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14/06/2008

On oublie le colis un instant et on avance...

Bonjour à tous,

Vendredi - Je me réveille à 9h00 car ma mère m’appelle pour me demander si j’ai bien reçu le colis. Le temps de reprendre mes esprits et d’aller à la réception pour me rendre compte qu’ils n’ont toujours pas de nouvelles du fameux colis. Je m’installe donc avec mon ordinateur à côté de la réception et je guette l’entrée jusqu’à 15h00.  A 15h00 on appelle le livreur pour savoir où est ce qu’il en sont. Bonne nouvelle le colis est en Suède à Sundsvallen, en revanche il ne pourra arriver à Funasdalen que mercredi ou vendredi de la semaine prochaine… Il faut rester calme et ne pas s’affoler, je n’ai maintenant plus du tout de médicament, l’histoire devient tout de même préoccupante. Il n’y a certes pas de danger de mort mais la possibilité de détériorer des organes vitaux et j’en ai fait une fois la triste expérience. Je ne suis pas du tout prêt à la revivre, ça fait un mal de chien et j’ai terminé à l’hôpital avec 40 degrés et une peur bleue. La réceptionniste m’informe qu’il y a une pharmacie tout prêt, heureusement qu’elle se propose de m’y emmener car la descente (que j’avais faite la veille dans le sens de la montée) est très abrupte. Là-bas je suis rassuré car j’arrive à me procurer de quoi tenir le week-end. Je ne suis pas encore sorti d’affaire mais je peux tenir le coup. On convient avec le livreur que je l’appellerai lundi pour lui donner une adresse de livraison, solution qui me permet de me remettre en route dès le lendemain et d’avancer un peu dans mon parcours. Vendredi soir, je retourne au Villan café pour dîner et je tombe sur Pays-Bas – France, match pour lequel mon cœur balance. Je suis seul dans le restaurant et discute donc tranquillement avec le serveur suédois et il m’a donné quelques idées très intéressante à étudier pour l’après HandiKapp-Nord.
Samedi – Je suis toujours à la bourre et je me mets en route à 10h30, le temps est grisonnant mais rien d’alarmant. Je suis resté une journée et demi journée dans ce petit village mais je m’éloigne avec un petit pincement au cœur. Certaines personnes que j’ai rencontrées me saluent et me souhaitent bon vent. C’est touchant…
Ca fait 10 kilomètres que je suis parti et je sens que le ciel se couvre de plus en plus. Ayant déjà enfilé ma combinaison, il ne reste plus qu’à mettre ma capuche et mes chaussons pour être prêt à affronter la pluie. Celle-ci ne se fait pas attendre et ne me lâchera plus pendant plus de 55 kilomètres. Elle a juste fait une petite pause pour me permettre de déjeuner à l’aplomb d’un petit rayon de soleil. Je suis arrivé à Hede à 16h30, trempé jusqu’aux os. Ce n’est en fait pas la combinaison qui fait défaut mais ses coutures. Au bout d’un certain temps l’eau s’infiltre partout. Je roule et j’entends les gouttes d’eau qui tombent sur mon casque et qui ruissellent dans mon cou jusqu’au bas de mon dos. Elles pénètrent par les manches pour rendre mes avant bras insensibles, idem pour mes cuisses qui elles sont inactives et sont donc tétanisées. Sur mon vélo je suis assis et à la hauteur de mon bassin, une petite marre se forme et c’est goutte à goutte que l’eau s’immisce au travers de mon pantalon puis de mon caleçon. Je sens les gouttes d’eau froide perler sur ma peau provoquant des sensations pénibles qui vous font rêver à une bonne douche chaude. On m’a dit que sur la côte est de la Suède, le climat devrait y être plus clément. Je n’y suis pas encore, mais courage. 
Je suis arrivé et mon réconfort de la journée est d’avoir vu ce qui semblait être un élan. Je souhaitai l’interpeller mais celui-ci a préféré s’enfuir.

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