28/01/2009
Un petit retour
Bonjour à tous,
Je ne compte plus les mois de retard…
Je commencerai par vous faire part de mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année.
Je suis très heureux de reprendre mon clavier pour m’exprimer à nouveau. N’allez pas imaginer dans cette reprise, un nouveau projet. Non ! Pas encore ; juste une envie de vous relater mes sentiments de ces derniers mois…
Je vous avais quitté avant Noël avec la tache de trouver du travail. Je dois admettre que ça n’a pas été facile, mes émotions ont été mises à rude épreuve et le sont toujours. Tous les employeurs potentiels ont été très curieux à propos de mon projet et ont montré un intérêt certain, pour la chose, sans toujours tout comprendre. Ce projet m’a donc très certainement aidé dans la recherche d’un emploi et a permis d’illustrer mon autonomie dans la vie de tous les jours. Il m’a aussi donné l’occasion de mettre en avant un profil original et de raconter une histoire susceptible de faire rêver mes interlocuteurs.
Si, toutefois, je n’ai pas réussi à les faire rêver, une chose est certaine, moi, j’en rêve toujours. Plus le temps m’éloigne de cette aventure plus les souvenirs et les émotions qui vont avec sont forts. Revoir les photos me donnent la chaire de poule, en parler rend ma voix tremblante alors que me replonger dans le passé me fait vibrer. J’ai l’impression d’être capable de pouvoir vous raconter tous les jours qui se sont écoulés dans les plus petits détails. J’ai aussi le sentiment de n’avoir retenu que les meilleurs moments et d’avoir quelque peu occulté les moments durs tels que la pluie, le froid, les moustiques et les dénivelés.
Malgré tout ces merveilleux souvenirs, je n’ai pas encore repris une seule fois, le guidon. En effet, Héméra est toujours stockée dans le garage et moi je soigne mon épaule. Même si la guérison n’est pas loin, une petite douleur rode toujours. Comme je vous l’ai dit au début, il n’y a pas encore de prochain projet planifié, en revanche, il y a une réelle envie de remonter sur Héméra pour gambader dans notre campagne française.
22/10/2008
Deux mois sans article...
Bonjour à tous,
Voilà bientôt deux mois que je suis rentré et depuis, j’ai été plutôt avare en article. Je pourrais me cacher derrière mon épaule et vous dire qu’elle me fait horriblement mal et qu’elle m’empêche d’écrire. Mais voilà, la réalité est toute autre. Mon épaule va mieux et même si la douleur est toujours là lors de mouvements brusques ou trop forcés, je mène quand même ma petite vie de façon presque normale.
La véritable raison de ce manque d’assiduité est simplement le retour au quotidien.
On est bien loin de la nature omniprésente, du pédalage pendant douze heures, de la centaine de kilomètres parcourus quotidiennement. Les seules choses qui me préoccupaient étaient le climat, le relief et où je vais passer ma nuit. Ces aspects étaient les seuls qui me tracassaient et qui m’occupaient l’esprit. Aujourd’hui, mes tracas sont autres. Il faut trouver un travail. Du travail découlera une certaine stabilité et un confort de vie. Ma notion de sécurité est redevenue celle qu'elle était avant mon départ et ne tourne plus autour des voitues folles, des taons, des moustiques ou du froid. Sans travail, c'est une autre forme d'insécurité, on fait face à d'autres réalités.
Avec du recul, je ne regrette rien, il faut parfois se mettre en retrait de notre vie quotidienne pour mieux se rendre compte de quoi elle est faite. Se mettre en retrait pour mieux profiter...
Quelque soit mes interrogations ou mes incertitudes, je continue de penser à cette merveilleuse aventure et je continue de faire évoluer ma réflexion en partageant mon expérience. En effet, depuis mon retour, j’ai pu à plusieurs reprises présenter mon voyage à différents publics. Récemment je l’ai présenté à une soixantaine de personnes qui avaient participé de près ou de loin à mon aventure. J’ai aussi rencontré certains étudiants CEMS et j’ai pu raviver mes souvenirs en faisant défiler une série de 300 photos. Dans quelques jours, je retourne à l’école de Fontaines sur Saône avec des classes de CE2, CM1 que j’avais déjà rencontré avant mon départ.
Chaque intervention est un nouveau challenge et un nouveau public, mon regard sur cette aventure change au gré des questions et des remarques.
Comme je l’ai entendu tant de fois, le plus dur n’est pas de partir mais de revenir…
Amis, familles et connaissances se sont déplacés pour écouter le récit du Projet HandiKapp-Nord
Le public CEMS attentif à mon histoire...
24/09/2008
Le Cap Nord, une quête !
Bonjour à tous,
La quasi majorité des gens que j’ai croisé soit en revenait, soit roulait dans sa direction. Comme je vous l’ai dit le Cap Nord est un lieu symbolique que beaucoup de gens souhaitent voir puisqu’il accueille jusqu’à 10 000 touristes par jour.
Si le Cap Nord est un but, le moyen utilisé pour y parvenir dépend de chacun. L’imagination de ses visiteurs est la seule limite. J’ai vu des gens y aller en Mehari, Lada, 2CV d’autres choisissent le car, l’avion, le train, d’autres optent pour le camping-car ou la caravane, ceux qui cherchent le plein air préfèrent la moto, ceux qui veulent combiner ça avec un peu de sport, pédalent. Le Cap Nord rassemble vraiment toutes les formes d’excentricité.
La plupart des gens qui va au Cap Nord n’ont selon moi pas la chance d’apprécier toute la beauté des paysages traversés. Comment voulez-vous que les gens qui choisissent le car puissent prendre du plaisir alors qu’ils foncent bien souvent de leur ville d’origine vers le Cap Nord avec comme seule pause les hôtels et les stations services ? Le but de ces cars est d’arriver le plus rapidement possible au Cap Nord et de déverser leur cargaison de « sardines » au Cap Nord. Ca c’est l’économie du tourisme !
Ceux qui recherchent un peu plus d’indépendance prennent le camping-car ou leur voiture avec une caravane. Mais là encore ils arpentent les routes à pleine vitesse sans trop apprécier les alentours. On dirait que dans ce groupe il existe une compétition secrète qui pousse chacun à montrer qu’il a le plus gros ou le plus beau camping car de tous. J’ai vu certains camping-cars d’une taille incroyable de quoi y faire tenir un appartement. A l’heure des économies d’énergie et de la lutte contre la pollution, c’est un peu déplacé.
Dans le groupe des motards, vous avez des motos ordinaires mais vous avez aussi des side-cars et quelques motos à trois roues. Certains vont le plus vite possible alors que d’autres prennent leur temps et prennent du plaisir à arpenter les routes sinueuses menant au Cap Nord.
Enfin, j’arrive aux cyclistes dont je fais partie. Eux, ils leur manquent une case… Vous trouvez de tout, certains font plus de 200km par jour tandis que d’autres en font 80. Pour certains le Cap Nord est le seul but alors que pour d’autres le Cap Nord fait partie d’une liste de destinations beaucoup plus longue. Les premiers, une fois arrivé au Cap Nord, prennent l’avion, le train ou le bateau, les seconds continuent leur tour de la Scandinavie, de l’Europe ou du monde.
Pour atteindre le Cap Nord, il n’y a pas non plus une seule route unique. La Suède, la Finlande et la Norvège offrent tous les trois différents itinéraires. La Norvège avec ses montagnes et sa côte offre sans doute les parcours les plus difficiles alors que la Finlande avec un relief plutôt plat est plus accessible et la Suède se trouve au milieu.
Chacun choisit son moyen de locomotion et son itinéraire. Il y a tant de possibilité pour tant de personnalité et d’individus différents. J’ai pu rencontrer des gens de toutes les classes sociales, de tous les pays et tout âge. Prendre son temps pour parvenir au Cap Nord, si vous ne craignez pas les moustiques, est une expérience humaine unique et saisissante offrant une nature merveilleuse et grandiose et ce quelque soit votre moyen de locomotion ou votre itinéraire !
16/09/2008
Le retour
Bonjour à tous,
J’espère que votre rentrée se passe bien. La mienne est pour le moins ordinaire. En effet, d’abord de retour sur Lyon j’ai senti cette petite boule se former au creux de mon estomac. Je n’avais pas ressenti une seule fois, tout au long de mon périple, ce qu’on appelle aujourd’hui communément le stress. Le fait de devoir faire face à un bon nombre d’impératifs, de devoir gérer le courrier en retard, de devoir faire les comptes et d’organiser la suite sont des tâches bien différentes que celle de faire du vélo !
Le pire était encore à venir et survint à mon retour sur Paris. Ce « pire » s’illustre par une lettre venant du trésor public me réclamant le versement de mes premiers impôts. Heureusement, qu’ils ne tombent qu’une fois par an !
Mais tout ces petits détails se font oubliés quand en contrepartie il y a la joie de retrouver tout ceux qui vous ont manqués pendant 3 mois.
Et malheureusement, je n’ai pas pu levé mes bras pour exprimer ma joie. Oui, mon épaule gauche est toujours douloureuse mais maintenant j’en connais précisément la cause. Le Dr Walch, recommandé par le Professeur Saillant de l’ICM, a confirmé la fracture du trochiter et ne préconise aucune opération ni même une immobilisation. Une fois de plus, je contiens ma joie. La fracture va évoluer doucement vers une cicatrisation mais celle-ci peut prendre jusqu’à 4 mois. 4 mois pendant lesquels cette douleur me rappellera toute mon aventure et surtout la fin !
Cette douleur ne sera pas la seule à me rappeler tout ce que j’ai vécu. Il y aura aussi mes photos, que j’ai d’ailleurs souhaité présenter d’une façon différente sur mon blog. Je vous invite à les consulter à nouveau, sous l’onglet « photos », car je pense qu’elles sont désormais mieux mises en valeur ce qui vous permettra d’apprécier, si besoin en était, la beauté de ce projet.
Mais il ne faut pas uniquement vivre dans le passé et c’est pourquoi je continue d’apprécier chaque moment depuis mon retour. D’autant plus que, comme je vous l’ai déjà dit à moult reprises, mon projet n’est pas terminé. Aujourd’hui, mon objectif est de faire parler du projet, de l’ICM et des personnes à mobilité réduite. J’ai commencé en acceptant l’invitation du Comité d’Action Citoyenne de GFC Construction. Ce comité organisait mardi dernier, pour ces employés, une demi-journée d’information sur les différentes initiatives qu’il soutient. D’autres représentants d’associations se sont donc aussi déplacés et j’ai ainsi eu le plaisir de côtoyer des gens œuvrant tantôt en faveur d’enfants malades, tantôt en faveur de personnes en fin de vie mais aussi en faveur d’un tas de causes louables. C’était passionnant de voir tout ces gens s’investir pour son prochain et de les entendre parler avec passion de leur cause.
Samedi, j’ai assisté à la cérémonie d’ouverture du parc des associations du village dont je suis originaire : Fontaines sur Saône. Cet événement était intéressant à plus d’un titre. J’ai tout d’abord pu revoir de nombreux membres du conseil municipal qui m’ont activement suivi pendant tout le voyage. A l’occasion de cette cérémonie d’ouverture, le maire ainsi que son adjoint m’ont remis un chèque et m’ont donné la chance de partager mon expérience avec les villageois de Fontaines sur Saône.
A quand d’autres événements tels que ceux-ci ?