles et tant qu’elles ne m’empêchent pas d’avancer, je continue…
Si vous suivez le blog, vous savez sans doute que je rencontre un certain nombre de personnes sur la route. Nous avons eu à chaque fois des discussions différentes et intéressantes. Ces gens font partie de l’expérience humaine que je recherche et souvent ils m’aident à peaufiner mon itinéraire, à rendre mon voyage plus agréable. Ils me permettent de me coucher avec le sourire. Ils me permettent de parler, car la journée je ne parle pas… Ils me permettent de partager mes joies et souffrances. Coïncidence cocasse, j’ai rencontré à deux reprises des français et deux fois ils étaient de Lyon (je suis d’origine lyonnais)…
J’ai récemment pu m’entretenir avec un motard suédois qui lui aussi fait un voyage solo ; celui-ci me confiait que sa famille lui manquait et qu’il se sentait seul. Nous avons aussi évoqué le film « Into The Wild » et du fait que nous pouvions à certains moments nous identifier à Christopher Mccandless même si nos objectifs et nos aventures ne sont pas tout le temps comparables. Pour ma part, je ne recherche pas le bonheur, je pense déjà avoir une belle vie chez moi, avec une super famille et des ami(e)s géniaux. Ce voyage me permet de me rendre compte à quel point j’ai une « belle » vie. Je me remémore tous les passages de ma vie, les moments agréables, ceux qui m’ont fait rire, ceux qui m’ont procuré des émotions intenses, ces moments là me font parfois sourire tout seul, me remplissent de joie, et me font avancer. Je me souviens aussi les échecs, les pleures, les désillusions les moments durs, les moments qui vous font monter les larmes. Ces moments là me font aussi avancer car ils font partie de ma vie ! Ainsi que le disait mon ami suédois, ce voyage est une façon « for the soul to meet the mind ». Cette aventure permet de faire le point sur mon existence, un résumé de ma vie. Où j’en suis, où est-ce que je veux aller ? Ce n ‘était pas du tout le but originel de mon aventure, mais je me rends compte que c’est bien ce qui se passe. C’est marrant car il y a à la fois un milliard de raisons pour faire ce voyage mais je n’arrive toujours pas à mettre un nom sur mes raisons. Est-ce une revanche sur la vie ? Je ne crois pas ! Est-ce une manière de me prouver que j’en suis capable, est-ce un défi personnel ? Très certainement ! Est-ce que je veux servir d’exemple pour d’autres personnes ? Je n’ai pas cette prétention ! Est-ce que je veux m’éclater et rajouter un peu de piment à ma vie, vivre une aventure originale ? Peut-être ! Un point sur la vie ? Je viens de l’évoquer ! Si je peux par cette aventure personnelle changer mon avenir ainsi que celui d’autres personnes entre autre par l’intermédiaire de l’argent collecté et reversé à l’ICM. Alors ainsi soit-il !
Je me suis imposé ce défi comme un devoir, chaque matin en me levant la première pensée qui me vient est : « oh non, je ne veux pas partir faire du vélo ! » Pendant la journée, cette pensée s’évanouit au profit de toutes les motivations précédemment citées. La journée se termine souvent par un : « ouf, j’ai passé une bonne journée et j’ai avancé dans la réalisation de mon devoir ! » Une chose que j’apprécie fortement pendant cette aventure, c’est la façon dont les gens m’accueillent. Effectivement, pour la première fois je ressens un accueil sans préjugés. Les gens ne voient pas mon fauteuil roulant, ils voient juste quelqu’un faire du vélo avec ses bras. Puisque c’est relativement rare, ils sont surpris, admiratifs et ne peuvent pas vous comparer avec quelqu’un d’autre. Ils me donnent le sentiment d’être unique, un sentiment qui remonte le moral. Vous aurez aussi compris que je suis, presque quotidiennement, le témoin d’une nature surprenante et généreuse. Il y a deux points que je souhaite mettre en avant aujourd’hui. Le premier étant que n’ai pas vu la nuit, ni les étoiles, ni la lune depuis un mois. Même à Oslo, il faisait sombre mais pas nuit. Aujourd’hui à Alta, à minuit le soleil rase l’horizon. Il faut y prêter attention car il est très facile de se faire surprendre par l’heure. Le deuxième étant d’imaginer toute cette nature verte, vivante et charmante complètement endormie sous la neige. Car ici de novembre, décembre jusqu’à avril, tout est couvert sous la neige. La nature vous offre alors un visage différent, un visage hostile mais magique à la fois. Une chose que j’aimerai bien vivre…
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05/07/2008
Alta, une très bonne expérience
Bonjour à tous,
Vendredi – 7h00, je décide de rester à Alta pour la journée. Le climat est une nouvelle fois mauvais, certes il ne pleut pas mais le ciel est bien couvert et il fait 9 degrés. Pour dormir à cette température, mieux vaut se préparer car il n’y a rien de pire que de se réveiller de froid sans arriver à se réchauffer. Je mets une paire de chaussette, je porte mon bonnet, m’enferme dans mon duvet et prends garde à bien rester sur le matelas qui sert d’isolant. Dès qu’une partie du corps, bien souvent les jambes ou les épaules dépassent du matelas, c’est tout le corps qui se refroidit. Mais bon, j’ai survécu et chaque nuit, j’apprends et je fais plus attention à bien préparer mon sommeil.
Puisque je suis ici pour la journée, j’en profite pour bien me reposer et je me rendors donc immédiatement. Une fois bien frais je saisis ma chance de mettre à jour ma compta et mon blog. Je voudrais bien aller à Alta qui se trouve à 4km, pour visiter mais en fauteuil et avec le relief c’est plutôt difficile. Plus tard dans l’après midi, la propriétaire du camping me demande aimablement si tout va bien et si elle peut m’aider. Si je veux, sa nièce peut m’emmener en ville pour faire deux, trois courses. J’accepte et me voilà donc une nouvelle fois en voiture en direction du centre de Alta. Alta est au bord d’un fjord et c’est tout simplement magique. La nièce me propose alors de faire un tour pour voir un peu les environs. J’accepte avec joie, juste le temps de repasser au camping pour prendre mon appareil photo. Je suis impressionné par la gentillesse des gens de vouloir à chaque fois me montrer leur région.
Ca y est je suis fin prêt, j’ai fait mes courses, quelques bananes, pommes, biscuits et barres de céréales, une brique de lait et j’ai mon appareil photo. On prend la route vers le sud, car je ferais celle du nord en vélo quand je déciderais de partir pour le Cap Nord. La route serpente au bord des fjords et s’appuie sur les versants abruptes des montagnes. En vélo, ce serait impossible, la route est très étroite et la pente atteint souvent 8% sur plusieurs kilomètres. Le spectacle qui s’offre à mes yeux est unique. Je n’ai jamais vu ça, les versants des montagnes sortent de l’eau à l’aplomb et viennent chatouiller les nuages sombres. De la neige est présente sur quasiment tous les sommets. La végétation est luxuriante, le vert omniprésent et cette nature offre un contraste de couleurs spectaculaire. Etre spectateur de cette nature vous prend par les tripes, l’estomac se noue, la gorge se sert, vous êtes sans voix. Je souhaite partager ça et j’espère que les photos me le permettent. Ce qu’il y a de plus dur quand vous êtes témoin de cette nature c’est de ne pas pouvoir partager avec vos proches « Happyness is real only when shared ». L’auteur de cette phrase s’en est rendu compte avant de mourir, piégé par cette même nature qu’il recherchait à tout prix. J’espère que vous savez tous de qui et de quel film je parle…
Me voilà de retour au camping. Ce soir je choisis de mettre de côté mes plats lyophilisés et je vais aller goûter un plat Suomi dans la tente traditionnel Suomi qui siège juste à la sortie du camping. La viande est du renne avec de la purée de pommes de terre, des légumes et une confiture de groseille. Quand je rentre, je fais un tour dans la salle TV du camping et me mets à discuter avec deux norvégiennes qui sont là. Quelque chose ne va pas bien… Mon estomac commence à être capricieux… est-ce le froid, est ce la nourriture Suomi, est-ce psychosomatique ? Le résultat est le même, je termine au même endroit… Un peu plus tard, je vais me coucher le ventre toujours un peu barbouillé.
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