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28/06/2008

Un retournement de situation en ma faveur...

Bonjour à tous,

Vendredi – Quel bonheur de passer une nuit au chaud et au sec alors que la veille au soir, j’étais totalement trempé et frigorifié. Aujourd’hui, c’est une très petite journée, puisqu’il faut que fasse 46 km jusqu’à Pajala. Je vais à Pajala pour deux raisons. La première étant de récupérer un colis de réapprovisionnement (sera-t-il arrivé ?). La deuxième étant que je dois retrouver trois amies finlandaises que je connais de mes études au Danemark il y a 5 ans.  Ceci signifie que je resterai samedi à Pajala ainsi que dimanche matin avant de repartir sur la route.  Mais nous n’en sommes pas encore là…
J’ai donc enfourché mon vélo vers 10h00, direction Pajala, il ne faut tout de même pas que je traîne trop car je n’ai pas la moindre idée des horaires de la poste. Je ne sais pas non plus si elle est ouverte le samedi, il vaut donc mieux arriver tôt. Le temps est relativement couvert mais pour l’instant il ne pleut pas, en revanche le relief est très saccadé et j’ai donc du mal à trouver mon rythme. En sus du relief, j’ai l’impression de toujours avoir des séquelles de la veille, je ne suis donc pas en grande forme physique et j’ai du mal à avancer… A 14h30, j’arrive enfin à destination et je me rends directement à la poste. Mon colis est bien là mais dans quel état… Il y a un énorme trou, mais bon l’essentiel est toujours dedans ! Revenons tout de même rapidement à mon trajet, car je n’ai pas eu de pluie mais jusqu’au bout j’ai cru que j’allais y avoir droit.
Après avoir récupérer mon colis, il fallait trouver une endroit où dormir. J’ai bien fait d’arriver tôt car toutes les chambres d’hôtel sont occupées pour le week-end et pour cause, il y a une grande fête religieuse à Pajala et sa population est multipliée par 10. Non loin de Pajala, je parviens finalement à trouver une chambre dans laquelle, je vais pouvoir rester le week-end et me reposer. Je suis très bien accueilli par Nina, la propriétaire suédoise qui parle français.
Ce logis propose en plus un sauna, confort que je m’empresse de tester et j’en ressors vivifié. En plus c’est un sauna qui fonctionne au bois, il chauffe au bois et on verse sur les pierres brûlantes de l’eau. La chaleur grimpe et plus je monte sur les marches, plus la température augmente. Je sue à grosse gouttes et je suis tellement bien que j’ai failli m’endormir. Après je fonce sous une douche, il faudrait que celle-ci soit glacé pour bien respecter le rituel, mais je ne suis pas prêt pour ceci…

Samedi – Toujours pas de grasse matinée car le petit déjeuner est servi jusqu’à 9h00, m’a-t-on dit ! Serait-ce qui je crois au travers de mes stores… En tous les cas ça en à tout l’air et vous ne pouvez pas savoir comme ça fait du bien de le voir… De le savoir présent me réchauffe… Il reste encore quelques nuages mais le soleil est bien là et je prends donc mon petit déjeuner au soleil. Un véritable plaisir… Mon moral est au beau fixe et rien que d’y penser, j’en souris.
Aujourd’hui, j’attends mes trois amies finlandaises qui devraient arriver en soirée, en attendant il est hors de question que je reste cloîtrer dans ma chambre. Je propose donc mon aide à Nina pour aider son mari à construire la terrasse. Me voilà donc à l’œuvre à visser des planches… Ca me change un peu du vélo, ca m’occupe l’esprit et j’en viens presque à oublier que je dois partir pour le Nordkapp. Le mari de Nina est mineur. La mine dans laquelle il travaille est à plus de 1300 mètres sous le sol. Je pense qu’il pourrait être aussi un très bon charpentier… En discutant, tous ensemble, ils me donnent quelques astuces pour éviter les moustiques, porter des vêtements clairs, sentir le savon plutôt que la transpiration. Je sais aussi maintenant  pourquoi les locaux ne craignent pas les piqûres. En début de saison, ils sont comme nous et se font piquer et puis ils s’habituent jusqu’à ce que les piqures ne leur fassent plus rien… J’ai enfin percer leur secret…
Pour me remercier de mon aide, ce qui n’était vraiment pas nécessaire, ils m’ont offert une pizza. Et en plus j’adore ça !

Qui plus est, la mari de Nina m'a proposé de m'avancer en voiture de plus de 70 kilomètres. Il y a des travaux sur la route sur plus de 15 kilomètres, des travaux qui rendent la route impratiquable puisqu'ils ont enlever l'asphalte et il ne reste plus que des galets. Lundi soir, ils m'acceuillent dans le jardin de l'un de leur cottage et proposent de m'emmener pêcher et de visiter un peu la région. Bien sûr, je ne peux pas refuser. C'est une proposition qui m'intéresse énormément et je suis impatient de voir tout ça.

26/06/2008

Le cercle polaire

Bonjour à tous,

Mercredi – A 8h30 je suis sur la route pour Morjarv à plus de 125 km de là. Il s’est arrêté de pleuvoir depuis hier et même si le ciel est encore bien couvert je me décide à partir. Je pars d’abord en direction de Boden. C’est une ville plus importante que tous les bleds que je traverse régulièrement et c’est surtout une base militaire. Toute l’architecture de la ville est différente avec de petits immeubles de 3, 4 étages de partout, ça change un peu des maisons en bois rouge que je vois toute la journée… Bien sûr, j’ai eu le droit à ma petite douche quotidienne mais cette fois c’était sous la forme d’un crachin, tout de même plus agréable qu’une bonne grosse pluie. Dans l’après-midi j’ai rencontré un suédois qui était lui aussi en train de faire du vélo et qui m’a proposé de m’accompagner pendant quelques kilomètres. Ca c’est vraiment quelque chose de bien et c’est ainsi qu’il m’a accompagné pendant une grosse heure et que j’ai pu en apprendre un peu plus sur la présence d’ours brun dans la région… gloups… A 35 kilomètres de l’arrivée il a du me quitter et j’ai donc continué la route seul dans un décors pas des plus attirants… Mon arrivée à Mojarv se fait sous la menace de la pluie, je suis exténué et me dirige vers la camping pour passer la nuit dans un bungalow. Les toilettes et la douche sont dans un autre bâtiment pas vraiment accessible donc par flemme ça ne sera pas de couche pour moi ce soir…

Jeudi – Je me lève, il pleut déjà, le temps de prendre mon petit déjeuner et il s’arrête de pleuvoir. Je dois partir en direction de Overkalix à plus de 35 kilomètres de là. 35 kilomètres la E10 avec un trafic très important et de nouveau un crachin et un relief des plus contraignants, alternant faux plats, petites montées et petites descentes. A Overkalix, je quitte la E10 pour me retrouver sur une route beaucoup moins empruntée et c’est là qu’arrive ma première surprise. Alors que je roule, un véhicule s’approche à grande vitesse (portion à 110 km/h) dans le sens contraire. Le véhicule se décale doucement sur ma voie et je pense qu’il veut s’arrêter pour me parler mais il ne freine pas du tout... Il continue toujours à se déporter, passe sur l’herbe et fonce tout droit dans le caniveau... Il passe à quelques mètres de moi, sur ma droite à pleine vitesse, pour enfin s’arrêter 30 mètres derrière moi. Le chauffeur sort de sa voiture, il s’était endormi au volant et il n’a rien, son véhicule non plus d’ailleurs. L’homme ne parle pas anglais, je ne comprends rien de ce qu’il dit et j’attends donc avec lui que quelqu’un d’autre s’arrête pour pouvoir repartir. Après coup je me suis dit que si j’étais passé par là quelques secondes plus tôt, il aurait pu me rentrer dedans et l’incident aurait pu devenir un peu plus tragique... Plus tard dans l’après midi, j’ai atteint un autre de mes objectifs, le cercle polaire. Il est représenté par un globe. Cette ligne imaginaire représente tout un symbole, je l'assimile au nord, au froid, à la neige, au soleil de minuit, aux aurores boréales... On rentre désormais dans le vif du sujet, 1545 kilomètres après Oslo et plus de 4000 km au nord de Paris, voici enfin le cercle polaire… Un peu plus tard vient la deuxième surprise de la journée quand un renne jaillit à quelques mètres de moi du fossé. Celui-ci me regarde avec curiosité et s’éloigne doucement quand une voiture approche. Rencontre très amusante et touchante.
Il est maintenant 16h00 et je viens de passer le panneau de Korpilombolo qui indique 32 kilomètres et j’attaque une petite côte telle que j’en avais pas vu depuis quelques temps. Arrivé au sommet, un petit crachin m’accueille, mais très vite je me rends compte qu’il ne va pas disparaître rapidement. Tout autour de moi devient brumeux et le crachin se fait de plus en plus insistant se transformant en pluie par moment. Ca fait une heure que je roule sous la pluie et je suis de nouveau trempé, le vent souffle et il fait très froid (j’apprends plus tard qu’il fait 9 degrés). C’est encore pire qu’il y a deux jours. La pluie me coule le long du visage et le produit anti-moustique que je m’étais appliqué auparavant coule avec, me brûlant les yeux et me laissant un goût amer dans la bouche. Il continue de pleuvoir sans relâche et le relief est toujours aussi contraignant. J’en peux plus, mes nerfs lâchent, je ricanne sans raison, je veux hurler... A quoi bon… Je suis tout seul et contre qui puis-je bien hurler? Tous les noms d’oiseaux passent par ma bouche et aucune pensée ne me permet de m’échapper. J’en ai marre, je veux abandonner, laisser tomber, tout arrêter… Abandonner…. A quoi bon ! Cela ne va pas faire venir un hélicoptère pour me rapatrier, cela ne va pas me téléporter dans un bain bien chaud… Je n’ai pas le choix, il faut que je continue.

J’arrive à destination et cherche un hôtel. Une fois celui-ci trouvé, il faut que je téléphone aux propriétaires pour que ceux-ci m’ouvrent l’hôtel. Personne ne répond… Je panique, je suis frigorifié et comprends tout le sens de "trembler de froid". Je ne peux pas me retenir, tous mes muscles sont tétanisés et mes mouvements incontrôlés. Je décide d’aller dans la maison d’en face pour me renseigner. Une dame m’ouvre la porte et m’invite à rentrer et m’offre un thé bien chaud… Pendant que je réchauffe mes mains avec le thé alors que tout mes vêtements sont encore trempés, elle téléphone aux propriétaires qui ne tardent pas à arriver. J’ai une fois de plus trouver un endroit où dormir, je prends ma douche, vous écris et m’apprête à aller dans ma chambre pour m’allonger. Aujourd’hui, presque 100 km dans les pattes et j’ai failli craquer pour de bon…

24/06/2008

Une journée de plus à l'hôtel...

Bonjour à tous,

Ce matin je me réveille dans une chambre d’hôtel. Hier soir, en arrivant à Alvsbyn, la priorité était de me réchauffer au plus vite afin de ne pas attraper froid. J’ai donc pris une douche bien chaude et me suis empressé d’enfiler dans la foulée des vêtements chauds et secs. Je me suis ensuite acheté une pizza, car c’était le seul restaurant ouvert et après avoir appelé mes parents et résumé mes deux derniers jours, je me suis très rapidement endormi.
Mais revenons à ce matin. J’ouvre les yeux encore plein de fatigue, me redresse sur mon lit et m’aperçois qu’il pleut dehors. Je me donne alors jusqu’à midi pour voir si la météo s’améliore. Cela durera jusqu’à 15h00… Il est donc trop tard pour partir, effectivement arriver dans une ville qu’on ne connaît à des heures tardives, c’est toujours un peu délicat. Je passe donc toute ma journée a rattraper un peu mon retard sur le blog (photos et nouvelle illustration de mon itinéraire) et j’en profite pour me reposer des deux dernières journées en regardant bêtement la télé. Vers 19h00, je vais faire un petit tour dans le village pour m’acheter de quoi dîner et ce sera une nouvelle fois, une pizza. Cette fois elle est tout de même accompagnée d’une tomate bien rouge et bien fraîche et d’une pomme croquante et rayonnante. Ca change de ma nourriture lyophilisée… Ces petites gâteries, je les ai acheté dans le super marché local. Chaque pays a son super marché, vous n’y trouverez jamais les mêmes produits. Difficile de trouver des barres de céréales, les pommes et les tomates sont plus brillantes les unes que les autres, il n’y a pas de baguette fraîche, le coin des desserts est bien garni. Bref une toute nouvelle expérience… J’y ai même retrouvé des biscuits que j’avais acheté à Asele et qui m’avaient vraiment plus. Alvsbyn, un petit village à 60 km de Luléa, vraiment très au nord de la Suède mais tout de même les infrastructures sont impressionnantes. Tous les trottoirs sont équipés de bateaux, le distributeur de billets est parfaitement adapté à ma taille et il est même abrité sous un petit auvent, l’entrée du supermarché possède une rampe ainsi que celle de l’hôtel, toutes les caisses sont suffisamment larges, les étagères dans les rayons ne montent pas inutilement haut. Le paradis pour les personnes en fauteuil roulant…

23/06/2008

Les kilomètres tombent et la pluie aussi...

Bonjour à tous,

Dimanche – Comme je vous l’avais dit, aujourd’hui, je pars pour une grosse journée puisque je veux m’arrêter à Glommerstrask à 115 km de Lycksele. Ce matin, le ciel est une nouvelle fois couvert mais j’ai le droit de temps à autre à quelques éclaircies qui font du bien. Mais voilà, ça fait maintenant 40 km que je roule et j’en ai plein les pattes et me demande vraiment si je vais pouvoir continuer jusqu’à mon objectif. J’allais pour faire ma pause déjeuner pour reprendre des forces et reprendre un peu d’espoir quand je vois un cyclotouriste qui vient à ma rencontre. Ils sont en réalité deux, Johnny et Richard, deux anglais. Ils sont allés jusqu’au Cap Nord en avion et en bus et redescendent à Vélo jusqu’à Tenerife. C’est une sacrée trotte tout de même, plus de 7000 km. On échange deux, trois bons plans pour la route et nous revoilà partis, chacun dans sa direction. 30 km après, j’arrive à Norsjo, l’alternative à Glommerstrask, mais je ne peux pas me résoudre à m’arrêter. Il est 15h30 et je décide de continuer et de pédaler les 45 km qu’il me reste. Jusqu’à présent, je n’ai pas eu de pluie mais je vois dans mon petit rétroviseur que le ciel est très sombre derrière moi. Ce n’est pas la première fois que la pluie me prend par surprise en arrivant par derrière. Il me reste encore 20 km et j’arrive dans une superbe côte et c’est ce moment là qu’a choisi la pluie pour mener son offensive. Elle n’y va pas de main morte puisqu’elle m’envoie les grêlons. Par rébellion je n’enfile pas ma combinaison de pluie et j’attends que ça passe. Arrivé en haut de la côte la pluie s’est arrêtée et je peux donc repartir non sans avoir un peu froid, car il faut un peu de temps avant que mes vêtements sèchent. Tel que je le vois sur ma carte, il n’y a pas de camping à Glommerstrask c’est donc soit du camping sauvage soit l’hôtel. Un peu avant d’arrivée, il y a une petite aire de pique-nique qui me semble parfaite pour passer la nuit, je quitte donc la route… Un moustique puis deux me foncent sur le visage, je me claque le bras et j’en tue 5… Ok, il est hors de question que je passe la nuit ici… Je m’enfuie à toute vitesse et non sans un vent de panique. Il est tard, il fait frais et je veux me reposer... Je ne suis plus qu’à 1 km et je vois un terrain de foot. Ca fera l’affaire. Le propriétaire passe par là à ce moment et il n’y a pas de problème. Les moustiques sont là aussi donc je m’asperge de lotion et monte ma tente pour me jeter à l’abris. J’ai limité la casse et je peux donc cuisiner tranquillement et m’endormir, tout en ayant à l’esprit qu’il faut que je quitte les lieux vers 8h00 comme convenu avec le propriétaire.

Lundi – 8h00, je ne suis jamais parti aussi tôt. Le ciel est bien couvert mais ne semble pas menaçant. J’arrive assez rapidement à Arvidsjaur à 40 km. A partir de là, je rencontre un nouvel ami : le vent. Il ne souffle jamais dans le bon sens et se met à souffler dans les descentes pour vous empêcher de prendre de la vitesse et dans les montées pour vous stopper… Mais il ne m’empêche pas d’avancer et je profite donc du relief relativement plat pour prendre un bon rythme et sentir les kilomètres tomber à toute allure. Dans une petite côte, un automobiliste ralenti, me dépasse, s’arrête en haut et descend de sa voiture. Quand j’arrive à sa hauteur, il me dit qu’il habite dans le coin et qu’il m’a dépassé la semaine passée dans l’affreuse montée de Vemdalen… Lui il a mis un jour pour rentrer chez lui alors que moi, j’ai mis une semaine pour arriver là ! Je reprends ma route et qui se joint alors à mon épopée ?… La pluie. Je décide de voir si ça passe et n’enfile donc pas ma combinaison. Après 30 minutes, mon T-shirt est trempé, me colle à la peau. C’est très désagréable, surtout après une descente pendant laquelle le T-Shirt se refroidit, le premier coup de pédale est alors très dur. Il ne faut surtout pas que j’attrape froid et je m’arrête sur le bord de la route et pas du tout à l’abris, pour changer de vêtement. J’enfile ma combinaison et je repars. Après à peine 20 minutes je suis de nouveau trempé, je n’ai alors qu’une hâte, arriver. Il me reste encore 30 km, que je vais faire entièrement sous la pluie sans aucun répit.
19h00, j’arrive donc à Alsvbyn, 133 km et 11 heures après Glommerstrask, un nouveau record…

La pluie commence à être vraiment pesante et je ne m'attendais pas un tel acharnement. Faire tomber les kilomètres est bon pour le moral, mon corps commence à le sentir mais rien d'alarmant. La dernière semaine qui vient de s'écouler, le climat m'a beaucoup usé plus que le nombre de kilomètres.

21/06/2008

Soleil, où es-tu?

Bonjour à tous,

Vendredi - C'est mid-summer fest, les suédois et les scandinaves de façon générale fêtent le jour le plus long. On m'a dit: "tu vas voir ça va être la fête de partout et après ce jour-là ils sont en vacances et c'est donc un monde nouveau"... Moi je suis au camping d'Asele et il n'y a pas encore grand monde, tout est fermé et on dirait une ville fantôme. Il pleut toute la matinée, c'est le déluge, heureusement que je reste à l'intérieur du café du camping et je peux donc voir ma tente se faire "laver". L'après midi, le soleil a fait son apparition, Bert et Marguerite, les propriétaires hollandais du camping me proposent d'aller faire un petit tour en voiture pour voir les environs. Bien sûr que j'accepte, ça me permet d'apprécier autrement qu'en vélo et puis ça va quand même plus vite... Nous prenons de petits sentiers dans lesquels je ne me serais jamais aventuré de peur de crever un pneu ou alors de rester bloquer en plein milieu de la forêt. Une fois arrivé au sommet de ces sentiers, en plein milieu des bois on prend la mesure du paysage: la forêt à perte de vue et des collines, toujours des collines. Bert et Marguerite me demandent si je veux manger dans une pizzeria dans Asele mais elle est fermée, nous achetons de quoi nous nourrir à la station service et terminons au camping. Il est rapidement l'heure d'aller me coucher, je prends donc mon matelas et mon duvet que j'avais mis à sécher et les jette dans ma tente. Je m'y jette à mon tour et lorsque je m'apprête à me glisser dans mon duvet, celui-ci est tout mouillé. C'est pas normal... C'est le drame... J'ai deux rigoles d'eau de chaque côté, à l'intérieur de ma tente. Je ne peux pas dormir comme ça, je ne veux pas demander de l'aide et je n'ai pas du tout envie de démonter ma tente pour vider l'eau... Je prends donc ma tasse et je vide l'eau tasse après tasse... Au sec, je m'endors...


Samedi - Je me lève d'une part réveillé par des gens du camping très peu discrets et qui hurlent déjà alors qu'il n'est que 7 heures du matin, mais d'autre part car le soleil tape sur ma tente. Serait-ce donc le début d'une belle journée ensoleillée? Je range toutes mes affaires, prends le petit déjeuner avec Bert et Marguerite et me mets en route... Il n'y a personne, pas une voiture, il n'y a que moi, Héméra (mon vélo) et la nature, c'est très agréable, mais trop beau! Ca se couvre en un instant et puisque je commence à prendre l'habitude de ces changements de climat rapide, ma combinaison est déjà prête. Je n'ai pas eu tort car en moins de rien je me fais littéralement saucer... Je suis bientôt trempé jusqu'aux os. Trempé, non ce n'est pas un terme assez fort...Imaginez-vous vous jeter sous une douche tout habillé avec comme seule option eau froide, et en plus un ventilateur qui vous souffle dessus. Je suis donc congelé et ma crainte est d'attraper froid, je bouge donc à fond mes bras et espère à chaque côte voir un peu de ciel bleu. Mais je suis obligé d'attendre 14h30, ma pause déjeuner, pour voir un rayon de soleil. Tous mes vêtements sont rapidement mouillés mais aussi rapidement sec. Je déjeune donc comme un lézard au soleil. Il faut déjà repartir, ça se couvre mais au moins il ne pleut pas. Devant moi, il y a quelques nuages et parfois un peu de ciel bleu mais c'est quand je regarde derrière moi que je prends peur. En effet, c'est noir, je vois la pluie qui tombe et j'entends le tonnerre qui gronde, j'accélère donc la cadence. Il est 19h00 quand j'arrive au camping de Lycksele, j'ai pédalé 88 kilomètres et demain j'aimerais bien boucler une étape à 115 km... On verra

20/06/2008

Mes 1000 premières bornes

Bonjour à tous,


Jeudi - J'ai un peu fêté ces 1000 premiers kilomètres malgré moi.
Je suis parti ce matin du camping de Dorotea avec pour objectif d'atteindre Asele, qui est à seulement 50 kilomètres de distance. Mais puisque le prochain camping était beaucoup trop loin, je n'avais pas trop de choix. D'autre part j'étais obligé de passer par cette ville car je m'y suis fait envoyer un colis. Mais puisque je viens de recevoir mon précédent colis en début de semaine, j'ai demandé à ce que ce colis (qui n'était pas encore arrivé aujourd'hui) soit forwardé plus au nord.
Je suis donc parti sous un ciel bleu azur ce qui n'était pas gagné au vue de la couleur du ciel, la veille au soir. Le relief étant relativement plat, je n'ai pas eu à trop souffrir. J'ai pu apprécier pleinement le fait que je franchissais un cap, avec ces 1000 kilomètres. 1000 km qui se sont dans l'ensemble bien passés. Il m'en reste encore 3650 et encore tant de choses à découvrir, tant de gens à rencontrer, tant de paysages à apprécier, tant de galères et joies à venir. Cet objectif des 1000 km donne du baume au cœur, donne du courage et raffermit cette volonté d'aller plus loin encore... Mais revenons en à nos moutons…
Sur ma route, je constate une petite aire de repos au bord de l'eau et celle-ci me parait tout à fait adaptée pour ma pause déjeuner. Je me rends compte rapidement que je ne suis pas seul et qu'il y a un camping-car avec deux allemands qui ont profité du cadre magnifique de cette aire pour faire une halte. Alors que l'un d'eux est en train de pêcher, l'autre s'approche de moi pour me dire qu'ils m'ont doublé un peu plus tôt dans la matinée. Très vite, ils m’invitent à prendre la café à l'intérieur car nous nous faisons déjà attaquer par nos amis les moustiques... Ce café se transforme finalement en déjeuner, quoi de mieux pour fêter mes 1000 km. Ils sont très aimables et très joyeux mais il est temps pour moi de reprendre la route, surtout que je suis bientôt arrivé mais il faut que je sois à Asele avant la fermeture de la poste. Juste avant d'arriver à destination, je constate que quelqu'un traverse la route pour se mettre de mon côté. C'est un néerlandais et il m'a déjà vu à plusieurs reprises sur la route et nous commençons donc à discuter. Ce n'est pas la première fois que ça arrive. Il arrive que les gens me croisent, sans que je m'en rende compte, plusieurs fois dans la journée. Comme quoi, nous prenons à peu près tous les mêmes chemins. Je repars donc, heureux de cette nouvelle rencontre. Je sais dores et déjà que les propriétaires du camping où je vais passer la nuit sont néerlandais puisque le camping m'a été recommandé par les propriétaires néerlandais de Dorotea. Je sais aussi qu'ils ont une passion à me faire partager, une passion dont j'aimerai bien apprendre plus pour pouvoir monter ma prochaine aventure. Mais il est encore beaucoup trop tôt pour en parler...!
Demain, je pense faire une pause, car j’ai pas mal d’avance et ça me permettra de profiter un peu,  avec des gens qui m’ont l’air très accueillant.


Vendredi – Effectivement aujourd’hui, je fais une pause. Il a plu toute la nuit et il continue à pleuvoir. J’ai eu le malheur cette nuit de mettre mes jambes contre la toile et ce matin mon sac de couchage ainsi que mon matelas étaient trempés.

Il y a une nouvelle vidéo tout en bas de la page...

18/06/2008

Un nouveau record

Bonjour à tous,

J’ai enfin accès à internet donc j’ai mis les articles en retard ceux du 14, 15, 16, 17 et 18 juin. J’ai aussi ajouté un article écrit par Maud qui relate son expérience.

Mardi – Je ne me lève pas trop tard car ce matin, il y a mon colis qui arrive. Je plie toutes mes affaires et le hollandais que j’ai rencontré la veille vient à ma rencontre pour voir mon matériel. Il va aussi au Cap Nord sur un vélo couché et réalise au minimum 100 km/ jour. Nous fonçons ensemble à le réception et mon colis est bien là. ENFIN… Je charge tout à bord de ma remorque et je suis prêt à décoller. L’arrivée est encore à définir. Je débute par 30 km dans les collines, ça monte pas mal et ça descend pas beaucoup. Dans une des côtes je me fais dépasser par une voiture que je reverrais quelques kilomètres plus loin et qui s’arrêtera pour venir parler avec moi. La femme qui conduit cette voiture parle, en plus, très bien français… J’en profite pour avaler mon petit casse-croûte et je repars aussi vite. Les dénivelés diminuent et j’acquière un très bon rythme et au passage de Hammerdal je me dis que je peux continuer jusqu’au village de Stormsund. A l’approche de ce dernier, le paysage change, la luminosité est différente, la végétation laisse un peu plus de place à autre chose que des pins et le soleil brille. En arrivant à Stormsund une voiture me dépasse à toute allure… ce sont des policiers, deux minutes plus tard une autre voiture de police. Notez que c’est la première fois que je vois la police suédoise. Au passage d’une maison quelqu’un qui m’a dépassé quelques heures plus tôt en voiture, m’arrête pour me poser quelques questions. Le temps de lui raconter mon parcours et je repars pour arriver vite à Stormsund. Il y a plein de gens debout sur la barrière du camping, je me dis que ça ne peut pas être pour moi et je constate alors un carambolage juste devant le camping et y retrouve les deux voitures de police. Plus tard, j’apprends qu’en réalité ce carambolage est le résultat d’un hold-up de la banque de Stormsund. Le méchant après avoir éclaté le pneu de sa voiture s’est fait prendre en sandwich par les policiers du coin. Ceux-ci ne sont pas de vrais policiers mais des policiers privés. Arrivé au camping je monte ma tente et après mon dîner, un allemand qui m’a vu arriver s’intéresse à mon matériel et nous discutons. Il a déjà été au Cap Nord à plusieurs reprises et me donne quelques tuyaux. Maintenant je peux m’endormir car mine de rien j’ai fait 110 km dans la journée : un nouveau record.
Mercredi – Je suis sur la route à 9h00, ce matin j’ai décidé d’être matinal. Le relief est relativement plat et le paysage n’a rien de bluffant. Je fais donc 40 kilomètres et j’entends le ciel gronder dans mon dos. Je me retourne pour voir que ça s’assombrit à vue d’œil et que j’ai intérêt à accélérer le mouvement si je ne veux pas être pris au dépourvu. Je fonce donc jusqu’au village de Hoting 50 km de Stormsund. Je me prends déjà quelques grosses gouttes dans la figure mais ayant mis ma combinaison de pluie tout au fond de mon sac, je dois tout donner pour éviter l’orage. Une station service sera mon abris pour midi et à peine rentrer que le déluge s’abat sur Hoting. Je prends mon repas, enfile ma combinaison et repars dès la première éclaircie. Aujourd’hui, je suis fatigué et je veux donc vite m’arrêter. Hors de question d’aller jusqu’à Asele qui est à plus de 65 kilomètres de Hoting. Je me contente donc de Dorotea. 30 minutes avant d’arriver, je sursaute car quelqu’un venant de derrière moi vient de m’interpeller.  Le premier cyclo-touriste rencontré sur la route... Il est allemand, fait plus de 200 kilomètres par jour et fonce vers le NordKapp. Je ne pourrais pas tenir le rythme et je m’arrête donc comme prévu alors que celui-ci pédale encore. Dommage, j’aurais bien fini l’étape avec lui. Je suis donc au camping, une nouvelle fois tenu par des hollandais.
Je totalise maintenant 970 kilomètres et je me suis promis une surprise en passant les 1000, j’ai toute la nuit pour y réfléchir…

17/06/2008

Le point de vue de Maud

Comme Yves vous l’a dit dans ses messages, j’ai fait partie de ses bagages les premiers jours ! Je dis bien « bagages » parce qu’il a fallu me caser quelque part dans sa voiture entre les vélos et les sacs !
Nous avons profité un maximum de tous les derniers instants de confort que nous pouvions avoir avant de se lancer dans cette mystérieuse aventure : douches et redouches, escalope en sauce, humberger, glace, lit, oreiller, kilomètres qui défilent sans efforts physiques… Mais où va-t-on ? Qu’est-ce qui nous attend ? A quoi nous préparons-nous ? Est-ce que Yves prendra du plaisir dans cette aventure ou la difficulté physique prendra-t-elle le dessus ? Toutes ces questions sont dans nos têtes, mais nous les exprimons timidement. De toute façon, on est parti, l’aventure va commencer et on aura les réponses qu’une fois sur nos vélos !
Mercredi 4 juin, il est 13h, la carte au trésor dans Oslo est finie. Nous avons toutes les informations nécessaires et pouvons partir : « Allé, fonce Alphonse ! »
Les premières côtes sont monstrueuses, son matériel pèse une tonne…c’est dur ! On positive, d’ici quelques jours il aura les bras d’Hercule et pourra tout gravir tout seul ! Pour l’instant, et seulement quand ce n’est plus possible autrement, je descends de mon vélo et donne un petit coup de pouce au sien. Fin de journée, on a fait 40km, on est fatigué mais pas éreinté. Ouf, les muscles fonctionneront encore pour demain !! C’est en fait les moustiques et mon superbe camping sauvage qui nous ont tué. C’est que le début, alors autant en rire parce que ça sera peut-être pire demain… !!
Jeudi, la magie du voyage a commencé ! Paysages superbissimes, petit-déjeuner face à un spectacle d’enfants, les gens s’arrêtent et discutent avec Yves, klaxonnent et l’encouragent dans les montés. Il fait beau, chaud et on pousse nos vélos jusqu’à 70km ! Trop facile !! Bon, on s’était quand même autorisés à avoir au maximum une galère par jour et ce jour là on avait choisi « la 2 voix avec les camions qui nous doublent à plus de 100km/h » ! On est vite passé de l’autre côté de la barrière, par contre il nous a fallu un moment pour tirer son matériel au dessus du talus. Son sac est tellement lourd. Yves m’a alors demandé : « Mais comment je ferai la prochaine fois et que tu ne seras pas là ? » Je l’ai vite rassuré : « La prochaine fois, tu te méfieras de la route que tu prendras !! »
Vendredi, tout va bien. On a parcouru 80km et avons découvert nos limites, nous sommes vraiment fatigués ! Nous plantons nos tentes sur le terrain d’une école et rêvons d’une longue nuit réparatrice. Mais nous réalisons que notre choix de camping n’est pas idéal et qu’il faudra partir entre 6 et 7h du matin si nous ne voulons pas être réveillés par le personnel d’entretien ou même par la police ! Il faudrait changer d’emplacement, mais vraiment on n’en a plus le courage ! Et puis, comme un éclair d’ingéniosité, Yves me dit soudain : « Mais demain c’est samedi !!! » Alors nous avons supposé que les petits norvégiens n’avaient pas école le samedi matin et en avons profité pour faire une grasse matinée jusqu’à 8h !
Samedi, 4ème jour de vélo, Yves a son rythme. Il fonce ! 40km le matin, déjeuner, sieste dans le jardin d’une famille qui nous avait invité à profiter de leur ombre, 40km l’après-midi. Il gère parfaitement son matériel et sa forme. Il est autonome. Il est peut-être même temps que je parte et qu’il vive son projet seul comme il l’avait souhaité.
Dimanche, je fais la moitié de son parcours prévu et passe la barre des 300km avec lui ! Youhou, je suis contente de mon propre chalenge ! Il lui en reste 4300 à faire, je remets ma fierté dans ma poche et lui tire mon chapeau bas. Je sais que sa détermination et son pragmatisme le mèneront au bout de cette longue aventure. Je suis admirative de sa force de caractère, de sa volonté et de son courage. Je le remercie de tout cœur pour cette expérience qu’il m’a fait partager.
Yves, je te dis : « BRAVO, MERCI ET… Fonce Alphonse ! »

16/06/2008

Il y a une justice dans le monde...

Bonjour à tous,

Dimanche - Je suis parti à 10h30, content de partir de ce camping où je suis arrivé la veille sous une pluie battante et où il n'y a pas grand monde. D'autant plus content, que malgré une couverture nuageuse, ceux-ci ne paraissent pas très menaçant. A Funasdalen, on m'a mis en garde contre l'étape que je m'apprête à débuter: il y a des sacrées montées! 20 kilomètres parcourus et toujours pas de montée, en revanche la pluie a fait son apparition. Depuis le début de la semaine, je n'ai pas fait une journée sans elle... J'arrive à Vemdalen, très charmant petit village tout en faux plat et à la sortie de Vemdalen, ça commence à grimper. Mais voilà, à mesure que j'enchaine les virages le dénivelé augmente de plus en plus, sans parler de la pluie qui semble ne pas se soucier que je sois en plein effort. Les derniers kilomètres et j'atteins mes limites, le dénivelé est quasi impossible et c'est au prix n'énormes efforts et je pèse mes mots que j'arrive au sommet après 9 kilomètres de grimpette. Je recontre alors des randonneurs qui m'annoncent deux nouvelles. La première étant que l'on voit au loin du ciel bleu et que celui-ci semble s'étendre vers nous. La deuxième, c'est que si je n'ai pas aimé cette côte, il y en a une autre bien pire qui m'attend un peu plus loin. Je profite de ce petit bavardage pour reprendre un peu mes forces et m'arrêter quelques mètres plus loin pour casser la croute. Lorsque je repars, le soleil pointe le bout de son nez et la descente s'amorce. Je bats mon record de vitesse avec plus de 60 km/h. Impressionant, la moindre erreur et je peux arrêter mon voyage et en commencer un autre d'un tout autre "genre". Mais j'aime le goût du risque et l'adrénaline de la vitesse. 10 kilomètres plus une deuxième côte qui se profile, juste après le village de Klovsjo. J'entame un virage en me disant que c'est la fin et l'inclinaison de la pente se fait encore plus ressentir. Heureusement, cette fois, j'ai le soleil pour me remonter le moral. J'arrive au sommet heureux... Une petite réflexion me traverse alors l'esprit. Comment aurais-je fait si j'avais eu à tirer 11 kilos de plus (le poids de mon colis), mieux vaut ne pas y penser... Ca fait 6 heures que je suis parti et j'ai parcouru à peine 50 kilomètres. Je mets donc les bouchés doubles, mais je n'arrive pas à trouver d'endroit ou m'arrêter, les campings ne me disent rien et les hôtels sont horribles. J'arrive à 19h00 à Svenstavik, avec 80 kilomètres dans les bras, je suis accueilli par me semble-t-il, le cuistaud, très sympathique, au demeurant. Il s'avère qu'il vient du Kosovo qu'il a fui à l'âge de 14 ans à cause de la guerre. Il a ensuite habité en Allemagne et vit maintenant depuis quelques années en Suède. Ce n'est autre que le propriétaire de l'hôtel. Ne jamais se fier aux apparences... Il est d'une extrême gentillesse et nous passons une partie de la soirée à discuter alors que lutte contre la fatigue.
Lundi - Je parviens enfin à partir un peu plus tôt et suis sur la route à 9h30 sous le soleil et en direction d'Ostersund, une ville plus importante que celle que je croise depuis le début et qui me fait les yeux doux sur ma carte depuis déjà quelques jours. Une partie de la route s'effectue sur un tronçon très chargé où les voitures vont jusqu'à 110 km/h. Après 30 km je quitte cette route pour aller me réfugier sur une route secondaire un peu plus tranquille. Je plante ma tente au camping d'Ostersund vers 17H00 avec le sentiment d'avoir passé une journée acerbe. Seul point réjouissant, mon colis arrive demain et j'ai vu un couple d'élan à deux pas de moi... Ha, la nature...

14/06/2008

On oublie le colis un instant et on avance...

Bonjour à tous,

Vendredi - Je me réveille à 9h00 car ma mère m’appelle pour me demander si j’ai bien reçu le colis. Le temps de reprendre mes esprits et d’aller à la réception pour me rendre compte qu’ils n’ont toujours pas de nouvelles du fameux colis. Je m’installe donc avec mon ordinateur à côté de la réception et je guette l’entrée jusqu’à 15h00.  A 15h00 on appelle le livreur pour savoir où est ce qu’il en sont. Bonne nouvelle le colis est en Suède à Sundsvallen, en revanche il ne pourra arriver à Funasdalen que mercredi ou vendredi de la semaine prochaine… Il faut rester calme et ne pas s’affoler, je n’ai maintenant plus du tout de médicament, l’histoire devient tout de même préoccupante. Il n’y a certes pas de danger de mort mais la possibilité de détériorer des organes vitaux et j’en ai fait une fois la triste expérience. Je ne suis pas du tout prêt à la revivre, ça fait un mal de chien et j’ai terminé à l’hôpital avec 40 degrés et une peur bleue. La réceptionniste m’informe qu’il y a une pharmacie tout prêt, heureusement qu’elle se propose de m’y emmener car la descente (que j’avais faite la veille dans le sens de la montée) est très abrupte. Là-bas je suis rassuré car j’arrive à me procurer de quoi tenir le week-end. Je ne suis pas encore sorti d’affaire mais je peux tenir le coup. On convient avec le livreur que je l’appellerai lundi pour lui donner une adresse de livraison, solution qui me permet de me remettre en route dès le lendemain et d’avancer un peu dans mon parcours. Vendredi soir, je retourne au Villan café pour dîner et je tombe sur Pays-Bas – France, match pour lequel mon cœur balance. Je suis seul dans le restaurant et discute donc tranquillement avec le serveur suédois et il m’a donné quelques idées très intéressante à étudier pour l’après HandiKapp-Nord.
Samedi – Je suis toujours à la bourre et je me mets en route à 10h30, le temps est grisonnant mais rien d’alarmant. Je suis resté une journée et demi journée dans ce petit village mais je m’éloigne avec un petit pincement au cœur. Certaines personnes que j’ai rencontrées me saluent et me souhaitent bon vent. C’est touchant…
Ca fait 10 kilomètres que je suis parti et je sens que le ciel se couvre de plus en plus. Ayant déjà enfilé ma combinaison, il ne reste plus qu’à mettre ma capuche et mes chaussons pour être prêt à affronter la pluie. Celle-ci ne se fait pas attendre et ne me lâchera plus pendant plus de 55 kilomètres. Elle a juste fait une petite pause pour me permettre de déjeuner à l’aplomb d’un petit rayon de soleil. Je suis arrivé à Hede à 16h30, trempé jusqu’aux os. Ce n’est en fait pas la combinaison qui fait défaut mais ses coutures. Au bout d’un certain temps l’eau s’infiltre partout. Je roule et j’entends les gouttes d’eau qui tombent sur mon casque et qui ruissellent dans mon cou jusqu’au bas de mon dos. Elles pénètrent par les manches pour rendre mes avant bras insensibles, idem pour mes cuisses qui elles sont inactives et sont donc tétanisées. Sur mon vélo je suis assis et à la hauteur de mon bassin, une petite marre se forme et c’est goutte à goutte que l’eau s’immisce au travers de mon pantalon puis de mon caleçon. Je sens les gouttes d’eau froide perler sur ma peau provoquant des sensations pénibles qui vous font rêver à une bonne douche chaude. On m’a dit que sur la côte est de la Suède, le climat devrait y être plus clément. Je n’y suis pas encore, mais courage. 
Je suis arrivé et mon réconfort de la journée est d’avoir vu ce qui semblait être un élan. Je souhaitai l’interpeller mais celui-ci a préféré s’enfuir.

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