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08/07/2008

Je ne fais plus la route seul...

Bonjour à tous,

Je suis resté samedi et dimanche au camping de Alta. Trois jours de repos, c’était un peu long mais je suis persuadé que ça a fait du bien à l’organisme. Ca m’a aussi permis de faire un peu plus que des rencontres. Tout d’abord j’ai rencontré José, un belge qui lui aussi va au Cap Nord et avec qui je vais donc faire la route pendant un petit moment. J’ai aussi rencontré deux norvégiennes Brigitte et sa fille. Elles étaient là tout le week-end et le dernier jour, elles m’ont proposé de m’emmener jusqu’au Cap Nord. J’ai du être fort pour résister et dire non ! J’aurais peut-être loupé le meilleur… Je n’oublie pas non plus le suédois et la nièce de la propriétaire du camping qui m’a fait visiter Alta.

Lundi – Après trois jours de pause, il est temps de repartir. Je suis quand même relativement content car je ne pars pas seul. Nous levons le camp à 9h30 et devons traverser toute la ville de Alta. C’est fabuleux, la route longe plus ou moins la mer, d’où un relief en dents de scie. Notre carte indique que nous allions longer la mer pendant plusieurs kilomètres et nous pensions donc avoir un dénivelé peu important. Nos espoirs se sont effondrés lorsque que nous avons vu ce panneau triangulaire signifiant attention ! Attention montée à 7% pendant 5 kilomètres. Ma joie d’avoir passé les 2000 km s’est alors vite dissipée au profit de la colère…  C’est sous un ciel bleu azur et un soleil tant attendu que nous avons du attaquer la côte. Ca faisait très longtemps que je n’avais pas autant transpiré. Arrivé en haut nous sommes un peu descendu pour tomber sur un lac en altitude, somptueux ! Le vert des montagnes plongent dans le bleu du lac… Nous sommes à peu près à 400 m d’altitude et pensions redescendre mais très vite une autre côte se laisse deviner… José très optimiste me fait remarquer que nous n’avons pas vu de panneau et que donc le dénivelé ne doit pas être très important… Même sans panneau, la montée s’est bien faite ressentir et c’est avec plaisir que nous atteignons le sommet. Il fait maintenant très froid et la neige est à portée de main. Le décors s’est soudain transformé. Il n’y a plus un seul arbre, juste de l’herbe et quelques rares arbustes. C’est le désert du nord, la toundra qui est de retour. C’est désert mais à la fois très beau. On imagine tout de suite à quel point cet endroit doit être hostile en hivers. Il n’y a que très peu d’habitations… Les quelques maisons qu’il y a font rêver par la quiétude et la solitude qu’elles doivent offrir.
Après 30 km dans cette toundra, il est temps de redescendre. J’ai fait le choix de tout vous raconter de mon parcours, et je me permets donc une petite anecdote… Vous pourrez ensuite me dire si vous trouvez qu’elle rompt le charme du voyage. Nous avons entamé notre descente et nous arrêtons un court instant sur une aire juste au bord de la route. Encore dans la toundra la vue est relativement dégagée. C’est le moment que mon corps à choisi pour répondre à un besoin urgent. Mon handicap ne me permet pas de me retenir fort longtemps. Le temps de trouver du papier, un seul petit mouchoir que me propose José et je me retrouve à 10 mètres de la route, soulagé. Mais mon sang ne fait qu’un tour lorsque je vois un camping car qui s’arrête sur la même aire. Ils m’ont vu… Oui, j’ai honte et me sens très gêné alors que José s’époumone de rire. Deux autres voitures s’arrêtent à leur tour, mais je me lève déjà et retourne vers mon vélo gêné de cette expérience.
Nous voilà donc reparti dans notre descente vers Skaïdi Même si le soleil ne disparaît jamais, il descend vers l’horizon et avec lui la température et c’est au tour du vent de se lever… Il ne fait pas plus de 6 degrés. Arrivé à Skaïdi, nous avons soit le choix de prendre à gauche et de passer la nuit dans un camping à 4 km soit à droite pour un camping à 22 km. Nous choisissons celui de 4 km, après avoir fait quelques courses pour le dîner. Nous plantons la tente et un allemand, très aimable, vient nous accueillir et nous propose des bières bien fraîches. Nous avons les nôtres mais acceptons avec joie de les boire avec lui après une douche bien chaude. Il vient de la région bavaroise et fait un tour de Norvège en voiture avec sa femme. Mais contrairement à beaucoup d’automobilistes que nous croisons chaque jour, eux ne parcourent que 300km/ jour et profitent un maximum de la nature.
Après cette bière bien agréable, je me dirige rapidement vers ma tente pour m’endormir immédiatement avec plus de 90km dans les pattes.

Mardi – Une petite grasse matinée et je me lève à 9h00. Aujourd’hui, nous ne sommes pas vraiment pressés car  j’ai décidé d’attendre mes parents pour traverser le tunnel qui mène au Cap Nord. En effet, ce tunnel fait 7 km de long et plonge sous la mer, imposant donc un fort dénivelé à l’entrée et à la sortie du tunnel. D’autre part, ça me parait peu rassurant d’être au beau milieu des voitures dans les gaz d’échappement.  Puisque je dois attendre mes parents le camping le plus proche de l’entrée du tunnel se trouve à 60 km du tunnel et à 28 kilomètres du camping de cette nuit.
Sur les 28 kilomètres que nous parcourons aujourd’hui, 25 sont en montée, alternant haut et faible coefficient.
A 14h00, nous sommes arrivés. Il fait toujours aussi froid et le temps est couvert. Autant il ne peut pas y avoir deux jours successifs ensoleillés, en revanche je cumule les jours couverts. Tant qu’il n’y a pas de pluie, ça ne me dérange pas… Notre étape d’aujourd’hui, c’est Olderfjord et je rencontre devant le camping un motard néerlandais qui nous a doublé la veille. Celui-ci nous dit que le tunnel en direction du Cap Nord est très propre et qu’il possède un espace qui permet la circulation des vélos. Si je peux grimper les 3 km à 10%, il me dit qu’il n’y a pas de problème. C’est décidé, nous partons donc demain pour l’île du Cap Nord… Nous passerons la nuit à Honningsvag où mes parents nous rejoindront et nous pédalerons le lendemain en direction du Cap Nord. D’ici là, les plans ont le temps de changer encore une fois !
Au moment de planter notre tente, nous revoyons une ancienne connaissance, l’allemand rencontré la veille, qui ne fait qu’une pause avant de repartir. Nous sommes maintenant dans le café, chacun occupé à remplir son journal de bord.

Commentaires

Salut Yves,
Ton aventure est passionnante. J'ai l'impression de pédaler à tes côtés.
Depuis la Madeleine, nous ne manquons pas une étape de ton périple.
Bon courage pour la suite… et à bientôt !

Ecrit par : Philippe | 08/07/2008

Trop trop belles les photos!! On veut ausi des films!!!

Ecrit par : Melo | 08/07/2008

coucou Yves
pas de probleme pour pour les détails"croustillants",tant que tu ne nous décrits pas les m...à m.......... qui tournent autour ...................................
merci encore et encore de si bien ns faire partager ts ces beaux paysages ,c'est presque comme si on y etait...Bonne retrouvaille avec tes parents et vive toi !,vive le cap nord ! et vive le vélo !!bise de marie.
ps:je pars qques jours sur mon ile d'yeu,alors je te fiche la paix pdt 8 jours.mais ça va me manquer de ne pas pouvoir te lire.

Ecrit par : marie | 10/07/2008

Bonjour Yves,
Moi aussi j'ai l'impression de pédaler à tes côtés, bien que nous ne nous connaissions pas. En fait, nous sommes des centaines à tes côtés, sache-le lorsque le sentiment de solitude t'envahit.
Maintenant que tu as trouvé un complice, c'est formidable !

Bravo, et encore bravo. Et surtout merci de nous faire partager ton périple et tes impressions. J'apprécie particulièrement le passage sur tes motivations : dans la vie, on découvre toujours bien plus que ce que l'on avait espéré !

Ecrit par : Bab | 12/07/2008

Merci pour tes photos !!!
Nous attendons avec impatience une vidéo de ton arrivée au cap nord!!
Gros bisous et courage

Ecrit par : STEPHANE | 12/07/2008

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