« tout va bien | Page d'accueil | 250 km en 2 jours »
24/07/2008
De retour sur mon vélo!
Bonjour à tous,
Se connecter à internet n’est pas toujours une mince affaire. J’aurais normalement depuis le temps profité du passage de mes parents pour partager quelques sentiments sur le voyage, mais finalement je pense que je garderais ça pour le retour, maintenant je préfère vous parler de mes journées folles en vélo !
Lundi – La dernière fois que j’ai pédalé c’était dimanche en huit, j’ai maintenant les bras qui réclament leur dose quotidienne d’effort. Il est temps maintenant pour moi de quitter, après des vacances très agréables en leur compagnie, mes parents. Ils partent en direction du port de Kirkenes pour rentrer en France alors que moi je m’éloigne de Kirkenes par la route. Le but final est le même mais tandis que eux vont mettre 5 jours pour rentrer, moi je vais en mettre plus de 30. Je n’aime pas les au-revoirs donc le temps de décharger Héméra à l’abris d’une station service et je suis parti. On ne se retourne pas, on ne pense à rien et je me dis que je les reverrais très vite. Après avoir eu de la compagnie pendant une grosse semaine, c’est difficile de se retrouver comme ça, seul. Surtout que le temps n’est pas vraiment propice à me faire sourire, puisqu’il fait froid et il bruine. Pour corser le tout, le relief n’est pas des plus agréables.
Aujourd’hui, c’est une petite étape de 40 km, je m’arrête juste avant la frontière finlandaise à Neiden pour dépenser mes dernières couronnes norvégiennes. Ca fait longtemps que je n’ai pas monté ma tente mais le coup de main revient très vite et c’est bizarre de retrouver toutes mes petites habitudes. Elles commencent par le montage de la tente dès l’arrivée, puis rapidement une bonne douche bien chaude. Une fois tout propre et chaudement vêtu je peux m’atteler à la préparation du dîner au pied de ma tente. Ce soir je n’ai rien à faire, il n’y a pas internet et quelque peu cafardeux je décide donc de me mettre au lit alors qu’il n’est que 18h ! Je m’endors très vite mais je me réveillerai à plusieurs reprises pendant la nuit notamment à cause de la pluie qui martèle ma tente.
Mardi – Il a plu une grande partie de la nuit et quand je me réveille à 6h00, il recommence à pleuvoir. J’en profite donc pour me rendormir. A 9h30, je me réveille à nouveau, la pluie a cessé mais je suis à la bourre. Je plie donc mes bagages et me voilà sur la route 1h30 plus tard. Je pédale sans trop de but, je ne sais pas trop où je vais m’arrêter. Le relief n’est pas trop difficile et il semblerait que j’ai la chance de passer soit après, soit avant la pluie. J’ai même le droit à quelques rayons de soleil. Avec le soleil, viennent les moustiques et de nouveaux amis. Ces nouveaux amis font la taille de mon pouce, tournent autour de mon vélo très vite et de façon de plus en plus rapproché, ils me foncent parfois dessus, sur le visage ou sur les bras. Ils sont très agressifs et ne me lâchent pas d’une semelle. Tout le monde connaît les taons de réputation et je ne souhaite pas du tout goûter à leurs piqûres. A chaque fois qu’il y en a un qui s’approche, mon sang se glace, une décharge électrique remonte ma colonne et tout mes poils se hérissent. Un vent de panique me dicte donc d’accélérer, mais il y a rien à faire, je n’arrive pas à les distancer !
Il est maintenant 19h00 heure française mais 20h heure locale et il est donc temps pour moi de m’arrêter pour la nuit. Avec 90km dans les pattes, je suis exténué et au premier endroit je m’arrête. La propriétaire fort aimable me propose de rester dans un appartement plutôt que de rester sous la tente, pour le même prix. J’ai beau être vaillant, j’accepte sa proposition. L’appartement est fournit avec un sauna. J’y fais un petit tour juste avant de me coucher. Je peux entendre alors ma mère me mettre en garde : « attention, tu ne vas pas arriver à t’endormir ! ». Têtu, je ne l’écoute pas et me voilà à me retourner dans mon lit pendant quelques heures avant de trouver enfin le sommeil. Pour trouver le sommeil, je me suis amusé à regarder les moustiques qui tentaient de percer le triple vitrage pour venir me piquer.
Mercredi – J’ouvre les yeux à 8h00 et il pleut à grosse goutte. A 11h00, je les ouvre à nouveau. Certes il ne pleut plus mais je suis vraiment à la bourre.15km vont tout de même se faire sous la pluie. Je remercie mes parents qui pour remédier à mon problème avec la pluie sont allés prendre conseil auprès de Vélo & Oxygen. Ceux-ci leur ont fourni un pantalon et une veste qui se sont avérés très pratique aujourd’hui. Mes parents m’ont d’ailleurs aussi apporté un autre duvet, un peu plus chaud mais un peu plus lourd que le précédent. Au lieu de dormir avec un bonnet, des gants, des collants et une polaire, maintenant je ne dors plus qu’en caleçon et T-shirt. Quel bonheur !
60km et je m’arrête dans un camping au bord du lac Inari. Je rencontre un couple d’allemand, pendant que je dîne, qui eux vont au Cap Nord. Le mari est le président de la ligue paralympique allemande. C’est marrant ! Il insiste pour que je m’inscrive aux jeux paralypiques de 2012 à Londres. C’est à méditer ! Après ce repas très agréable, je pars en direction de ma tente avec une petite appréhension car le sol était totalement détrempé à cause de la pluie. Heureusement, je me suis inquiété pour rien et je m’endors comme un bébé.
Jeudi – Je ne me suis toujours pas mis à l’heure locale et ma montre, au demeurant super jolie, et d’une qualité qui dépasse ce à quoi je m’attendais, est toujours sur l’heure française. Il est 10h30 heure locale et il est grand temps de partir et sans plus tarder je me mets en selle. L’inconvénient de la région où je me trouve, est qu’il y a très peu de village et les campings ne sont pas toujours indiqués, de façon précise, sur ma carte donc j’improvise toujours un peu ma nuit au fur et à mesure de la journée.
J’ai une matinée très productive et je déjeune à Ivalo, toujours au bord du lac Inari, qui se trouve à 40km de la ville Inari. Ce lac fait partie des 5 plus grands lacs d’Europe avec une longueur de plus de 100km et un nombre d’îles avoisinant les 2000. Parfois la route longe les abords de ce lac, ce qui me permet d’apprécier toute son étendue et la beauté des paysages alentours. Quand je ne suis pas au bord du lac, je suis sur la nationale, sans arrêt dépassé par les automobilistes avec des sapins à droite, des sapins à gauche, des sapins derrière et des sapins devant…
Après le déjeuner je repars avec pour objectif une trentaine de kilomètres, mais je n’arrive pas à avancer. Je force, je me fatigue, si bien que je n’arrive pas à me concentrer sur autre chose. Soudain, je me dis que je suis en train de vivre le contre coup de mon trajet aller et que mon corps est tout simplement exténué. Après avoir pédalé comme ça pendant deux heures, je me retourne pour m’apercevoir avec bonheur qu’en réalité j’étais sur un très léger faux plat et qu’il n’y avait pas lieu de s’inquiéter. En revanche lorsque je me suis retourné à nouveau pour faire face à la route, je deviens blême en m’apercevant que la route devant moi, grimpe. Cette fois-ci ce n’est plus du faux plat, mais belle et bien une côte qui au final fait 3km. A son sommet, j’assiste une nouvelle fois à un changement de végétation, il n’y a en effet qu’une végétation clairsemée et de violentes bourrasques de vent viennent ébouriffer le peu de cheveux qu’il me reste sur le caillou. Je rencontre aussi deux allemands qui me confient que selon eux le prochain camping est à 92km. C’est pourquoi quand je vois la signalisation indiquant la présence d’un hôtel tout proche, je saisis l’opportunité. Je loge dans une petite cabine traditionnelle avec ces énormes rondins de bois qui font office de murs. C’est très charmant et ça offre des capacité isolante ahurissante. Je me laisse séduire une nouvelle fois par leur repas local. A chaque fois que je l’essaie, il a un goût différent. De la purée de pommes de terre, du renne et une confiture de groseille. J’y prends goût !
20:01 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
Commentaires
Cher Yves
Tu es tout pardonné pour ce petit silence sans internet,mais quelle joie de pouvoir te lire ce soir......Ts mes encouragements t'accompagnent pour cette reprise en main du vélo,des mosquitos,des rudes montées,de la pluie,du vent et du froid...............toute la famille Didier bruneau t'embrasse. Pierre bosse tjrs en Ardeche:il prepare ses petits biscotos!!!! marie
Ecrit par : marie | 24/07/2008
Salut Yves ! Content en effet d'avoir de tes nouvelles !
Tu es désormais sur le chemin du retour et nous tenons à te féliciter une nouvelle fois pour ton parcours aller et ton but atteint, le Cap Nord !!
Bons courage pour cette reprise et à bientôt pour te lire encore
Une petite vidéo à venir???
Bises des deux Steph
Ecrit par : STEPHANE | 25/07/2008
Je regarde le tour de France en ce moment, est que tu va faire le alpe du eze un jour?
Comme toujouirs c'est un joix de lire tons blog.
Bonne route
Ecrit par : Jan Mikkelsen | 25/07/2008
Yves aux JO!
Ecrit par : Xavier | 28/07/2008
Quel courage ! tu fais mon admiration ! je suis très fatiguée des routes réunionnaises qui tournent, se retournent, grimpent à 25 %, dans des paysages magnifiques, verdoyants et dominés par des sommets élevés. Vive la voiture ! Il y a quand même des cyclistes sur les hauteurs.
Aujourd'hui, nous voulions aller au volcan mais nous avons rebroussé chemin car il pleuvait et il y avait des nuages. On a été se mettre à lézarder sur une plage !Tu vois comme nous sommes moins courageux que toi !
Nous profitons de notre petite Zoé si mignonne car nous partons dimanche 3, çà va être dur de la laisser !
Bonne chance pour le temps : on n'est jamais content : quand il y a du soleil, il fait trop chaud, quand il pleut, on est mouillé et on a froid.....
Bisous ensoleillés avec un peu de rhum
Ecrit par : Françoise Bruneau | 28/07/2008
Salut Yves
J'ai trouver ton blog suite à la parrution d'un article dans le progrès sur l'exploit que tu réalise actuelement. j'était dingue, je l'ai lu plusieur fois qu'elle moment de bonheur.
C'est assurement génial, je suis très heureux et fière de te savoir au volant de ton vélo!!!!!Le fameux vélo...même qu'au début tu voulait le fabriquer, c'est pas faute d'avoir essayé et d'en avoir beaucoup parlé autour de toi à présent c'est chose faite et tu avale les KM à toutes allures que du bonheur.
je t'envoie un tas de bonne choses d'ou je suis je pense à toi ...qu'elle chance!!!mais il en faut du courrage alors accroche toi et profite du moment..je t'attenderai à l'arrivée..
Et les JO c'est pour bientot alors ;).
Bizzzzzzz à très bientôt.
Ecrit par : Charles Sartorius | 04/08/2008
Ecrire un commentaire